
Adoum Garoua, MINSEP
Photo: © Archives
C'est la catastrophe! Le Cameroun n’a jamais été aussi humilié. L'arrivée d'un nouveau Minsep depuis le 09 décembre 2011, a plutôt plongé le mouvement sportif national dans un coma profond. Il n'y a qu'à voir la légèreté avec laquelle ont été préparés les Jeux de la 30e olympiade des temps modernes à Londres, capitale du Royaume-Uni. Légèreté semble même ne pas refléter l'imbroglio qui a entouré les préparatifs liés à la participation des 33 athlètes camerounais à ce rendez-vous planétaire.
Le ministre des Sports et de l'Education physique, Adoum Garoua, chef de la délégation camerounaise au Royaume-Uni, et sa suite paient le prix fort d'une préparation bâclée, de l'improvisation à outrance, de la navigation à vue, bref, d'une gestion archaïque du dossier relatif à la participation des athlètes camerounais aux Jeux olympiques du 27 au 12 août à Londres.
Les prestations et les résultats des différentes confrontations se passent de tous commentaires. En football, sport roi au pays des légendes Roger Milla, Thomas Nkono, Théophile Abéga, Grégoire Mbida, Samuel Eto'o etc., l'équipe nationale féminine a été humiliée par ses adversaires. La redoutable formation brésilienne est sortie vainqueur de la confrontation du 25 juillet, 5-0.
Fiasco total.
Les Camerounaises, incapables d'apporter le danger dans la surface de réparation adverse, ont une nouvelle fois chuté lourdement 0-3, face au pays organisateur, la Grande-Bretagne. Le dernier match, qui aurait pu permettre aux Lionnes indomptables d'occuper une place parmi les deux meilleures troisièmes en cas de victoire, a aussi été un vrai fiasco: 3-1 en faveur de la Nouvelle-Zélande, qui n'était pourtant pas une foudre de guerre. Le Cameroun n'a jamais fait aussi piètre figure depuis sa première participation aux Jeux olympiques, en 1964 à Tokyo (Japon). Trente trois (33) athlètes pour neuf disciplines sportives (athlétisme, aviron, boxe, football féminin, judo, haltérophilie, natation, tennis de table, lutte) se sont engagés. Moins d'une semaine après l'ouverture des Jeux, la Cameroon olympic team est presque décimée.
Au-delà du football féminin, éliminé, trois pugilistes sont déjà éliminés. Après Hyacinthe Mewoli Abdon éliminé dimanche dans la catégorie des poids légers par l'Ouzbéke Fazliddin Gaibnazarov, 11 points à 6, chez les Mi-Lourds, Christian Donfack a été battu lundi par l'Allemand Enrico Kolling, (15-6). Serge Ambomo dans les Super-légers, a aussi reçu une raclée du Turc Sener Yakup. Seul le champion d'Afrique en titre chez les Mi-mouches Thomas Essomba a pu sauver l'honneur face au Marocain Abdelali Daraa.
D'autres disciplines sont par ailleurs mal partie.
Le nageur Paul Etia Ndoumbe a échoué dès les séries en aviron. La mésaventure continue également pour le tennis de table. Où l'espoir a été de courte durée. Sarah Hanffou s'est baladée 4-0 face à la Libanaise Tvin Moumjoghlian en préliminaires, avant de se casser les crocs samedi pour le deuxième tour du tournoi olympique, face à la Française Yi fang Xian (4-1). Elle a perdu le premier set (8-11), avant de remporter les quatre suivants (11-7, 11-7, 11-3, 11-6).
Tous ces échecs sont imputés à Adoum Garoua, professeur certifié d'éducation physique et sportive; qui a négligé la préparation des athlètes, écarté des présidents de fédérations sportives et des entraîneurs qui s'étaient sacrifiés pour qualifier les athlètes. Pire, le Minsep a sapé tous les fondements olympiques en privilégiant le gain au sport.
Ce qui justifie la formation d'une délégation pléthorique de fonctionnaires (un représentant de la présidence de la République, un représentant des services du Premier ministre, cinq responsables du ministère des Sports et de l'Education physique), partis uniquement pour grappiller des frais de missions à Londres et non pour l'amour du sport. Une attitude qui n'a pas permis un meilleur suivi des principaux concernés que sont les athlètes.
Heureusement, l'évaluation des feuilles par le Premier ministre et les résultats qui en suivront édifieront davantage le chef de l'Etat sur la capacité ou non du Minsep, à conduire à bien le programme des Grandes réalisations cher au président Paul Biya. Et une tête qui va inéluctablement tomber dans les prochains jours.