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Traite des personnes: Les Américains fustigent le gouvernement camerounais
Le Messager
DOUALA - 26 JUIN 2012
© Florette MANEDONG | Le Messager
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«Les pouvoirs publics n'ont pas sanctionné les agents d'application de la loi qui se sont laissés corrompre par des trafiquants, et n'ont pas mis en place un mécanisme de référence pour orienter les victimes vers des services de protection», c'est ce qui ressort dudit rapport, rendu public par le secrétaire d'Etat américain le 19 juin dernier.
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C'est au cours d'une cérémonie au département d'Etat américain qu'Hillary Rodman Clinton, secrétaire d'Etat, a rendu public le rapport 2012 sur le trafic des êtres humains. Ce dernier évalue les efforts des gouvernements à travers le monde dans la lutte contre l'esclavage moderne. Cette année, 186 pays ont été cités dans l'élaboration de ce 12eme rapport et dont le Cameroun. Même s'il est dit qu'il a fait un progrès significatif dans sa classification au nombre de ces pays, plusieurs faits lui sont cependant reprochés et méritent d'être rectifiés. A titre de recommandations à l'endroit du Cameroun, le rapport prévoit qu'il doit redoubler d'efforts pour poursuivre et condamner les auteurs de la traite, y compris les fonctionnaires complices. Poursuivre la sensibilisation des policiers, des juges, des avocats et des travailleurs sociaux au sujet de la nouvelle loi contre la traite des personnes. Elaborer des procédures types pour référer les victimes de la traite aux services de prise en charge animés par les Organisations non gouvernementales (Ong), vulgariser ces mécanismes auprès des agents publics et des Ong. Développer des procédures formelles pour identifier les victimes potentielles de la traite et les orienter vers des centres de prise en charge et enquêter sur les allégations de servitude héréditaire dans les régions septentrionales.

Ces recommandations font suite au constat alarmant sur le terrain. D'après ce rapport, «le Cameroun est un pays d'origine, de transit et de destination pour les enfants victimes de la traite des personnes, en particulier à des fins de travail forcé et de traite sexuelle, et un pays d'origine pour les femmes astreintes au travail forcé et à la prostitution forcée». Les opérations de traite ciblent généralement deux ou trois enfants, par exemple, lorsque des parents vivant dans des zones rurales confient volontiers leurs enfants a des intermédiaires sous la promesse d'une éducation ou d'une vie meilleure en ville. Toutefois, précise-t-il, «les auteurs de la traite procèdent de plus en plus par des enlèvements, les parents confiant de moins en moins leurs enfants à des intermédiaires, en raison notamment d'une sensibilisation accrue du public». Des enfants camerounais issus des 10 régions du pays travaillent en situation de servitude domestique involontaire, comme vendeurs aussi bien dans les rues que dans les mines. Dans le secteur agricole, on les retrouve dans les plantations de thé ou de cacao. Certains rapports font état de pratiques et relations de servitude héréditaire dans les chefferies du Grand Nord.


Progrès

Pourtant, les autorités camerounaises ne respectent pas intégralement les normes minimales pour l'élimination de la traite. Les pouvoirs publics n'ont pas sanctionné les agents d'application de la loi qui se sont laissés corrompre par des trafiquants, et n'ont pas mis en place un mécanisme de référence pour orienter les victimes vers des services de protection. Les pouvoirs publics n'ont mené aucune enquête concernant les chefs traditionnels des régions septentrionales soupçonnés de garder des personnes en situation de servitude héréditaire au cours de la période considérée. Les autorités ne semblent pas avoir pris une quelconque mesure face aux allégations selon lesquelles un diplomate camerounais aurait soumis son employé de maison à la servitude aux Etats-Unis. Mais au cours de l'année dernière, le gouvernement a fait preuve d'améliorations significatives dans la répression de la traite des personnes. En adoptant notamment une loi plus complète, abrogeant la loi de 2005 qui, bien que pénalisant la traite des enfants, ne couvrait pas les adultes. La loi de 2011 relative à la lutte contre le trafic et la traite des personnes interdit toutes formes de traite des personnes. En son article 4, elle prévoit des peines d'emprisonnement de 10 à 20 ans, peines qui sont assez sévères et comparables à celles prévues pour d'autres infractions graves comme le viol. L'article 5 prévoit des peines allant de 15 à 20 ans d'emprisonnement : lorsque l'infraction est commise à l'égard d'une personne mineure de quinze ans, lorsque l'infraction est commise avec usage de la violence, ou si la victime a subi des blessures graves à la suite de la traite. L'article 3, quant à lui, réprime la servitude pour dettes par des peines d'emprisonnement allant de 05 à 10 ans.

De manière plus pratique, un agent de police a pu identifier deux présumés trafiquants qui avaient forcé 98 jeunes enfants à 'se livrer à là mendicité dans les rues de Maroua. En septembre 2011, les deux individus ont été reconnus coupables et condamnés à 20 ans d'emprisonnement chacun, et tous les 98 enfants sont retournés en toute sécurité dans leurs familles, entre autres exemples.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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