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C'est une délégation marocaine constituée de cent cinquante personnes dont cent vingt opérateurs économiques, qui a mis le cap sur le Cameroun pour qu'avec les hommes d'affaires locaux, les expériences et le know how soient partagés. A l'occasion, les opérateurs économiques n'ont pas boudé l'invitation. La salle des banquets de l'hôtel Akwa palace, s'est avérée étroite pour contenir les invités qui se comptaient par centaine. Normal, puisque le Royaume chérifien et le Cameroun offrent chacun des atouts (stabilité politique, positionnement géostratégique et la qualité des entrepreneurs) pour que la dynamique mise sur pied depuis mai 2010, avec la première édition de cet événement, ait un souffle susceptible de faire bouger les lignes. Selon le président de la Chambre de commerce de l'industrie, des mines et de l'artisanat (Ccima), Christophe Eken, le chantier de la coopération entre nos deux pays est encore immense. Elle doit connaître une revalorisation.
Tenez, en termes d'échanges, le Cameroun est en Afrique, le 17e fournisseur du Maroc et le 4e en Afrique centrale; il est le 15e client sur le continent et le 3e dans la sous-région. Mieux encore, «sur le plan de notre balance commerciale, en 2011», poursuit Christophe Eken, «le Cameroun a exporté au Maroc pour seulement 4,5 milliard FCFA, un chiffre certes stable par rapport à l'année 2010 au cours de laquelle nous avons exporté pour 4,1 milliards de FCFA.» En matière d'importations, «le Cameroun a engagé pour la même période, près de 20 milliards de FCFA contre près de 15 milliards en 2010.» C'est dire si la balance commerciale est déficitaire de 15 milliards FCFA. «Ce qui n'est pas alarmant quand on tient compte de la densité des échanges qui ne cesse de s'intensifier (ciment, chocolat...) entre le Cameroun et le Maroc» argue David Tsegui, délégué régional du ministère du Commerce dans le Littoral. Toutefois, à en croire le Président de la Ccima, il y a urgence d'accroître les rapports commerciaux pour aboutir, in fine, à une délocalisation des expériences. «L'impact des échanges entre le Maroc et le Cameroun n'est plus à démontrer. Il faut, a-t-il préconisé, déboucher sur des partenariats gagnant-gagnant pour renforcer la coopération Sud-Sud aux fins de donner un sens au rendez-vous du donner et du recevoir qu'est la mondialisation.» Mais pour y parvenir, il faut avoir une méthodologie. Elle a été présentée par Saad Benabdallah, directeur général de Maroc export.
Maroc Telecom
Partant d'un postulat selon lequel «l'Afrique est le continent de tous les espoirs... un acquis à maintenir», l'homme d'affaires bâti son argumentaire sur quatre axes avec pour point d'orgue, la complémentarité. D'abord, il s'agit de mettre sur pied un Partenariat fort; ensuite, construire une Alliance stratégique qui entraîne des Hubs mutuels, pour avoir un Développement soutenu. Les prémices de cette approche sont énoncées par Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre camerounais du Commerce, par un jeu de mots subtil: «Coulé dans le béton et du chocolat». En d'autres termes, allusion est faite à l'érection très prochaine de la cimenterie marocaine à Douala et l'installation annoncée de la compagnie chérifienne de chocolaterie qui entend transformer le cacao sur place pour un chocolat de qualité. Un autre secteur et non des moindres visés par les Marocains, est la télécommunication. A ce sujet, a-t-on appris de Saad Benabdallah, Maroc télécom est intéressé par le marché camerounais.
Afin que tous ces vœux se traduisent dans les faits, a conseillé Lahcen Sail, ambassadeur de Mohamed VI à Yaoundé, il faut penser une structure de veille. Ce qu'il a appelé «un conseil d'hommes d'affaires camerounais et marocains» dont la mission sera «la mise en place d'un cadre normatif de facilitation des échanges pour booster les relations commerciales» entre les deux entités. Les Camerounais quant à eux ne demandent que du concret.
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