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L’analyse de l’attitude de la Fécafoot sur une affaire qui risque de relancer la crise dans la tanière.
Dans une correspondance datée du 17 juillet dernier, Iya Mohammed, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), donne (enfin) officiellement son avis sur le problème du brassard posé récemment par l’entraîneur sélectionneur des Lions indomptables.
«Nous avons l’honneur de vous informer que, comme dans toutes les fédérations du monde, le choix du capitaine de la sélection nationale incombe à l’entraineur sélectionneur national. Nous en voulons pour exemple, le cas de l’un de vos prédécesseurs, Monsieur Paul Le Guen, qui avait en son temps, procédé à la désignation de l’actuel capitaine des Lions indomptables», écrit-il. Plus explicitement, «fort de ce qui précède, nous vous recommandons de prendre vos responsabilités en tant que patron de cette équipe et d’en désigner le capitaine selon la procédure qui vous semble la plus appropriée, et nous en informer, car nous n’en sommes que des administrateurs», lâche-t-il.
Plus d’un mois après que Denis Lavagne a lui-même écrit à son employeur pour demander qu’à son retour des huit mois de sanction qu’il purge depuis janvier dernier, Samuel Eto’o ne soit plus le capitaine des Lions indomptables. Laquelle a été transmise, selon des informations fiables, au ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Et depuis, rien n’a bougé. Adoum Garoua s’en est allé à Londres, pour les jeux olympiques, sans s’être penché sur le dossier. Ou du moins, sans donner officiellement une suite à ce sujet pour le moins préoccupant, tant c’est ce qui est à l’origine du pourrissement de l’ambiance dans la tanière des Lions indomptables depuis 2010, et dont la sélection tarde à se remettre.
C’est dans ce contexte que le président de la Fecafoot a finalement pris position. Prenant de court ceux qui ont suivi la fédération dans son souci de respecter le parallélisme de forme. Junior Binyam, le chef du département communication de la Fecafoot, avait clairement indiqué que «c’est une décision ministérielle qui a nommé le capitaine et c’est une autre décision ministérielle qui devrait le déchoir de son titre». On sait qu’après avoir été désigné capitaine par Paul Le Guen le 12 août 2009, Samuel Eto’o n’a été officiellement installé qu’avec la décision ministérielle du août 2010. En même temps, Michel Zoah nommait deux adjoints à Samuel Eto’o: Nicolas Nkoulou et Eyong Enoh Tarkang.
Mais contre toutes attentes, Iya Mohammed semble n’apprendre que maintenant, que dans les autres pays, la désignation du capitaine échoit à l’entraîneur. La décision du président de la Fecafoot peut être interprétée comme une volonté de reprendre une part du pouvoir qu’il a perdu sur l’équipe nationale. Sinon, comment comprendre l’empressement avec lequel l’homme a décidé de clarifier sa position sur cette affaire. Prenant le risque de donner le feu vert au coach de désigner le nouveau capitaine. En clair, Eto’o ne sera plus le capitaine des Lions à son retour.
Et Eto’o alors?
Mais au-delà encore, c’est une attitude qui peut trahir les rôles des uns et des autres dans cette affaire. Notamment la Fecafoot que d’aucuns ont accusé d’être le vrai commanditaire de cette affaire. Ce qu’avait réfuté le patron de la communication de la Fecafoot. Alors que dans le même temps, sur les antennes de Radio France international (Rfi) la semaine dernière, Denis Lavagne a dénié la paternité de la lettre à lui attribuée. «Je démens l’information selon laquelle je souhaite destituer Samuel Eto’o du brassard de capitaine… La cabale médiatique dont je suis victime est une manœuvre visant à affaiblir et déstabiliser les Lions Indomptables en vue de la qualification à la Can 2013. Le choix d’un nouveau capitane, s’il y a lieu, se fera, comme toujours, en concertation avec le ministre des Sports, la Fecafoot et le staff des Lions Indomptables», avait-il déclaré. Un revers important, tant l’homme a été presqu’imposé par la fédération, au gouvernement. Et qui, logiquement, devrait rester loyal envers celui qui l’a placé à son poste.
Mais un homme aussi qui se comporte comme un esprit libre.
Difficile de savoir qui en veut vraiment à Samuel Eto’o. Entre un Denis Lavagne qui a déjà habitué l’opinion à faire des déclarations contraires à la vérité et à la réalité (comme la signature de son contrat), et une Fécafoot dont les relations avec le capitaine des Lions se sont considérablement détériorées depuis près d’un an. Le ministre des Sports se refusant toujours à agir, ni même à communiquer sur le sujet. Toujours est-il que «nous pensons que la Fecafoot n’a toujours pas digéré la fronde des joueurs menée par Eto’o en novembre à Makarrakech au Maroc et qui a conduit à l’annulation du match amical contre l’Algérie avec toutes les lourdes conséquences que vous savez. Apres, il ya eu les sorties médiatiques au cours desquelles Eto’o a clairement montré qu’il voulait la tête des dirigeants de la fédération de football. A ma connaissance, la Fecafoot est en train de se venger. A notre niveau, nous allons analyser la situation froidement avant de réagir», a déclaré sous anonymat un responsable du ministère des Sports. Ainsi, le Minsep a un autre regard sur ce dossier. Autant dire que tout se joue à la Fecafoot. En attendant une éventuelle réaction d’Eto’o qui pourrait relancer ou boucler définitivement le dossier.
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