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Effet de mode: Ces montres-bracelets qui n’affichent plus l’heure
Le Messager
DOUALA - 02 AOUT 2012
© Souley ONOHIOLO | Le Messager
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A l’observation des personnes (en majorité des femmes) qui déambulent dans les artères de nos villes, arborant sur le poignet, une montre bracelet, on est loin de s’imaginer que celle-ci est une simple parure qui depuis des lustres ne donne plus l’heure.
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« S’il vous plait madame, quelle l’heure est-il dans votre montre-bracelet ? », lance un jeune élève visiblement pressé à l’adresse d’une « vraie grande dame ». Agissant comme coincée dans un piège, la brave dame, pourtant d’un port vestimentaire qui suscite des envies, jette un regard de chien battu à gauche puis à droite, balbutie, au lieu de lire l’heure à partir de sa belle montre bracelet, qui brille comme de l’or, elle ouvre son sac à main, en sort un téléphone portable… «Il est 10 heures 30 minutes. Evite de m’embarrasser la prochaine fois» ronchonne-t-elle. La dame n’est pas seule dans son cas. Un grand nombre de personnes qu’on rencontre dans les rues, arborant des montres-bracelets, parfois de « dernier cri », surfent sur un embarras et se sentent subitement diminuées, lorsqu’elles doivent donner l’heure en lisant sur leur « gadget » qui pourtant orne leur poignet. La montre-bracelet a cessé d’être ce qu’elle était. L’objectif initial qui est celui de donner l’heure, est galvaudée ; La montre-bracelet est en passe de devenir, un bijou de luxe, une simple parure. Non pas que c’est sur le coup du hasard que ces montres bracelets n’affichent plus l’heure. Les femmes en majorité, même si les hommes de plus en plus leur emboîtent le pas, savent en portant ces montres de fortune, qu’elles ne trottent plus depuis belle lurette.

Point n’est besoin de se fier à distance sur l’éclat, la luminosité et le charme que reflète ce colifichet. Imposantes et quelques fois minuscules, elles sont de tous les goûts et de toutes les formes. Mêmes si ces «bigoudis » sont en plaqué, argent ou or, c’est de la poudre aux yeux, dont le rôle se réduit à faire fantasmer le voisin, ou à produire l’effet du «me vois-tu ?» «Je ne suis pas n’importe qui dans la société » tel que singulièrement souhaité par son propriétaire. Et dire que très proche de nous, le nombre de personnes qui nous entourent et nous enfument avec ces montres d’une grande diversité est nombreux. «Ne vous fiez pas aux apparences. Tout ce qui brille n’est pas or. A regarder la grosse quantité des téléphones portables qui affluent dans le marché, on n’a plus forcément besoin des montres-bracelets, pour lire l’heure.

Ceux ou celles qui arborent ces montres ne se sentent plus l’obligation de s’en faire des soucis » explique un sociologue. Avisez-vous de chercher à savoir pourquoi ces amateurs de montres-bracelets les portent sur le poignet, quand bien même, ils sont incapables de vous lire l’heure. «Pour certains, c’est du snobisme, d’autres, c’est pour orner le poignet. C’est aussi un signe de grandeur sociale qui produit de l’admiration. D’où la course effrénée vers des gadgets qui outre que briller, ne rendent pas grand service » avoue un horloger.


Quand la pacotille fait fureur


Elle est bien loin, l’époque où, l’on se pliait en plusieurs morceaux, pour acheter une montre de «grande valeur ». A l’instar des téléphones portables, les montres-bracelets pullulent et polluent mêmes les surfaces commerciales. La pacotille côtoie allégrement les véritables montres de luxe, très peu visibles et de plus en plus rares sur le marché. Les marchands de toute nature, de simples affairistes, ont envahi le temple. Ils sont très peu à investir sur des montres-bracelets durables. « Tout est dans les prix. Les Camerounais aiment le moins cher et ne donnent plus du prix par rapport à la qualité. On ne peut pas importer des montres de Suisse, pour les vendre au prix de chinois » accuse André Nana. Son regard est pointé vers ce grand commerçant de montres-bracelets installé depuis des années au marché central de Yaoundé, mais dont les affaires ont cessé de prospérer à cause de l’invasion des « bigoudis » et les « colifichets ». Approchés, les horlogers (c’est une espèce rare et en voie de disparition) se plaignent de ne plus faires de bonnes affaires.

« Plusieurs de ces montres-bracelets, sont en fait, des emploi-jeter. La durée de vie est précaire ; comme elles sont électroniques et parfois miniaturisées, il est difficile de les réparer » avoue Kamden Antoine, réparateur des montres depuis une trentaine d’années. A le croire, le métier ne fait plus courir, parce que les gens s’approvisionnent en montres-bracelets à tous les carrefours. Le constat qui est fait sur la montée des personnes arborant des montres-bracelets, qui ne marquent pas l’heure, s’explique par le fait que croyant avoir fait des bonnes affaires, en achetant une montre-bracelet, on est «généralement» déçu par la qualité du service. Du coup, en souvenir à la somme déboursée, l’on se contente de porter continuellement son «bijou»… Même s’il n’affiche plus l’heure.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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