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Il était sur une chaise éjectable. Et l’hypothèse du probable départ d’Antoine Tsimi était au menu de toutes les discussions bien avant l’ouverture des travaux du sommet des chefs d’Etat de la Cemac. Lesquels se sont ouverts ce 25 juillet 2012 à Brazzaville au Congo. La nouvelle a été confirmée au terme de la première journée. Antoine Ntsimi a été remercié par ses paires. Une défaite pour cet expert banquier qui comptait briguer un second mandat. Pour François Bozizé, c’est à la fois une victoire et une défaite. Une victoire parce qu’ayant réussi à faire partir celui qui était devenu un opposant pour lui. Et une défaite parce qu’aucun de ses candidats proposés n’a été retenu: Elie doté, âgé de 65 ans, ancien premier Ministre du général président François Bozizé entre 2005 et 2008, et Enoch Dérant Lakoué âgé de 67 ans, ancien directeur national pour le Centrafrique de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac). Pour les cinq prochaines années, la présidence de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale sera assurée par le congolais Pierre Moussa. Jusque là, ministre du Plan et de l’aménagement du territoire du Congo-Brazzaville. Il devient ainsi le deuxième président de la Commission Cemac après les mesures de réformes institutionnelles ayant marqué la transformation du Secrétariat Exécutif en Commission.
Au cœur d’un conflit diplomatique
La fin du règne du désormais ex président de la commission Cemac a été tumultueuse. Parce qu’au centre du conflit diplomatique qui a effrité les relations bilatérales entre la République du Cameroun et celle de la Centrafrique. Lui qui a été porté aux commandes de cette institution sous-régionale le 5 avril 2007. En guise de rappel, Antoine Ntsimi, sur ordre du président François Bozizé, a été recalé le 21 mars 2012 par le commissaire de l’aéroport international Bangui-Mpoko alors qu’il rendait à Bangui pour percevoir son salaire. Il a été obligé de reprendre le même vol pour repartir avec la consigne de ne jamais revenir sauf ordre contraire. Après cinq ans à la tête de la Commission de la CEMAC, Antoine Ntsimi qui devait passer la main à un centrafricain, s’est maintenu à son poste, faisant naître une guerre entre lui et l’Etat centrafricain, son président y compris.
De son côté, rapportait le site Camer.be, François Bozizé aurait expliqué cette attitude par «l’arrogance impétueuse» du président de la Commission qui commençait à remettre son autorité en question. Le président centrafricain aurait également, d’après nos sources, fait savoir qu’en dehors des raisons purement personnelles, il lui a été donné de remarquer de concert avec deux autres chefs d’Etat de la sous-région que les dossiers piétinent depuis plus de quatre mois que son mandat est échu. Et que le patron exécutif de la Cémac est plus porté sur les commodités que lui confèrent sa fonction que sur les «vrais dossiers de la Cemac». Pourtant, le camerounais était considéré par beaucoup comme l’auteur de la réactivation des dossiers majeurs tels que: le passeport biométrique dans la zone Cemac en 2005, et la mise en place de la zone de libre échange en 1997. Un travail, comme bien d’autres en cours, que devra poursuivre Pierre Moussa durant son mandat.
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