Javascript Tabs Menu by Deluxe-Tabs.com
Dernière mise à jour: 25-May-2013 - 10h23
Recherche:    Web CIN      By
364 visiteurs en ligne
Alex Gustave AZEBAZE, 1er secrétaire par intérim du SNJC: "La sortie du Procureur de Yaoundé est une nouvelle manœuvre d’intimidation de la presse"
Correspondance
DOUALA - 28 JUIN 2012
© Alex Gustave AZEBAZE (SNJC) | Correspondance
 Réagir
"Notre conviction est que le pouvoir camerounais qui sait que ce n’est pas ce rappel qui obligera les journaux à se conformer aux dispositions du titre 3 de la loi de 1996 organisant les dépôts obligatoires, veut de manière subliminale installer une sorte de pression psychologique sur les promoteurs des journaux afin qu’ils censurent leurs journalistes courageux ou s’autocensurent lorsqu’une information ou déclaration ou document est gênant pour le pouvoir..."
 E-Mail  Imprimer  Réagir Bookmark and Share
COMMUNQUE N°035/BEN/SNJC/2012

Réaction du SNJC relativement au rappel du Procureur de Yaoundé sur les dépôts légaux obligatoires des publications diffusées au Cameroun


«La sortie du procureur de Yaoundé est une nouvelle manœuvre d’intimidation de la presse».

Bien que n’ayant pas encore lu le texte attribué au Procureur général de la Cour d’Appel du Centre, qui semble-t-il enjoint le Conseil national de la Communication, d’exiger des journaux le respect des prescriptions légales relatives au dépôt légal (administratif, judiciaire, tutelle et archives) des journaux dans ses services, soit environ dix exemplaires par parution, notre réaction est qu’il s’agit purement et simplement d’une nouvelle manœuvre du pouvoir politique camerounais visant à intimider et contrôler au plus près le contenu des journaux libres du Cameroun.

Certes, si ce fait d’injonction de rappel au CNC est avéré, le procureur disposerait d’une base légale pour cette manœuvre purement politicienne. Depuis en effet l’abrogation par la loi de 1996 modifiant celle de décembre 1990 sur la communication sociale, de la très nocive censure préalable des journaux, - c’est-à-dire la suppression du droit que s’était octroyé le pouvoir politique camerounais de sérier le contenu des journaux avant même leur impression, en choisissant, au moyen de l’humeur d’une autorité administrative basée à la direction des affaires politiques du Minat ce qui était bon à lire par les Camerounais!!!-, la nouvelle loi de 1996, fruit imparfait des états généraux de la communication de 1994 aux quels l’OCALIP à la quelle nous appartenions et dirigée alors par feu Pius Njawe, s’était battu bec et ongles pour obtenir la mise à disposition, pour l’information a posteriori de l’Etat, des publications produites ou diffusées au Cameroun. Dans notre esprit, comme dans tous les états organisés et civilisés, il était important pour la postérité républicaine que l’ensemble des faits publiés dans notre pays pussent en tout temps, être retrouvés aussi bien pour les besoins de recherche que pour les besoins des archives nationales. Dans l’esprit des défenseurs de la liberté de la presse au Cameroun que représentait alors l’OCALIP, en l’absence des organisations professionnelles libres des journalistes et des médias qui n’existaient pas encore au sortir des 20ans de monolithisme politique, Il n’était en aucun cas question de préparer d’offrir gratuitement de la documentation aux cercles répressifs de l’Etat afin qu’ils remplissent leur mission de pression sur les idées et les opinions.

Mais le Contexte d’aujourd’hui, marqué particulièrement par des affaires anciennes ou récentes révélées (voire parfois confirmées) par des acteurs centraux de ce pouvoir et largement repris par la presse dérange au plus haut point ceux qui dans les cercles du pouvoir continuent à penser comme du temps du parti unique que l’Etat peut encore imposer ses vues univoques à l’ensemble de la société. Même s’il ne surprend pas le SNJC qui depuis le début en 2006 de ce qu’on a baptisé « Opération Epervier » a toujours attiré l’attention de l’opinion en général et des journalistes camerounais en particulier, sur la volonté du pouvoir de mener à sa guise, parfois en toute opacité, les procédures liées à la gestion des ressources publiques par ses membres, rend très suspecte la sortie attribuée au Procureur de Yaoundé. Rappelez-vous de la sortie en 2008 du procureur général de Yaoundé mettant en garde et les sanctions encourus par les journalistes qui publient ou commentent les faits de l’information judiciaire avant leur conclusion. Déjà cette année là, cela a donné lieu à un procès qui court et dure devant les tribunaux et cours de Douala contre des journalistes ayant débattu à STV2 de l’affaire Albatros.

Si elle se confirme, l’acte du Procureur renforce simplement un désir, malheureusement en pure perte dans le contexte d’ouverture du Cameroun aux nouveaux médias, du pouvoir camerounais de tenir par tous moyens apparemment légaux l’expression publique en général et la liberté de la presse en particulier. Elle signe en grand caractère une rumeur qui a couru dans les coulisses de l’Etat depuis bientôt deux mois. Selon cette rumeur en effet, différents cercles de pouvoir à Yaoundé, qu’il s’agisse du palais de l’Unité, des ministères de la justice et de la communication ou encore du Conseil national de la Communication, - ce dernier, imparfaitement institué et structuré n’est pourvu, depuis sa réforme unilatérale par le gouvernement il y a 6 mois, ni de son organe délibérant qu’est le Conseil de 9 membres ni de sa structure opérationnelle qu’est le Secrétariat général.

Notre conviction est que le pouvoir camerounais qui sait que ce n’est pas ce rappel qui obligera les journaux à se conformer aux dispositions du titre 3 de la loi de 1996 organisant les dépôts obligatoires, - le cadre d’exercice et de sanction de cette obligation n’existe pas - veut de manière subliminale installer une sorte de pression psychologique sur les promoteurs des journaux afin qu’ils censurent leurs journalistes courageux ou s’autocensurent lorsqu’une information ou déclaration ou document est gênant pour le pouvoir. Les véritables journaux ne feront que ce qui est économiquement compatible avec leurs engagements sociaux et professionnels.

Le SNJC propose à cet effet que l’État camerounais, dans ses différentes composantes à qui ce droit a été octroyé, instituent des lignes budgétaires pour acquérir annuellement, sous forme d’abonnement, chaque publication parue au Cameroun. Qu’à l’issue des Etats-Généraux dont le ministre de la Communication a confié récemment des visiteurs béninois qu’ils se tiendraient dans la seconde quinzaine de septembre que soit adopté, en vue de la réforme de la loi, un nouveau dispositif qui rendrait uniquement obligatoire le dépôt de deux exemplaires à l’autorité administrative compétente qui transmettra au services en charge des archives nationales.



Fait à Douala, le 26 juin 2012

Pour le Bureau Exécutif National

(é) Alex Gustave AZEBAZE
Premier Secrétaire a.i.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
© 2000-2013 Cameroon-Info.Net [ Hits: 1514 Réactions: 0 Transferts: 1 ]
Publicite

 Réagir
 E-Mail  Imprimer  Réagir Bookmark and Share
Featured Stories...


P U B L I C I T E

Copyright  ©  2000 - 2009  Cameroon-Info.Net. Tous Droits Réservés.