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L'approvisionnement en gaz domestique est intermittent dans la ville de Yaoundé depuis plusieurs semaines. Il faut parfois patienter, des jours, voire des semaines, pour en trouver dans les dépôts. L'ampleur de la demande se traduit par le nombre de bouteilles vides qui défilent dans la capitale. De nombreux habitants arpentent ainsi les rues à bord de motos et taxis, munis de leurs bouteilles vides, à la recherche de cette ressource, devenue rare. Hier au quartier estudiantin de Bonamoussadi, c'est aux environs de 13 heures que la dernière bouteille de gaz s'est vendue dans un dépôt visité. Dans un commerce du quartier Tsinga où seules des bouteilles de gaz de couleurs jaunes sont visibles, le gérant confie, l'air agacé, que «le gaz est fini depuis plusieurs jours et n'a pas encore été livré».
Si certains détaillants ont maintenu le prix de vente de la bouteille de 12kg de gaz à 6 000 F CFA malgré la pénurie, d'autres plus véreux profitent de la situation en augmentant les coûts. Les astuces utilisées sont nombreuses. Même si certaines marques de gaz restent ici une denrée rare, d'autres bouteilles sont disposées parmi celles qui sont vides, sans doute dans le but de les confondre. Certains dépôts de gaz se montrent plus discrets quant à la disponibilité du produit. Ici, les espaces sont à moitié ouverts, de façon à laisser transparaître l'absence du gaz revendu à prix d'or aux clients.
De nombreux consommateurs, face à la rareté du gaz, sont obligés d'acheter au prix de la surenchère. «Je suis restée sans gaz pendant une semaine. Quand j'arrivais dans les différents dépôts, les vendeurs me disaient toujours que le gaz est arrivé, mais qu'on a tout acheté», raconte Ghislaine Mendouga. Et cette dernière de poursuivre: «j'ai finalement acheté mon gaz pendant le week-end à 7 000 FCFA auprès d'un revendeur au quartier Nlongkak. Je dois avouer que je n'avais pas beaucoup de choix».
Il faut cependant noter que l'indisponibilité du gaz dans la ville de Yaoundé est fonction de la marque. D'après des chiffres rendus publics en 2006, c'est la Société Camerounaise de Transformation Métallique (SCTM) qui détient la plus grosse part de marché dans le domaine de la distribution, un peu plus de 55,3%. C'est aussi cette marque qui est la plus recherchée. Car, depuis un certain nombre d'années, ce marqueteur n'arrive plus à satisfaire la demande de plus en plus forte. A sa suite, les autres distributeurs encore présents sur le marché, n'arrivent pas à combler le gap malgré des parts de marché non négligeables. Il s'agit entre autres de Camgaz (15.49 %), Totalfina-Elf (20.72%), Mobil (4.81%), Texaco (4.81%), Afrigaz (0.49%) et Glocal Gaz, un des derniers venus sur le marché.
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