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Musique – Droits d’auteur: La Socam peut-elle avoir financé la vraie fausse mort de la CMC ?
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DOUALA - 29 JUIN 2012
© Muna Dimbambe | Aurore Plus
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Depuis lundi dernier, la fraction des membres et administrateurs de la Cameroon Music Corporation (Cmc) enrôlée par la Socam a réussi la prouesse de susciter la dissolution de la première citée. Pour autant la bataille de leadership n’a guère été altérée.
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Avec le nouveau schisme intervenu au sein des sociétaires de la Cmc, on comprend mieux les enjeux sous jacents à la bataille de contrôle de la gestion du droit d’auteur au Cameroun. Aussi observe-t-on une floraison d’artifices utilisés singulièrement par les membres de la Socam pour à défaut de phagocyter la Cmc, de l’assigner à une illégalité de fait. Sinon, comment comprendre que pour une assemblée générale préalablement interdite à Yaoundé, celle-ci ait néanmoins pu avoir lieu dans une autre localité, sans que les autorités compétentes se réfèrent à la première interdiction qui fut pourtant motivée par la disqualification des requérants. Du coup, l’illégitimité de fait desdits requérants devrait s’étendre à la nullité de cette Assemblée générale (Ag) et partant, celle des résolutions y prises et tenant de la dissolution de la Cmc, pour dit-on cessation de paiement.

Plus grave, d’où vient-il que durant cette Assemblée générale extraordinaire, on y ait noté la présence plutôt suspecte des administrateurs de la Socam ? Une curiosité qui en dit très certainement long sur les manœuvres pilotées par cette autre société civile de gestion collective. Avec autant d’incongruités, il y a lieu de croire que l’on est loin de mettre un terme au bicéphalisme de fait existant dans la gestion du droit d’auteur. En fait, ladite Ag extraordinaire pilotée par Roméo Dika, alors qu’il est plutôt administrateur de la Socam participe de la bataille de contrôle des sommes jusqu’ici non reversées aux artistes du fait de ce bicéphalisme entretenu à dessein par le ministère de la culture, bien que débouté par la justice camerounaise. Car il faut parer au plus pressé et empêcher la Cmc d’être effectivement restaurée en ses droits et prérogatives en matière de gestion des droits d’auteur des artistes musiciens.

Surtout que la commission Lapiro de Mbanga chargée de lutter contre la piraterie a réussi à engranger 10 millions Fcfa sur le dos de la Socam dans le cadre des retombées des droits payés par Mtn Cameroon pour le compte des grandissimes concerts de P-Square et Petit Pays, organisés à Douala et Yaoundé dans le cadre de la semaine de la fête nationale, le 20 mai 2012. Pour réussir cette forfaiture, les organisateurs ne sont offusqués de commettre de faux représentants légaux de cette structure. Notamment le vice-président de la Socam, Messi Ambroise désigné à l’occasion pour mener la forfaiture en lieu et place du Pca. Il n’était pas évident pour convoquer une Assemblée générale extraordinaire de pouvoir astreindre le Pca légal, Sam Mbendé. Ce d’autant plus que ce qui se réclamait constituer le tiers des membres après vérification préalable de leur qualité ne pouvait plus se prévaloir membre de la Cmc. « Or, dans le cas d’espèce, il est de notoriété que bon nombre d’artistes musiciens qui se retrouvèrent à Monatélé pour contourner l’interdiction du Sous-préfet de Yaoundé II ne peuvent se prévaloir de la qualité de membre de la Cmc, au regard des dispositions réglementaires y afférentes », soutient un administrateur resté fidèle à Sam Mbendé.

On est en droit de se demander si la légalité ou mieux la légitimité tiendrait du nombre, car en faisant foule alors que rien ne semblait autoriser lesdites artistes à tenir une Ag extraordinaire de la Cmc, on va inéluctablement au-devant d’un nouveau procès, opposant cette fois-là les musiciens. Situation plutôt cocasse quand on sait la manipulation en filigrane dans cette bataille interminable de préséance entre la Socam et la CMC est loin d’être terminée. Surtout pour obtenir les résolutions prises pour les besoins de la cause : « faire constater la défaillance de l’équipe conduite par Sam Mbende et engager à son encontre des poursuites pour sa gestion financière calamiteuse… », et la forte mobilisation et médiatisation de cette Ag, journalistes et musiciens présents ont grassement été pris en charge. Qui a payer la note ? Lorsqu’on sait que le transport, l’hébergement et le perdiem de 700 artistes-musiciens, nombre avancés par le comité d’organisation, ont été payés rubis sur ongle. Pour une facture qu’on dit avoisiner la centaine de millions Fcfa. Un montant qui aurait mieux servi à mettre sur pied une mutuelle des artistes qui sont très souvent abandonné pendant leur maladie. Certaines indiscrétions font état de ce que le budget a été cofinancé par le ministre de la culture et des arts et la Socam.


La fin du bicéphalisme ?

En somme, on vivait un bicéphalisme de fait dans la gestion du droit d’auteur du secteur musical. Mais autant cette déperdition des forces n’aura pas permis aux artistes musiciens de sortir de l’ornière, autant l’entêtement de la tutelle à ne point entériner la restauration de la CMC, a continué jusqu’à lundi dernier de sevrer les artistes musiciens de recettes que ne pourront percevoir les administrateurs de la Socam. Aussi est-on en droit de croire qu’en dépit d’une résolution sonnant la cessation des activités de la CMC, celle-ci puisse continuer à se mouvoir sur le terrain de la gestion du droit d’auteur, forte de la décision de justice invalidant le retrait d’agrément du ministre de la culture. Du coup, on comprend que les fins manœuvriers de la Socam se soient focalisés à entériner une décision pourtant jugée inique par la justice camerounaise, question très certainement de disposer d’un sauf-conduit. Un acte que d’autres artistes musiciens se réclamant toujours de la CMC interprétèrent comme un acte de défiance de leur part et déclarèrent illégale l’assemblée générale extraordinaire de Monatélé. Autant dire donc que le bars de fer se perpétuera au sein des artistes musiciens entre partisans du camp Socam conduits par Roméo Dika se comportant en véritable Pca de cette structure en lieu et place de Odile Ngaska et ceux de Sam Mbende forts de tenir leur légitimité d’une décision de justice. Et connaissant la témérité de ce dernier, il ne fait point de doute qu’on n’est pas à la fin de cette bataille de leadership qui n’aura que par trop pénalisé les artistes musiciens.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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