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«Nous espérons qu'il n'y aura pas des débordements dans nos régions respectives.» Ce souhait du gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lélé Lafrique, ne fait aucun doute: la territoriale camerounaise craint qu'une éventuelle hausse des prix des carburants à la pompe engendre des tensions sociales. Comme lui, d'autres gouverneurs, à la sortie de leur première conférence semestrielle de l'année, n'ont pas fait de mystères sur la question.
Jules Marcellin Njaga, le gouverneur de la région du Sud, a même souligné que le sujet a été abordé pendant les travaux. «C'est parce que la hausse des prix des carburants est d'actualité. Et en attendant la décision gouvernementale, nous devons sensibiliser les populations, les amener à accepter une hausse au cas où elle était décidée», a-t-il avoué.
Quelques analystes politiques n'ont pas manqué de s'interroger sur l'opportunité de cette première conférence des gouverneurs de l'année. Initialement prévue pour le mois de janvier, cette instance a d'abord été renvoyée à la Saint glin-glin. Au ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), l'heure était à la révision du processus électoral. Que cette conférence finisse par se tenir au moment où, tout indique que les prix des carburants vont sélever à la pompe n'a rien de fortuit. Au contraire.
Le spectre des émeutes de février 2008 est encore vivace dans les mémoires. Bien que ces émeutes soient qualifiées aujourd'hui «d'émeutes de la faim», il reste que c'est une hausse à la pompe qui a mis le feu aux poudres. Et à l'époque, personne n'a rien vu venir. Quatre ans plus tard, le Minatd veut certainement prendre la mesure des choses.
En inaugurant cette conférence des gouverneurs, le titulaire de ce maroquin, René Emmanuel Sadi, a insisté sur la préservation de la paix nationale. Aux journalistes présents qui faisaient le pied de grue aux portes de cette conférence, René Emmanuel Sadi a indiqué qu'«il ne fait aucun doute qu'au terme de ces travaux, nous aurons envisagé, de manière concertée, des voies et moyens les plus idoines permettant, non seulement de consolider la paix sur l'étendue du territoire national, mais aussi de renforcer la stabilité de nos institutions.»
Des propos qui dénotent les appréhensions du gouvernement, alors même que la hausse des prix des carburants semble inévitable. Le 24 juillet dernier déjà, le Premier ministre, Philemon Yang, discutait de cette hausse avec les leaders des syndicats et autres association de défense des consommateurs. Ces derniers, dans le même souci de préserver la paix sociale, faisaient déjà des doléances au chef du gouvernement. «Nous souhaitons que le problème soit résolu rationnellement. Il faut qu'il y ait des mesures d'accompagnement. Pour exemple, nous souhaitons que la marge d'augmentation ne soit pas forte, surtout qu'il faut penser aux couches les plus défavorisées, les plus faibles», confiait Beauclair Ngakam, le président du Syndicat des conducteurs urbains, interurbains assimilés.
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