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Affaire du BBJ-2: Marafa Hamidou et Yves Michel Fotso sommés de présenter leur défense
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YAOUNDÉ - 03 AOUT 2012
© Evariste Menounga | Mutations
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A l’issue des réquisitions intermédiaires, le tribunal a estimé suffisants les éléments de preuve pour que les accusés fassent valoir leurs arguments.
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Le Tgi du Mfoundi siégeant en matière criminelle a clôturé hier, jeudi 02 août 2012, les auditions des témoins de l’accusation dans l’affaire qui oppose le ministère public et l’Etat du Cameroun à Marafa Hamidou Yaya, Fotso Yves Michel et autres. Tous accusés de coaction de détournement de deniers publics, complicité de coaction de détournement de deniers publics; des faits en rapport avec l’acquisition, courant 2001, d’un aéronef présidentiel, le BBJ2. Ultime témoin de l’accusation de retour dans le box, Otele Essomba, a fait d’autres révélations en rapport avec des ordres de virement émis par la Camair en faveur de Gia international. Notamment la somme de 2, 757 milliards Fcfa pour le règlement des loyers des Boeing 767-200 et 747-300, appartenant à Gia. Somme d’argent finalement réorientée vers la Société Beith Limited dont le compte en Fcfa, domicilié à la Cbc Douala, sera crédité, en lieu et place de celui de Gia. Un témoin qui révèlera que tous les biens de la société Gia international liquidée, dont le Boeing 767-200 loué à la Camair, seront «transférés frauduleusement à la société TLL pour 1 dollar symbolique. Des biens qui reviendront à l’ayant droit économique, Yves Michel Fotso». C’est sur ces entrefaites que le procureur de la république annonce au tribunal la clôture de l’audition de ses témoins. Le président Schlick lui demande alors de présenter ses réquisitions intermédiaires.

«De la fraîcheur des déclarations des témoins, relève le procureur, il s’est dégagé une constance factuelle et une constance psychologique. Dans les années 2000, indique-t-il, l’Etat du Cameroun prend la résolution d’acheter un avion destiné aux déplacements du président de la république, le précédent étant frappé d’obsolescence. Cette mission, au fort de sa confidentialité, est confiée à la personne la plus confidente du président, le Sgpr Marafa qui a pris l’initiative d’y associer Yves Michel Fotso, institue personae, même s’il occupait les fonctions d’Adg de la Camair. Des réunions convoquées et présidées par le Sgpr, il y a été instruit, relève-t-il, que dans les 72heures, au plus tard le 24 août 2001, la somme de 29 millions de dollars devait être virée à Boeing pour l’achat d’un avion, le BBJ-2. Il est ressorti clairement, sans équivoque, des déclarations à l’enquête préliminaire de Marafa, qu’il a été demandé à Yves Michel Fotso de prendre comme intermédiaire Gia international, de très grande crédibilité. C’est ainsi que, souligne le procureur Sooh, l’argent devait être versé à Gia pour virement à Boeing.


Labyrinthe

«Une somme précédée par un déposit de 2 millions de dollars versé à Boeing par la Camair. Plus tard, l’ambassadeur du Cameroun à Washington envoyé en mission à Boeing, découvre que l’argent n’est jamais parvenu. Raison pour laquelle, rappelle-t-il, Boeing n’a jamais remis l’avion au Cameroun qui n’en était pas le propriétaire parce que les 29 millions de dollars n’ont jamais été remis à Boeing. L’identité des responsables de Gia ayant retenu cet argent est déclinée. Le choix de verser l’argent à cette structure moribonde financièrement, participait du souci de la financer pour sa survie. Gia, accuse le procureur, a viré la moitié de la somme reçue à une entité brumeuse qui est Beith Ltd et son Ayant droit économique. Cette structure, dans cette saga, a transféré les fonds parvenus après un jeu curieux, à des destinataires ici présents devant la barre. Trois jours, selon lui, ne suffiraient pas pour élucider tous les mécanismes ayant conduit les fonds du Cameroun dans ce véritable labyrinthe. Ces accusés qui ont refusé de comparaître devant le juge d’instruction, suggère-t-il au tribunal, brûlent de l’envie de donner leur version des faits. Dame Nkounda a ouvert le compte de Beith Ltd à la Cbc et s’est occupée d’une kyrielle d’opérations financières. Vous allez leur permettre, M. le président, de présenter leur version des faits qui sont constants et parce qu’ils ont envie de la présenter, faute de l’avoir fait devant le juge d’instruction».

Il est alors 18h30mn lorsque le tribunal suspend l’audience pour entrer en délibération. Au bout de 45mn de conclave, la sentence du tribunal tombe à l’issue de la première phase du procès. D’une voix monocorde, le président Schlick déclare que «le tribunal estime que les éléments de preuve sont suffisants et réunis pour que les accusés puissent présenter leur défense». Il leur présente, pour ce faire, les trois options de défense que leur offre le Code de procédure pénale, dont la troisième pour laquelle optent les trois accusés présents devant la barre. A savoir la déposition comme témoin sous serment. A la question de savoir s’il compte faire comparaître des témoins, Marafa déclare qu’il est son propre témoin et qu’il pourrait éventuellement présenter des preuves à cette occasion. Répondant à cette même question, Yves Michel Fotso déclare qu’il dispose de témoins à faire entendre et produira des preuves pour sa défense. Pendant que l’accusée Nkounda Julienne annonce qu’elle dispose éventuellement de témoins à faire entendre et des preuves à produire.

Pour permettre aux accusés de préparer leur défense, indique le tribunal, un délai d’une semaine semble raisonnable. La cause est donc remise au jeudi 9 août 2012 pour présentation de la défense des accusés.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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