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Production agricole: Essimi Menye pourrait-il mettre fin aux ruinantes importations de riz ?
Le Messager
DOUALA - 30 JUILLET 2012
© Marie-Noelle Guichi | Le Messager
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Devant un auditoire constitué de vice premier-ministre, des ministres d’Etat, ministres, ministres délégués et autres secrétaires d’Etat, le Minader a dévoilé ses ambitions à l’horizon 2020 : produire 750 000 tonnes de riz, 4 millions de tonnes de maïs ou 600 000 tonnes de cacao.
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Si jamais le rêve du ministre de l’Agriculture et du développement rural, (Minader), se réalise, le Cameroun pourrait tourner le dos aux importations de riz, un aliment fortement consommé dans ce pays qui n’en produit que très peu. Tenez ! Ces importations ont grimpé à 545 000 tonnes en 2011, (pour 145 milliards Fcfa dépensés) contre 350 000 tonnes importés en 2010. Soit une augmentation du taux d’importation de 35%. Ce pour satisfaire une demande nationale estimée à près de 600 000 tonnes par an. Pour combler le déficit, on se souvient que la Semry et l'Undva ont reçu de l'Etat en 2010 et 2011 des apports financiers de l'ordre de 7 milliards de Fcfa. Avec ça, on a eu droit à une production nationale d’à peine 175 000 tonnes de riz paddy, presque introuvable sur le marché camerounais où la part belle est laissée au riz thaïlandais, vietnamien, pakistanais, chinois et autres. Pourtant, le Cameroun dispose de 240 000 hectares de surfaces arables disponibles pour la culture de riz. Mais à peine 25 000 ha sont aménagés, dont 13 000 ha pour la Semry et le reste repartis entre les autres sites de production à Ndop, Santchou, Nanga Eboko et Kousseri. Pour ce qui est du maïs, principale céréale cultivée et même consommée dans toutes les régions du Cameroun, et bâptisée plante prostituée par les agronomes en ce qu’elle pousse partout, elle enregistre également un énorme trou qui oscille entre 300.000 et 500.000 tonnes par an. Un déficit qui croît d’ailleurs d’années en années, bien que le maïs ait été décrété « culture stratégique » par l’administration agricole camerounaise. Quant au cacao, sa production était de 240 000 tonnes en 2011. C’était le pic dans un pays classé 5ème du monde dans cette filière, mais dont la production avait depuis dégringolé. En cause, le retrait de désengagement de l’Etat avec les programmes d’ajustements structurels et l’abandon des planteurs à eux-mêmes, sans moyens. S’en est suivi le mauvais entretien du verger, le vieillissement des cacaoculteurs et le désintérêt des jeunes générations, le manque d’intrants agricoles, l’absence de financements etc.


Assurer l’autosuffisance alimentaire

Si l’on ne prend que ces trois produits (riz, maïs et cacao) pour lesquels Essimi Menye a fixé des objectifs quantifiables lors du Conseil de cabinet tenu le 26 juillet 2012 à Yaoundé, on peut parier qu’il a fort à faire. Exposant sur « les enjeux et les défis du secteur rural dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi-DSCE», le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), a d’entrée de jeu indiqué que le Dsce a fait du secteur rural le moteur de l’économie nationale, « l’objectif prioritaire étant d’assurer l’autosuffisance et la sécurité alimentaires des ménages et de la nation », peut-on lire dans le communiqué final signé du directeur de cabinet du Premier ministre, Ghogomu Paul Mingo. On retient alors qu’il est urgent de songer à « la mise en œuvre des actions de modernisation et d’extension aussi bien en direction de l’agriculture vivrière, l’agriculture industrielle et d’exportation que de l’élevage, la sylviculture et l’exploitation forestière ». Un beau discours, est-on tenté de conclure, au regard du laxisme qui est celui de l’administration camerounaise. Ce pays dispose néanmoins d’importants atouts et de potentialités variées comme ses terres arables, sa diversité agro-écologique et une hydrographie abondante. « Leur valorisation est au cœur de l’agriculture de deuxième génération dont le Président de la République a jeté les bases à l’occasion du Comice agropastoral d’Ebolowa en janvier 2011 », soutient le communiqué du Premier ministère.


Synergies d’action

Essimi Menye reconnaît pour sa part qu’il faut surmonter de nombreuses contraintes, dont les moindres ne sont pas l’enclavement des bassins de production, l’insuffisance des financements, la faible mécanisation et le taux limité de l’encadrement agricole des exploitants agricoles. Le Minader pense alors qu’une révolution du secteur rural passera inéluctablement par la mise en œuvre d’un programme de production d’engrais à la mesure des besoins de l’agriculture camerounaise, l’opérationnalisation de l’usine de montage de machines agricoles, la réhabilitation des fermes semencières, la préparation d’une réforme foncière visant à répondre aux exigences de l’agriculture de seconde génération, la réforme de la formation et de l’enseignement agricoles ainsi que le renforcement du dispositif de financement des activités rurales.

Par ailleurs, d’après le Minader, des efforts seront entrepris pour améliorer la qualité de la production caféière, étendre les exploitations dédiées à la banane plantain et la banane dessert et développer la culture des produits forestiers non ligneux dont regorge le Cameroun. Concernant les filières de production animale, il déclare que la priorité est accordée à la promotion des élevages à cycle court et non conventionnels, la facilitation et l’encouragement de la création des exploitations de moyenne et grande importance pour l’élevage bovin, le développement de la production laitière, de l’aviculture et des productions halieutiques. Essimi Menye avoue que par-delà ces actions en matière de production, il conviendrait de rendre les zones rurales attractives, grâce à une politique infrastructurelle plus offensive, afin d’y stabiliser les jeunes. Quant au Premier Ministre, Philémon Yang, il a prescrit des directives opérationnelles à tous les ministres concernés par le développement du secteur rural afin de renforcer les synergies d’action.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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