Rejoignant son coaccusé, Marafa Hamidou Yaya, ex-Minatd, Yves Michel Fotso se dédouane. Il ne serait pas l’auteur du fiasco dans le processus de l’acquisition manqué du Bbj2.
«Cette audience risque d’être longue… Nous allons essayer de terminer avec cette phase aujourd’hui. C’est la dernière, nous irons éventuellement jusqu’au petit matin, demain n’étant pas férié». Gilbert Schlick veut en finir au plus vite avec ce procès. Le président du tribunal de grande instance du Mfoundi ne s’en cache pas. D’où cette précision aux parties prenantes –quasiment en entrée pour la reprise de l’audience ce jeudi 16 août 2012, après l’interruption due à la journée fériée- à ce procès qui oppose le ministère public et l’Etat du Cameroun à six présumés détourneurs de deniers publics dans le cadre de l’acquisition d’un aéronef de type Boeing business jet (Bbj) pour les déplacements du chef de l’Etat. Même si les heures de reprise de l’audience ne sont toujours pas respectées au grand dam du public qui voudrait assister le plus longtemps aux débats avant d’être gagné par la fatigue.
Cette entrée en matière est précédée par un débat sur l’admission ou non d’une pièce produite par le ministère public. Pour la défense, ladite pièce veut être introduite de manière frauduleuse. Après avoir écouté les uns et les autres, le juge tranche et admet le document. Ensuite parole est donnée à l’Etat du Cameroun qui prévient: « vous souffrirez de répondre à des questions déjà posées pour la manifestation de la vérité ». Pendant de nombreuses minutes, l’un des conseils de l’Etat du Cameroun dans ce procès veut savoir entre autres si la question du Bbj2 a été abordée lors de la réunion du 12 juillet 2001 en Afrique du Sud ? Yves Michel Fotso est également appelé à confirmer une déclaration de Marafa Hamidou Yaya lors d’un entretien sur le mode de financement la Sblc (Stand by letter of credit), proposé par Gia International et à proposer des traductions de certaines expressions de l’anglais au français notamment.
Durant de longues minutes, Yves Michel Fotso persiste à déclarer que les instructions reçues quant au mode de financement pour l’achat du Bbj2 ont été celles du ministre des Finances et du budget, Michel Meva’a Meboutou à l’époque des faits. Lequel avait, insiste-t-il, opposé catégoriquement à l’émission d’une Sblc. Il va au passage, toujours répondant aux questions, rappeler les deux étapes du processus d’acquisition dudit aéronef. Soit 2 millions de dollars à verser dans les 72 heures pour réserver la commande ; 29 millions de dollars sous forme d’émission d’une Sblc. Il reprendra certains propos du Minfib à ce sujet : « j’ai déclaré que j’allais trouver la solution et je l’ai trouvée par le canal de la Snh » et de commenter : « la Camair entre par effraction dans cette transaction parce que le Cameroun veut cacher au Fmi et à la Banque mondiale qu’il veut acquérir un avion. L’Adg se trouve au mauvais endroit au mauvais moment… ». Les conseils de l’Etat se succèdent, les réponses de l’accusé sont quasi identiques. En Gros, c’est l’Etat du Cameroun qui a refusé de prendre livraison de cet avion. Ce refus s’étant observé sous l’ère Mebara. L’audience avait été suspendue pour une courte pause lorsque nous allions sous presse. Elle devrait reprendre autour de 19h45 avec la suite de la cross examination de Yves Michel Fotso.