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Affaire Michel Thierry Atangana: Le Cameroun doit déjà 167 milliards de francs à la France
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YAOUNDE - 20 JUILLET 2012
© FELIX C. EBOLE BOLA | Mutations
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Ce montant couvre le principal, les intérêts et les pénalités de retard dus à un consortium d'entreprises.
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Expliquer le grand retournement de situation intervenu mercredi dernier, avec la reconstitution du collège des juges - et donc la reprise des débats - concernant le procès intenté par l'Etat à Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana, des sources introduites, et même la défense des intéressés, font état de fortes pressions subies par les magistrats en charge de ladite affaire au tribunal de grande instance de Yaoundé. L'annonce subite de l'affectation de l'un des membres de la collégialité participe donc de cette logique funeste. Mais pas seulement.

«Ces pressions, qui avaient aussi pour but de rechercher les faveurs financières de Michel Thierry Atangana, visaient en même temps à satisfaire à la demande de M. Amadou Ali, ancien vice-Premier ministre, garde des Sceaux actuellement ministre d'Etat à la présidence en charge des Relations avec le Parlement», peut-on lire dans le communiqué publié le lendemain par le Comité de soutien à M. Atangana. Pour beaucoup, l'attitude de la Chancellerie est donc aussi dictée par des appétits financiers.

Ici, indique une source proche du dossier, on est convaincu que le président du Comité de suivi et de pilotage des projets de construction des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua (Copisupr) est plein aux as. Les chiffres régulièrement brandis à la barre ont donc décuplé les appétits, chacun pensant son heure arrivée pour lui en extorquer le maximum avant que Michel Thierry Atangana ne recouvre la liberté. En réalité, souligne le communiqué suscité, «la décision d'acquittement, qui était attendue ce jour au regard de la vacuité de l'accusation qui a été clairement démontrée lors des débats et pendant les plaidoiries, n'arrange pas ces fonctionnaires».

Ce que la plupart des apprentis rançonneurs ne savent pas, c'est que le Cameroun va devoir payer de fortes sommes d'argent aux entreprises ayant constitué le consortium pour la réalisation des axes routiers prévus. Et cela relèvera difficilement du virtuel.


Contribuable

Pour dire l'inquiétude qui s'est emparée du gouvernement, malgré la manipulation du droit, le 19 août 2011, Laurent Esso, alors secrétaire général de la présidence de la République, celui-là même qui est aujourd'hui accusé de bloquer la libération de MM. Edzoa et Atangana, adressait au ministre des Finances une note portant «créances des quatre entreprises françaises de l'Etat du Cameroun». Cette missive, qui répercute des instructions du chef de l'Etat, «demande de bien vouloir faire le point, pour la haute et complète information [de Paul Biya], en concertation avec le ministre en charge de l'Economie, des créances éventuelles des quatre entreprises suivantes sur l'Etat du Cameroun : Socamat-Ejl, Etpc, Trt et Dumez».

Le montage financier engagé par le Copisupr avait en effet permis au Cameroun d'obtenir des lignes de financement de plus de 2,664 milliards de francs auprès du consortium d'entreprises françaises, sur la base d'un taux d'intérêts en principal de 9,5% l'an applicable à compter du 1er février 1989. L'une des clauses de la convention signée par l'Etat du Cameroun prévoit, en cas de retard imputable au pays, et donc d'échéance non respectée, le paiement d'une ou plusieurs semestrialités dont le montant sera majoré en capital et en intérêts de retard de l'ordre de 10,5% l'an.

Le non respect de ses engagements, par le Cameroun, grèvera le service de la dette du pays de plus de 4,013 milliards de francs par an, quelque 334,433 milliards de francs par mois et 10,995 millions de francs par jour. Au total, le contribuable doit aujourd'hui payer plus de 167,496 milliards de pénalités à Jean Lefebvre, Grands travaux de Marseille (Gtm), Dumez, Total et Elf.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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