L'actuel ministre de la Communication, à l'époque des faits, ministre des Transports, avait formellement reconnu avoir régulièrement reçu des sommes d'argent d'Advanced Trust Ltd (Att), pour financer les activités de son parti politique. Une corruption qui été à l'origine du mauvais entretien des avions, d'où le crash ayant arraché la vie à 71 personnes. |
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La demande du Social Democratic Front (SDF), introduite au cabinet du président de l'Assemblée nationale mercredi 6 juin dernier par l'honorable Joseph Mbah Ndam a été admise par la conférence des présidents lundi, 11 juin 2012. Par cette demande, l'ancien président du groupe parlementaire Sdf exige la création d'une commission d'enquête parlementaire pour établir les responsabilités sur les indemnisations non payées des victimes du crash du Boeing 737-200 de la Camair le 3 décembre 1995. Selon les révélations contenues dans la quatrième lettre de Marafa Hamidou Yaya, l'ancien secrétaire général de la présidence de la République, puis, ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation, cet accident ayant tué 71 personnes aurait été occasionné par l'entretien approximatif des aéronefs de Camair et la corruption à laquelle se livraient certaines personnalités.
Parmi elles, figure en bonne place l'actuel ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary. A l'époque ministre des Transports, ce dernier avait formellement reçu de temps à autres des sommes d'argent d'Advanced Trust Ltd (Att). «...M. Tchiroma a soutenu que les contrats étaient exécutés de manière satisfaisante grâce à l'appui de Advanced Trust Ltd contre le paiement d'une commission. Il a nié avoir perçu de l'argent ou des cadeaux avant la signature des contrats. Cependant, il a admis avoir reçu et parfois sollicité des sommes d'argent de Att, pour financer ses activités politiques après la signature des contrats. Une fois démis de ses fonctions ministérielles, Att lui a fait savoir qu'elle ne pouvait plus satisfaire ses sollicitations pour des raisons de difficultés de trésorerie...», Peut-on lire dans le rapport de la mission du comité de suivi de l'exécution des contrats de maintenance des avions entre Cameroon Airlines et Transnet South African Airway (Saa), signé le 7 décembre 2000, publié par l'hebdomadaire L'œil du sahel.
Cette commission était alors présidée par Jean Foumane Akame, l'actuel conseiller juridique du président de la République. Cet aveu de Issa Tchiroma Bakary tranche net avec ses élucubrations servies à la presse audiovisuelle la semaine dernière. «Toute vérité n'est pas bonne à dire», pour faire savoir aux Camerounais que les frasques d'un super ministre ne doivent pas être portés sur la place publique. Cette révélation est aussi une explication de la détermination de Marafa Hamidou Yaya de ne pas collaborer avec ce ministre de la Communication après son retour au gouvernement. Car parmi les victimes du crash du Boeing 737-200 de l'ex-Camair le 3 décembre 1995, se trouvaient deux grands amis et camarades de classes à ce fils de Garoua, aujourd'hui écroué au secrétariat d'Etat à la défense (Sed).
La prise en main de ce dossier par les parlementaires du Sdf donne des insomnies aux personnalités nommément cités dans ce rapport et les différentes lettres de Marafa Hamidou Yaya. Car elles se souviennent très bien des cas de Désiré Engo, l'ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et de Mounchipou Seidou, l'ancien ministre des Postes et télécommunication, écroués en 1994 à l'issue d'une enquête parlementaire demandée par le Social Democratic Front (Sdf). Issa Tchiroma Bakary passera-t-il par le même chemin? Wait and See.
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