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1) Les receveurs municipaux dans le rôle de contrôleurs financiers
« Au niveau des communes, ce sont les receveurs municipaux qui jouent le rôle de contrôleurs financiers. Nous avons eu l’impression que pendant que dans les autres délégations le taux était à 39%, eux (les receveurs municipaux) étaient encore à moins de 2% » Cette remarque est de Mme Alice Nouboué, chef service régional du contrôle financier pour le Nord-Ouest, pour qui les receveurs municipaux« ne perçoivent pas encore le rôle d’un contrôleur financier auprès des ordonnateurs que sont les maires ». C’était le 24 juillet dernier à Bamenda, à la faveur de la réunion semestrielle de coordination régionale du contrôle financier pour le Nord-Ouest. Occasion pour la coordination du Nord-Ouest d’interpeller les receveurs municipaux sur leur nouvelle responsabilité. « Nous avons discuté en long et en large, écouté les problèmes des uns et des autres, échangé nos expériences et nous pensons qu’ils sont repartis un peu plus renforcés dans leur pouvoir de contrôleur financier » laisse-t-elle entendre. Dans cette veine, Tanyi Rocquecignol Akwo, chef de la division administrative et judiciaire auprès des services du gouverneur de la région du Nord-Ouest a rappelé à ces derniers qu’ils doivent mettre aux calendes grecs la routine qui les caractérise ; pour s’arrimer à la performance, à l’amélioration de leur qualité de gestion. Surtout que la responsabilité qui incombe au contrôleur financier entraine forcement la notion de bonne gouvernance.
Les responsables en charge du contrôle financier ont également examiné le niveau d’exécution du budget au terme du premier semestre. On retiendra ainsi qu’au 30 juin 2012, le budget a été consommé à hauteur de 36% dans la région du Nord-Ouest. Si à l’évidence ce taux est faible, Mme Alice Nouboué est d’avis que « c’est normal ». Elle justifie cet état de chose par le fait que « la plupart des projets déjà exécutés, sont ceux qui étaient inférieurs à 5 millions Fcfa et très peu de ceux qui devaient passer par la commission de passation de marchés, ont déjà abouti ». C’est dire s’il existe encore des pesanteurs. Néanmoins, Mme le contrôleur régional est optimiste quant à réalisation d’ici la fin d’année de tous les projets inscrits au budget dans la région « nous sommes conscients et pensons que, comme la plupart des projets sont déjà attribués, au terme du troisième trimestre, le budget d’investissement public sera bel et bien exécuté ».
En ce qui concerne le budget de fonctionnement, la seule difficulté ou appréhension éprouvé était au sujet des crédits transférés au niveau des collectivités territoriales décentralisées. On a ainsi appris de Mme Alice Nouboué que les autorisations de dépense du semestre ont déjà été données.
2) Du budget de moyen vers le budget programme
Dieudonné Serge Ntsek, directeur du contrôle budgétaire au ministère des Finances (Minfi), s’est appesanti dans son intervention sur la transition vers le budget programme. Lequel budget programme entrera en vigueur des 2013. «Nous avons donné des rudiments, des informations supplémentaires pour préparer nos collaborateurs au passage du budget de moyen au budget programme », a laissé entendre le directeur du contrôle budgétaire au Minfi pour qui la problématique principale de ce passage là, « c’est la performance que cherche l’administration pour que le citoyen qui est le bénéficiaire final du budget de l’Etat puisse être satisfait de l’action publique ». On apprendra ainsi de Dieudonné Serge Ntsek qu’à la différence du budget de moyen qui consistait à une allocation de ressources sans finalité précise, le budget programme quant à lui tient compte des spécificités du développement et met l’accent sur le résultat, sur la performance et sur la satisfaction des besoins prioritaires des population «c’est dans cet ordre d’idée que le gouvernement a élaboré le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) qui est ce document là qui va servir de base pour l’élaboration du budget programme ». Ceci rentre en droite ligne de la dernière circulaire du président de la république sur l’orientation du budget.
3) Seulement 30%, taux d’exécution physique dans le Nord-Ouest
Alors que la réunion de coordination du contrôle financier se tenait dans la salle de conférences de la délégation régionale du Minfopra, les membres du comité régional de suivi de l’exécution du budget avait choisi le cadre de la délégation du Minepat le même 24 juillet pour examiner le niveau et la qualité de l’exécution du Bip dans le Nord-Ouest. Le constat qui se dégage au terme de cette assise est que sur les 549 projets inscrits au budget 2012 de la région du Nord-Ouest, 252 ont été complètement réalisés, contre 111en cours de réalisation. La fausse note réside dans les projets non encore attribué. On dénombre environ 186. Et à six de la fin de l’année budgétaire, le sort réservé à ces projets inquiète. Toujours est-il que Mme Regina Mundi, vice présidente du comité régional de suivi de l’exécution du Bip, rame à contrecourant. Avec 30, 9% de taux de réalisation physique, elle est d’avis que ce pourcentage est bien supérieur au 28% de la même période l’année dernière. Njeba Kenneth Karawa, délégué régional du Minepat, par ailleurs secrétaire du comité régional du suivi de l’exécution du Bip n’en dit pas moins « ce qui justifie ce bon résultat c’est parce qu’on travaille en équipe ».
Cependant, parmi les obstacles qui ont contribué à cette faible réalisation physique, on cite entre autre le zèle de la plupart des maires. Plusieurs maires n’ont pas encore passé les marchés de 5 millions Fcfa et même moins de cette somme. D’autres administrateurs municipaux ont passé tardivement certains marchés notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation. C’est le cas dans le département de la Mezam. On dénombre aussi des projets mal exécutés dont l’hôtel de ville de Zhoa dans le département de la Menchum. La tronçon Ndop-Babungo sur la ring road rentre dans l’escarcelle de ces projets mal exécutés. Et selon le comité de suivi et exécution, le contrat de ce projet est en voie d’être résilié. A la mission de développement du Nord-Ouest (Mideno) l’allocation tardive de la subvention par l’Etat, remarque-t-on, a été un obstacle pour la préparation de la saison de culture. Néanmoins, Regina Mundi invite chacun à jouer sa partition afin que d’ici la fin de l’exercice, tous les projets soient exécutés non seulement quantitativement mais également qualitativement.
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