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Hydrocarbures: La production camerounaise du pétrole à la hausse.
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DOUALA - 17 Juillet 2012
© SNH, *estimations | La Nouvelle Expression
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L’année 2012 pourrait marquer la fin du déclin de la production pétrolière nationale, qui a duré quinze ans.
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Après la chute de la production d’or noir, estimée en 2011 à -12,6 % par rapport à celle de 2010, soit 23,3 millions de barils, le rebond viendra peut-être de l’exploration offshore: ces derniers mois, plusieurs contrats de partage de production ont été signés entre la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et des multinationales pétrolières en vue du développement de nouveaux blocs au large du pays à l’instar de celui signé en janvier dernier entre la société nationale des hydrocarbures et Kosmos Energy Cameroon HC, sur une étendue de 1,2 km2. Dans les champs offshores de Dissoni dans le Rio del Rey, de Baf dans la zone de Kribi-Campo ou encore dans la zone de Mokoko-Abana (Addax Petroleum Cameroon) plusieurs puits sont en forage avec pour objectif de stabiliser la production dès cette année pour une relance en hausse dès l’année prochaine. D’autre part, Yan Chang Logone Development Holding Company une firme chinoise opératrice du bloc Zina-Makary dans le bassin du Logone Birni, dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, a découvert un grand potentiel dans un bassin onshore au nord du pays. «Ces résultats issus du premier puits d'exploration dans le bassin du Logone Birni constituent un succès pour l'exploration des hydrocarbures dans la partie septentrionale du domaine minier camerounais, a indiqué Adolphe Moudiki, directeur général de la société nationale des hydrocarbures, dans un communiqué. Ces résultats sont encourageants au moment où l'Etat camerounais déploie tous les moyens pour le relèvement de la production nationale de pétrole. Nous restons motivés, mais attendons toutefois les tests qui devraient confirmer cette découverte et surtout nous situer sur son caractère commercial par un programme d'appréciation à dérouler ultérieurement». La mise en exploitation de ce gisement contigu aux nappes pétrolières nigérianes et tchadiennes devrait redonner une courbe ascendante à la production pétrolière nationale.

Dèja en 2011, la baisse, probablement la dernière du cycle baissier, a été moins importante que prévue. Preuve de ce regain de vitalité du secteur pétrolier selon Adolphe Moudiki, Administrateur directeur général de la compagnie pétrolière nationale dans la revue périodique de la société nationale des hydrocarbures: au 31 décembre 2011, les comptes signalaient déjà 539,236 milliards Fcfa de transferts, alors que le produit des ventes effectuées au mois de décembre n’était pas encore encaissé. Après encaissement de ces ventes au mois de janvier 2012 et le transfert conséquent au Trésor Public, il se dégage que la contribution définitive de la SNH au Budget de l’Etat est arrêtée à 572,674 milliards Fcfa au titre de l’exercice 2011, contre 420,108 milliards Fcfa en 2010, soit un accroissement de 36,32 %. Au 30 avril 2012, les encaissements de l’Etat au titre des recettes pétrolières dépassent également les prévisions: 156,03 milliards, largement au-dessus des 128 milliards prévus.

Coïncidence heureuse, la reprise de la production pétrolière nationale s’opère dans un contexte où les cours mondiaux affichent une hausse tendancielle due aux troubles socio politique dans les grands pays producteurs du Maghreb et du proche orient, ainsi qu’à d’autres facteurs inattendus qui ont créé des tension dans la production mondiale, et tiré les cours vers le haut. Mais surtout assure Adolphe Moudiki, la capacité de la SNH à placer ses produits au bon moment lui a permis de tirer le meilleur parti de ses ventes, sachant que le pétrole Cameroun qu’est de type lourd, subit souvent une décote à la vente. Il se congratule ainsi de «l’expertise commerciale de la SNH qui a arrêté la bonne stratégie pour atteindre les meilleurs prix; l’expérience trentenaire de la SNH dans la commercialisation des bruts, qui nous a permis d’effectuer nos ventes aux moments les plus opportuns. C’est ainsi par exemple, que le brut Kolé a été vendu avec des primes au-dessus du Brent, son brut de référence».

Pour parvenir à une hausse de la production, la stratégie actuelle consiste non seulement à densifier les recherches, mais surtout à ouvrir les anciens puits qui ne produisent plus beaucoup mais qui peuvent encore donner et qui avaient été fermés par Total E&P. Ceci a été principalement rendu possible par Perenco devenu le principal opérateur sur le bassin du Rio Del Rey, après la reprise de Total E &P qui produisait l’essentiel du pétrole du Cameroun. Selon la SNH, Pérenco «a procédé à la réouverture de certains puits et s’est attelée à l’optimisation de ces champs matures. Ces opérations ont permis d’accroître la production de 10.418 barils par jour (b/j) en six mois sans forage supplémentaire, dans le bassin du Rio del Rey. Par ailleurs, l’opérateur Addax, qui a repris Pecten, le deuxième opérateur en production, a entrepris de mener des opérations similaires dans le champ Mokoko Abana (bassin du Rio del Rey), avec une amélioration de l’ordre de 1 000 b/j depuis le mois de décembre». Perenco a également ouvert de nouveaux puits dans le bassin de Douala/Kribi- Campo, ce qui a fait passer la production de 1 760 b/j à 3 800 b/j entre novembre et décembre 2011 sur le champ pétrolier dénommé BaF avec des prévisions pouvant atteindre 5 000 b/j à l’issue de ces programmes d’ouverture de nouveaux puits.

Cette année 2012, l’administrateur directeur général de la SNH escompte une hausse substantielle de la production pétrolière, marquant une nette inversion de la tendance baissière observée depuis quelques dix ans. «L’année 2012 devrait marquer un net relèvement, grâce à la mise en production des champs Dissoni Nord (dont on attend 17.000 à 20.000 b/j) dans le bassin du Rio del Rey et Mvia dans le bassin de Douala/Kribi-Campo, ainsi qu’aux développements complémentaires engagés par l’opérateur Perenco sur le champ Ebome, dans le bassin de Douala/Kribi-Campo», estime Moudiki. Au total la production nationale pourrait passer de 63.211 b/j au 31 décembre 2011, à 90.000 b/j environ à la fin de l’année 2012. «Parallèlement, soulogne l’ADG de la snhg, nous nous attelons à augmenter les réserves, en intensifiant la recherche pétrolière. Ainsi, en 2012, les programmes de travaux des opérateurs prévoient une douzaine de forages d’exploration au total. Parmi ces puits, celui prévu dans la zone Zina- Makary du bassin de Logone Birni est très attendu, en raison des résultats très prometteurs du premier puits réalisé l’année dernière dans cette partie de la Région de l’Extrême Nord». En somme le Cameroun devrait redevenir, dans les prochaines années, un pays pétrolier plus attractif, notamment grâce à cette montée en puissance de la production, et à la mise en service de blocs pétroliers de grande qualité, tels eu ceux du Logone Birni au Nord.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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