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Aide publique à la communication privée: La nécessité d'un audit s'impose
Le Messager
DOUALA - 26 JUIN 2012
© Jean François CHANNON | Le Messager
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Mise en place par un simple arrêté du ministère de la Communication, au lieu d'une loi comme le souhaitent vivement de nombreux professionnels du monde de la communication nationale, l'aide publique à la communication privée gérée par le ministère de la Communication fait depuis quelques temps l'objet d'une immense controverse qui nécessite aujourd'hui un contrôle régalien de l'Etat du Cameroun.
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La dernière controverse en date est celle qui est née de la signature de la décision n°032/Mincom/Cab du 18 juin 2612, portant attribution d'un appui spécial au titre de l'aide publique à la communication privée. Dans le texte de cette décision publié par l'édition de Cameroon-tribune du 19 juin 2012, on peut lire entre autres que : «Article 1er : Les organisations et personnalités ci-après désignées reçoivent, pour compter de la date de signature de la présente décision, un appui spécial au titre de l'aide publique à la communication, pour le compte de l'exercice budgétaire 2012. 1-Commission d'examen des demandes d'accès au bénéfice de l'aide publique à la communication privée. 2-Société brésilienne de production ciné vidéo. 3- France télévision. 4- British Broakcasting corporation. Japan Broadcasting corporation.» Cette décision précise que l'appui ainsi attribué à toutes ces structures a fait l'objet d'un avis de la Commission nationale d'examen des demandes d'accès au bénéfice de l'aide publique à la communication privée. Selon certaines indiscrétions, Bbc exige en dehors de la mise au point du ministre, des clarifications.

A peine cette décision du ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary a été rendue publique que la plupart des professionnels du monde de la communication au Cameroun s'en sont émus. Si l'on peut ainsi déjà s'étonner que des membres de la Commission nationale d'examen des demandes d'accès au bénéfice de l'aide publique à la Communication privée, organisme public, aient voulu eux aussi s'octroyer un appui spécial, et par-là se servir dans la marmite d'une soupe du ministère de la Communication, l'octroi d'un appui spécial accordé notamment, respectivement à France Télévision, British Broadcasting corporation et Japan Broadcasting corporation, qui-sont toutes des entreprises étrangères de service public dans leur pays respectifs est plus que sidérantes. Les questions bouleversantes sont en effet les suivantes : comment l'argent destiné au privé est donné au public, et d'autres part : comment l'argent destiné aux médias camerounais est-il octroyé aux médias étrangers? Apparemment convaincu que le scandale était inédit, Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication a dû rendre public le 20 juin 2012, une «mise au point». Dans celle-ci on peut lire que «Le ministre de la Communication informe les partenaires nationaux et étrangers que le communiqué paru hier (19 juin 2012 Ndlr) dans Cameroon-tribune (n°10 11816319, page 30) n'était nullement relatif à l'attribution d'un appui spécial au titre de l'aide publique à la communication privée. Le texte se rapportait à un classement interne, à l'intention de la hiérarchie, sur les structures étrangères ayant réalisé des reportages de bonne facture technique en faveur de l'image du Cameroun, au cours des deux dernières années.» En réalité, il s'est agi d'une «mise au point» qui a davantage semé la confusion dans les esprits et par la suite d'égarer davantage le ministre de la Communication dans les méandres de ses intentions douteuses. D'abord il y a lieu de se demander de quel classement interne il s'agit, mais aussi constater que la «mise au point» de Issa Tchiroma Bakary, n'indique nullement pas que la décision qu'il a prise le 19 juin 2012, qui octroie un appui spécial à la commission nationale d'examen des demandes d'accès à l'aide à la communication privée, aux-entreprises publiques étrangères de communication telles que France télévision, British Broadcasting corporation et Japan Broadcasting corporation a été rapporté. Plus grave, la «Mise au point» du Mincom qui parle de «classement interne à l'intention de la hiérarchie, sur les structures étrangères ayant réalisé des reportages de bonne facture technique en faveur de l'image du Cameroun au cours de ces deux dernières années », ne donne aucune précision sur le mode opératoire proposé par le Mincom au cas où la «hiérarchie» venait à prendre la décision de récompenser financièrement, les services ainsi rendus à la Nation par ces «structures étrangères ayant réalisé des reportages de bonne facture technique en faveur de l'image du Cameroun au cours de ces deux dernières années».


Une «tchiromade» de plus: panique au Mincom

En réalité, Issa Tchiroma semble désormais confondre le communiqué et l'acte administratif qu'est la décision du 18 juin 2012. Mais la vérité est que, selon des sources bien introduites au Mincom (même si le ministre Tchiroma n'apprécie pas beaucoup cette formule), face à la panique qu'a suscité au Mincom l'émotion de l'opinion après la décision du ministre Issa Tchiroma du 18 juin 2012, le directeur des médias privés et de la publicité au Mincom, «le journaliste principal hors échelle», Mvoto Obounou Joseph Janvier, officiellement (à la retraite depuis trois ans et remplacé à son poste par...Mvoto Obounou Joseph Janvier selon une volonté du ministre Issa Tchiroma Bakary) se serait rué sur sa machine pour faire (certainement dans ta précipitation) - cette «Mise au point», avant de la soumettre directement à la signature du ministre de la Communication, sans l'aval du secrétaire général du. Mincom comme l'exige la procédure, et par la suite de la rendre publique. Du coup, comme il n'y a jamais de crime parfait, la plupart des observateurs se sont rendus compte qu'il y avait du louche. Et ainsi toutes les manœuvres qui s'opèrent autour de l'aide publique à la communication privée se trouvent ainsi dévoilées.

Il y a à peu près un an, Le Messager, après une enquête révélait preuves à l'appui à l'opinion nationale que des cadres du ministère de la Communication, membres de la commission nationale d'examen des demandes d'accès à l'aide publique à la communication privée, faisaient main basse sur une bonne partie de l'enveloppe d'environ 150 millions FCFA qui constitue la cagnotte de cette aide, en octroyant des aides à des sociétés de communication quelquefois fictives qu'ils ont eux-mêmes créées, au mépris de la réglementation en vigueur. Ces pratiques qui étaient en fait devenues constantes, et ainsi révélées au grand public n'avaient pas du tout ému, M. Issa Tchiroma Bakary qui réalise par là une complicité certaine avec certains de ses collaborateurs véreux. On n'a pas non plus oublié le dossier du projet Redcomzoft dans lequel depuis 2006 le gouvernement injecte 600 millions chaque année au Mincom pour résorber les zones d'ombre et de silence aux frontières. L'argent est chaque année mis et utilisé dans le budget du Mincom sans résultat. Toutes choses qui amènent à suggérer un audit sur l'ensemble des fonds attribués au ministère de la Communication. Cette autre «tchiromade» laissera-t-elle M. Biya et les députés Rdpc indifférents?

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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