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I- Le contre-pied du Pichichi
Lors de la première réunion préparatoire de la rencontre aller du 3e et dernier tour éliminatoire de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2013 qui va opposer le Cap-Vert au Cameroun, le samedi 8 septembre 2012 à Praia, la Fécafoot annonçait le retour de Samuel Eto’o Fils. «Samuel Eto’o ayant purgé sa sanction, la Fécafoot lui a adressé une notification de pré-convocation qui a été faite à travers son club et son avocat depuis deux semaines», annonçait le sourire en coin, Tombi A Roko Sidik, le Secrétaire général de la Fécafoot. Il espérait rassurer le ministre des Sports et certainement faire un tabac avec cette annonce. Mais très vite, les journalistes, pas dupes du tout, se sont rués vers lui à la fin de la réunion pour comprendre ce qui motivait la décision de la Fécafoot à écourter cette sanction de 15 jours. Puisque sa suspension arrive à terme le 12 septembre 2012. La fuite en avant, il n’a pas cru bon de donner suite à cette interrogation des journalistes.
Vendredi 24 août 2012, l’entraineur sélectionneur des Lions Indomptables, le très controversé Denis Lavagne a rendu publique la liste des 23 joueurs sélectionnés pour ce déplacement périlleux de Praia. On y a enregistré la convocation de Samuel Eto’o Fils, et d’Achille Emana. Des retours dont les milliers de supporters veulent tout de même comprendre les tenants.
Notamment s’agissant du cas Eto’o Fils, Denis Lavangne a déclaré n’avoir reçu aucune pression. «Je n’ai pas reçu de pression ni pour le rappeler, et encore moins pour ne pas le sélectionner» Et pour ce match couperet qui pourrait en cas de contre-performance amener le Cameroun à être absent à deux Can consécutives, Denis Lavagne reconnait qu’il a besoin de se donner toutes les chances. Et Samuel Eto’o est un atout indéniable. «C’est un joueur important, dont la seule présence représente un poids pour nos adversaires».
«C’est curieux qu’il ne s’en rende seulement compte que maintenant», réplique un observateur averti. Quelques semaines plus tôt, il était au centre de l’actualité avec la demande faite au président de la Fécafoot, Iya Mohammed, de retirer le brassard au joueur le plus capé des Lions. Bien avant, non seulement il n’a pas pu soutenir ses joueurs après les incidents de Marrakech, pis encore, a fait volte-face au moment de témoigner devant la Commission d’homologation et de discipline qui avait sanctionné Samuel Eto’o de 15 matches de suspension à la suite de l’affaire dite de «Marrakechgate». Car après avoir soutenu les joueurs à Marrakech, il avait lâché le capitaine et son 2e vice, respectivement Eto’o et Enoh Eyong, tous deux traduits devant cette commission «aux ordres». Sous la pression des dirigeants de la Fécafoot qui n’avaient pas admis que l’incident de Marrakech mette à nu la mafia qui entoure la gestion des Lions Indomptables, la commission Sali Dahirou a réglé les comptes au joueur le plus payé du monde. Pour ce qu’on avait qualifié à Tsinga de crime de lèse majesté.
Après cette Conspiration, Dénis Lavagne restait confiant que Samuel Eto’o répondrait à l’appel. «A ma connaissance, Eto’o n’a pas manifesté de volonté de ne pas revenir en sélection». C’était sans oublier que le quadruple meilleur joueur africain n’avait pas encore dit son dernier mot. 72 heures plus tard, Me Kaldjob, l’avocat de Samuel Eto’o Fils signifiait par voie d’huissier une lettre de son client adressée au président de la Fécafoot. Une correspondance immédiatement publiée sur son site internet. Dans laquelle, il informe les amoureux des Lions indomptables de sa volonté de rester à l’écart de la sélection nationale fanion. Sans pour autant annoncer sa retraite internationale, il se montre ainsi logique envers lui-même, ainsi qu’envers l’opinion publique nationale et internationale. Parce que ne pouvant pas regagner la tanière, alors qu’elle est gérée dans le même archaïsme qu’il a déploré lors du tournoi de Marrakech, ce qui lui a valu cette sanction. C’est pourquoi, il donne comme raison officielle: «…J’ai le regret de vous informer de ma décision de suspendre toute participation en sélection, compte tenue du fait que, les insuffisances que j’ai eues à décrier de façon récurrente en tant que capitaine demeurent.» Avant de poursuivre: «Notre équipe nationale fanion continue toujours de baigner dans un environnement caractérisé par l’amateurisme et la mauvaise organisation, incompatible avec les exigences du sport de haut niveau.»
