
Archives: Francoise Mbango en Or en 2008
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I- Une médaille d’or contre toute attente
Ainsi donc notre compatriote Françoise Mbango Etonè ne participera plus désormais à un meeting international sous les couleurs camerounaises. Elle a désormais changé de nationalité et elle est depuis quelques mois, titulaire d’une licence de la Fédération française d’athlétisme (Ffa). Il y a lieu de chercher les causes de cette rupture de bans entre Françoise Mbango et les autorités sportives, notamment celles de l’athlétisme, dans le domaine de l’exacerbation des égos et surtout dans les dérives autoritaires des derniers présidents de la fédération camerounaise d’athlétisme. Le feuilleton Françoise Mbango Etonè commence avec sa première médaille d’or des J.O. à Athènes en 2008. Certes, notre compatriote était plusieurs fois championne du Cameroun et championne d’Afrique. Mais contre toute attente elle est allée tutoyer les meilleures athlètes mondiaux de sa spécialité : le triple saut. Une Camerounaise championne du monde dans cet atelier où une africaine n’avait jamais occupé la première marche du podium ! Personne n’en croyait ses yeux pour ceux qui ont assisté à l’exploit où à Athènes à travers les retransmissions de l’événement par les chaînes de télévision. D’ailleurs, c’était la seule médaille camerounaise. Mais elle était en Or et valait tout son pesant. De retour au pays, la médaillée d’or olympique d’Athènes a eu droit à un accueil exceptionnel. La nation reconnaissante lui a déroulé le tapis rouge et elle a été comblé de cadeaux à la hauteur de ses multiplies exploits précédents et présents. A cette occasion, le gouvernement lui a offert un véhicule VX 4x4. Mais la période d’euphorie de Mbango ne durera pas longtemps. Car très rapidement elle devra revenir sur terre, avec les singeries tropicales.
II- Les bras de fer avec les différents présidents de la Fca
Ainsi, peu avant les championnats africains Mbango se voit sanctionnée par sa Fédération à la demande du président de l’époque Ange Sama au motif qu’elle aurait refusé de participer à un meeting continental alors qu’elle avait perçu les frais afférents à ce déplacement. Un bras de fer s’engage donc entre le président et la championne olympique. Bref, à un moment, la pression sur Mbango est telle qu’elle ne sait plus à quel saint se vouer. Elle aurait même été interdite de participer aux éliminatoires nationales des Jeux africains 2007 à Yaoundé sur instruction du président. Un comité de bons offices présidé par le président du Comité national olympique et sportif, le Colonel Hammad Kalkaba Malboum de surcroît président de la Confédération africaine d’athlétisme (Caa), entreprend des négociations afin de rapprocher les parties. Mais vers la fin, à la veille des J.O. de Beijing, même comme la fédération arguait ne pas connaître le lieu ni les conditions de préparation de Mbango, elle a fini par l’autoriser participer aux Jeux africains de 2007. Là encore, Françoise Mbango s’affirme comme la reine triple saut africain. Rempilant une deuxième médaille d’or. Le président Ange Sama perd ainsi toute crédibilité aux yeux de l’opinion qui voit en lui un frein à la promotion sportive de son athlète. Lors des renouvellements des organes dirigeants des Fédérations, en fin 2008, Ange Sama n’est pas réélu. L’Assemblée générale élective de la Fca lui a préféré Jacques Sébastien Mbous. Mais qui ne souvient du retour du Cameroun Olympique Team de Beijing ? Mbango après cette 2e médaille d’or olympique a sillonné le pays tout entier. Sa double consécration avait relégué les Lions Indomptables et même le football au second plan.
III- Les tergiversations du président de la Fédération
Les médailles d’or olympiques lui ont sûrement procuré des honneurs, un peu de confort matériel mais pourront-elles lui assurer une fin de carrière sans problèmes ainsi que l’avenir de ses enfants ? Après des mois de cogitation, elle a fait un choix. Elle doit changer de nationalité. A cet effet depuis le retour de Beijing, elle n’a plus compéti pour les couleurs camerounaises. Surtout que dans son bras de fer avec Ange Sama, les athlètes ne s’étaient pas mobilisés pour lui manifester leur soutien. Et le ministère avait fait preuve de ponce pilatisme. En 2010, la Fédération française d’athlétisme sollicite sa naturalisation. D’accord parties elle demande à la suite du blocage que le délai de trois ans imparti à Mbango soit réduit et qu’elle puisse donc compétir au plus tôt pour le compte de la France.
Hélas, Jacques Sébastien Mbous va biaiser sur le dossier de la double médaillée d’or olympique du triple saut. Il n’a pas voulu transmettre à la Fédération française d’athlétisme les documents lui permettant de faire compétir l’athlète le plus tôt possible. Il fait dans le dilatoire : « le dossier Mbango expédié par la Fédération française ne nous est pas encore parvenu». Non sans deviser que « Françoise Mbango est une icône du sport camerounais et que de ce fait, il n’est pas possible que nous la laissons partir sans l’avis des hautes autorités de notre pays ». Seulement, on ne saura jamais pourquoi la fédération camerounaise n’a pas cru bon de traiter le dossier sous-prétexte de ne l’avoir pas reçu. Il y a anguille sous roche. Et certains les soupçonnent des pots de vin en laissant pourrir le dossier dans les tiroirs au préjudice de la fédération française. Au final, le Cameroun a été déclaré forclos au regard de la réglementation internationale.
IV- L’éclairage du président du Cnosc : Hammad Kalkaba Malboum
En vérité, les tribulations de Mbango pour changer de nationalité et compétir sous les couleurs françaises relèvent d’une pratique normale dans l’athlétisme, notamment de l’exode des sportifs des pays africains vers les pays riches qui leur garantissent de meilleures conditions de travail et aussi un avenir au plan financier. Et à ce sujet, la réglementation est flexible. Cependant pour ce qui est de l’athlétisme, un athlète ayant déjà défendu les couleurs d’un pays et qui veut changer de nationalité, doit attendre trois ans. Pendant ce temps, il ne doit plus compétir pour son ancien pays. Et le délai peut cependant être réduit d’accord parties. A ce sujet, voici l’éclairage de Hammad Kalkaba Malboum au sujet de l’exode des athlètes et de la réglementation y afférente au sujet des naturalisations dans les colonnes de Cameroon Tribune du 26/6/2012 : «La citoyenneté n’est pas donnée par le Comité international olympique. C’est chaque individu qui cherche à avoir une citoyenneté. Cela relève de la liberté de l’individu. Quand quelqu’un fait la compétition pour un pays et qu’il veuille aller défendre les couleurs d’un autre pays, il y a un délai. Au Cio, ce délai est de trois ans durant lesquels vous ne faites plus de compétitions pour votre ancien pays. Après vous êtes qualifiés pour compétir pour votre nouveau pays. Cependant ces délais peuvent être réduits en accord entre les associations sportives nationales. La règle existe. Le principe de base c’est le respect de la liberté d’aller et venir des individus ». Difficile de répondre à toutes les interrogations qui entourent cette naturalisation de Françoise Mbango.