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S’il est de notoriété que le financement du 2e pont sur le Wouri l’est à hauteur de 87 milliards de F Cfa de disponibilités financières émanant de l’Agence Française de Développement (Afd), on comprend mal que cela suffise à attribuer le marché y afférent à une entreprise française. Certes la commission de marché siégeant pour désigner l’adjudicateur de celui-ci, ne saurait ignorer les avis techniques émis par ce partenaire financier qu’est l’Agence française de développement partenaire dans la mise en œuvre dudit projet, mais de là à considérer ce seul avis, on en vient à croire que la commission de passation des marchés pourrait s’assimiler à un simple faire-valoir. Ce d’autant plus qu’au-delà de l’origine française des financements, l’évaluation des différentes offres ne saurait se limiter à la nationalité des souscripteurs car, divers critères concourent au choix de l’adjudicateur. Et sur ce plan singulier, l’entreprise Satom présentée à tort comme celle ayant requis l’aval de la Présidence de la république, est malheureusement loin de réunir les critères déterminants pour un tel choix.
Tant il est vrai qu’au-delà de l’avis technique de l’Afd ou du lobbying de la France, les résultats d’appel d’offres tiennent également compte des délais de mise en œuvre et de l’expertise même de l’adjudicataire. Et pour le cas d’espèce, d’autres offres plus compétitives que celle faite par la Satom, et notamment celle d’une entreprise espagnole de notoriété mondiale, en l’occurrence Zoze, devrait remettre en cause les prétentions françaises. Si d’aventure l’Afd croit ainsi faire littéralement main basse sur les projets mis en branle au travers de ses financements, alors on en vient à se demander où serait l’intérêt de l’appel d’offres lancé à ce sujet ? Car au-delà de ce qui apparaît comme des considérations partisanes à plus d’un titre, on ne saurait par ailleurs faire porter le chapeau du retard pris dans la mise en œuvre dudit chantier à quelque volonté sibylline du ministre des travaux publics à en torpiller le processus pour des intérêts égocentriques, eux-mêmes assis sur quelque propension à la corruption de sa part.
Et pour avoir pris le train en marche, ce d’autant plus que le projet fut initié par son prédécesseur, il est de bon ton qu’il fasse l’audit des différents marchés mis en œuvre par ce dernier pour mieux en appréhender les enjeux. Toutes choses qui pourraient par ailleurs justifier le retard de mise en œuvre actuel. Dès lors, que ses détracteurs ou plus exactement quelques confrères visiblement instrumentalisés par quelque lobby ayant partie liée avec la mise en œuvre rapide de cet ouvrage en soient à assimiler de telles vérifications indispensables à des manœuvres répréhensibles, alors ils n’auront pas compris où sont les véritables enjeux attachés à la réalisation du 2e pont sur le Wouri. Et revenant à la Satom qui ne lésine pas sur le lobbying depuis quelque temps, peut-être devra-t-elle avant tout améliorer sa propre notoriété induite, mise à mal par son incapacité à livrer la route dite ancienne route Bonabéri, suscitant à l’occasion le courroux des populations riveraines.
Manœuvriers ou corrompus ?
La mise au-devant de la scène du marché relatif à la construction du 2e pont sur le Wouri a permis de débusquer de fins manœuvriers tapis sous le couvert du secrétariat général de la présidence de la république. Une institution qui, au fil des ans s’est muée en véritable antre de fieffés corrompus. Aussi peut-on comprendre que ces derniers n’hésitent à abuser de l’usage des «hautes instructions» pour enrôler dans leur spirale corruptrice certains hauts commis de l’Etat. Mais dans leur détermination à tirer les marrons du feu, selon la formule consacrée, ils perdent de vue que ceux qu’ils voudraient ainsi assujettir à ces hautes instructions, peuvent s’imposer une vérification de celles-ci, afin de se prémunir des dangers latents y attachés. Et dans le cas d’espèce, il ne fait point de doute que les incongruités contenues dans leurs injonctions, le ministre des travaux publics qu’ils entendaient ainsi embarquer dans les dédales tortueuses de la corruption de fait qui semble les lier à Satom, a su déjouer ce piège grossier en faisant confiance à ses proches collaborateurs commis pour diligenter le processus de désignation de l’adjudicataire du marché relatif à la construction du 2e pont sur le Wouri. Du coup, pris à leur propre piège, ces derniers n’ont de cure de désigner le ministre comme bouc émissaire en essayant par la même occasion de se sauver. Mais le pourront-ils, alors que tout porte désormais à croire que Satom ne pourrait être aucunement désigné ? En tout cas, on voit où peut mener la cupidité de certains de nos responsables et notamment ceux ayant partie liée de quelque manière avec les marchés juteux des Grandes Réalisations.
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