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Hausse du prix des carburants: Vers un passage en force du gouvernement ?
Le Messager
DOUALA - 03 AOUT 2012
© Joseph OLINGA | Le Messager
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Au moment où la polémique autour de la suppression des subventions de l’Etat sur les carburants bat son plein, le ministre du Travail et de la sécurité annonce que la hausse est irrémédiable. Dans le même temps, le gouvernement semble ignorer les mesures d’accompagnement évoquées et attendues par les populations.
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Gregoire Owona (MINTSS)
Photo: © C.T.
Le ministre du Travail et de la sécurité sociale a réuni les «représentants» des syndicats à Yaoundé le 1er août 2012. Au terme de cette consultation sélective, Grégoire Owona, au nom du gouvernement fait savoir sans ambages qu’il «n’ y a plus débat sur la hausse du prix du carburant au Cameroun.» Une attitude qui tranche avec celle de quelques-uns de ses collègues qui faisaient savoir, en leur temps que le gouvernement camerounais ne faisait l’objet d’aucune pression de la part des bailleurs de fonds et partenaires internationaux. Des bailleurs parmi lesquels s’élèvent des voies pour relativiser «l’obstination» du gouvernement de lever les subventions appliquées aux différents carburants.

Pour l’essentiel, le gouvernement dit «explorer» des stratégies d’accompagnement. «Pour adoucir la pilule», le gouvernement évoque l’éventualité de maintenir le prix du pétrole lampant et du gaz domestique à leur stade actuel; réduire l’impôt libératoire pour les taxis ; réduire les frais de stationnement et alléger les tarifs pratiqués sur les barrages routiers sur les tronçons desservants l’acheminement des vivres. Au sortir de cette rencontre relayée sur les antennes de la Crtv, les syndicalistes conviés ont tout juste annoncé que des propositions avaient été faites au gouvernement.


Pressions internationales

Si le ministre du Travail et de la sécurité sociale tient à préciser que le gouvernement n’agit pas sous pression, la rencontre présidée par Grégoire Owona permet d’apprécier les chiffres officiels. Les subventions accordées par l’Etat en 2011 sont évaluées à 323 milliards Fcfa tandis que les prévisions pour l’année 2012 sont estimées à 400 milliards Fcfa. Une somme qui représente un peu plus de 14% du budget global de l’Etat, soit les deux tiers des investissements effectués par l’Etat. Comme nous l’indiquions dans notre édition du 27 juillet dernier. Les pouvoirs publics ne manquent aucune occasion d’expliquer que des études de la Banque mondiale et du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) «affirment» que 80% desdites subventions sont accaparées par les riches contre 20% par la couche sociale. Des assertions relativisées par de nombreux experts. Au moment où certains clament l’improductivité de la mesure de subventionner les carburants prise par le gouvernement semble mis en relief dans le débat en cours, les spécialistes suggèrent de réinjecter la manne issue des subventions en carburant dans certains secteurs clés de l’économie nationale. Des investissements susceptibles d’amoindrir à court et à long terme l’impact d’une potentielle augmentation du prix des carburants sur la vie économique et sociale.


Stratégies d’accompagnement

Démonstration faite, le coût du carburant influence directement sur la consommation des couches sociales les plus défavorisées. Des raisons pour des experts d’affirmer que l’augmentation du litre de carburant, à la pompe, affecterait systématiquement le coût de tous les autres produits. Ceux de consommation courante, en hausse constante depuis les annonces de février 2008. Sans que les mesures annoncées ne soient mises à exécution pour réduire le coût de la vie. A côté des atermoiements et de ce qui apparaît comme une distraction des pouvoirs publics face à une grogne perceptible, n’ y a-t-il pas lieu de réapprécier le pouvoir d’achat des populations et de revoir le train de vie de l’Etat somme toute dispendieux au détriment de la grande majorité des Camerounais ? S’il est admis, à entendre les spécialistes que la hausse généralisée des prix consécutive à celle du prix des carburants entraînerait une hausse au moins équivalente à 30% du coût de la vie, mais aussi que les sommes estimées à la subvention des carburants serait équivalente à 60% de l’enveloppe destinée au paiement des salaires des fonctionnaires, le gouvernement ne pourrait-il pas revaloriser les salaires des travailleurs, tout en exonérant les secteurs économiques dépendant du pétrole de certaines taxes ?
Des solutions qui ne semblent pas constituer une priorité dans la recherche des stratégies d’accompagnement évoquées par le gouvernement.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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