C’est après avoir forcé les portes de ses bureaux sis à la rue Koloko à Bonapriso-Douala, que parents et amis ont pu se rendre à l’évidence : celui qu’on a recherché pendant tout le week end était passé de vie à trépas. Suspendu au bout d’une corde, le corps sans vie de Guy Mounoumè était inerte lundi 13 août 2012. Un proche de la famille raconte. «Tout porte à croire qu’il s’est pendu vendredi. Après avoir congédié le chauffeur, il est resté seul au bureau très tard. On croyait qu’il s’était déplacé sans nous avertir».
Comptable de formation et consultant dans le système des Nations unies, ce dernier était réputé comme un homme «qui n’aime pas les problèmes», en dehors «d’un litige foncier au quartier Kumassi, à un jet de pierre du carrefour Kayo Elie», poursuit notre interlocuteur. Comment un homme d’une telle envergure a-t-il pu se suicider ? Les explications de Pr Zabert Millard, psychopathologue, lors d’une conférence scientifique organisée en 2010 à Douala. «Un suicide n’est jamais gratuit. C’est le résultat d’un trop plein accumulé pendant une longue période. Si le sujet n’arrive pas à digérer ou à ne plus supporter cette forte pression, il se donne la mort même s’il le regrette au dernier soupir. Il appartient donc à la société d’être à l’écoute des populations».
Pour l’instant, le message laissé par le défunt Guy Mounoumè n’est connu que par la famille restreinte. «Personne ne peut encore savoir ce qui pourrait justifier sa mort en dehors de sa famille. Ce qu’il a écrit est classé secret famille. Nous attendons ce que diront les enquêteurs», dit Félix N., habitant de Bonadouma. Agé de 54 ans, il laisse une veuve et quatre enfants. Ce décès remet sur la sellette le sempiternel problème des suicides au Cameroun. Après l’enseignant trouvé mort dans son bureau en début de semaine dans le département du Moungo, c’est le Wouri qui fait également parler de lui.