II- Les non-dits de la défection de Samuel Eto’o
Depuis l’annonce du renoncement du quadruple vainqueur de la Champions League européenne de revenir dans la tanière, le sujet est au centre de toutes les conversations. Pour certaines personnes, Samuel Eto’o Fils joue le jeu du Comité citoyen pour le redressement du football camerounais qu’on le soupçonne de financer. Ceci en dépit de toutes les sorties publiques qu’il a faites pour affirmer sa distance avec ce mouvement. Il est vrai que les raisons officielles évoquées tiennent, et qu’il n’est pas le premier au sein des Lions à décrier cette gestion amateuriste et par ricochet de claquer la porte, puisque ce sont les mêmes raisons qui ont conduit Benoît Assou-Ekotto, avant lui, de demander à prendre ses distances avec la sélection nationale. Mais il n’en demeure pas qu’il y a anguille sous roche. D’autres arguments l’ont décidé à prendre cette décision. Nécessairement pas une volonté de prendre sa revanche sur les dirigeants de la Fécafoot, après que ces derniers aient, à la suite du «Marrakechgate», décidé de l'humilier et ternir sa réputation internationale.
Il y a entre autres raisons principales qui l’ont décidé de se mettre provisoirement à l’écart de la sélection: - la mauvaise gestion de l’après boycott du match amical en Algérie; - sa volonté de retourner l’ascenseur aux coéquipiers qui l’ont soutenu, à l’instar de Benoît Angwa et Jean II Makoun. Ces deux ont pris au lendemain de sa sanction, fait et cause pour leur capitaine en demandant de se mettre aussi à l’écart de la sélection pendant la durée de la sanction. Il serait alors judicieux que pour son retour, ces derniers, même pour des raisons de saupoudrage fassent partie des convoquées. Même s’il aurait fallu que la liste soit prolongée à 25 joueurs. Surtout que dans cette liste de 23, la Fécafoot est allée rappeler dans une retraite douillette au club Al-Ahly (Dubaï), Achille Emana. Des conditionnalités qui auraient pu être réglées par les dirigeants du football camerounais et même par le sélectionneur, s’ils avaient amorcé une paix de braves dans la perspective de son retour. Mais faisant preuve d’incompétence, ils se sont comportés comme si la durée de cette sanction n’arriverait jamais à son terme.
Conscient de son erreur Dénis Lavagne promettait de réparer cet impair pendant le regroupement. «Nous aurons une discussion, mais ce qui m’importe, c’est l’équipe et la qualification pour la Can 2013. Et je peux vous assurer qu’il n’y a pas cette mauvaise ambiance et ces conflits», confiait-il. Trop tard ! Malheureusement, les dirigeants ont persisté dans la voie de la perversion en continuant à aiguiser les conflits entre eux et l’attaquant emblématique du Cameroun. Tirant les ficèles dans l’ombre, ils se sont contentés d’engager le processus visant à lui retirer le brassard. Et par ricochet de le décider avant le terme de sa sanction de prendre sa retraite internationale. Comme si cela ne suffisait pas, les dirigeants de la Fécafoot, se sont attelés à reconstituer le groupe des bannis (Kameni, Emana, Song,..) de l’après calamiteuse participation à la Coupe du monde, Afrique du Sud 2010. En rappelant le plus frondeur de tous, après deux années d’exclusion. Achille Emana. Espérant que ce dernier viendrait rallumer la flamme du conflit qui leur a opposé à Eto’o.
Surtout que Denis Lavagne pistonné par des dirigeants de la Fécafoot qui tirent les ficèles dans l’ombre a décidé de retirer le brassard au Sociétaire d’Anzi Makhachkala pour le remettre au nouveau capitaine de son choix. Le néo-Barcelonais, Alexandre Song. S’appuyant sur l’onction reçue d’Iya Mohammed. Ce dernier lui ayant formellement demandé en guise de réponse à sa demande de prendre ses responsabilités comme l’avait fait l’un des ses prédécesseur, Paul Le Guen. Et pour cause, depuis le retour dans la tanière d’Idriss Carlos Kameni et Alexandre Song, ceux-ci ont fait preuve de maturité en refusant de raviver la guéguerre en privilégiant le drapeau national et la solidarité du groupe. Dans cette voie, il avait même été proposé le brassard à Alexandre Song qui avait poliment décliné l’offre en privilégiant le groupe. C’est ainsi que Kameni et Alexandre Song ont été solidaires à la décision collective de boycotter le match amical contre l’Algérie. Selon certaines indiscrétions, Samuel Eto’o (110 sélections et 54 buts) en prenant ses distances avec la sélection veut tout simplement éviter ce piège à la con savamment orchestré et qui viserait à l’humilier davantage.
Dans le rapport administratif présenté lors de la réunion préparatoire, Tombi A Roko, a confirmé que «depuis le tirage au sort, la préparation a été lancée par plusieurs séances de travail avec l’Entraîneur National. C’est ainsi qu’une liste de 40 présélectionnés a été arrêtée par le Coach et des pré-convocations servies à tous les concernés. Une deuxième liste, sûrement la définitive, est en confection et les convocations seront envoyées à partir du 23 de ce mois». On comprend pourquoi, dans ce plan machiavélique, les dirigeants de la Fécafoot qui reconnaissent avoir participé à la confection des différentes listes avec le sélectionneur envisageaient convoquer Pierre Womé Nlend dans la perspective de grossir le clan des joueurs anti-Eto’o. La «bronca» de la presse les a vite fait se raviser. Toutefois, il faut reconnaitre que cette sortie de Samuel Eto’o Fils est un couteau à double tranchant. D’un soit, la non qualification des Lions Indomptables pour la deuxième édition consécutive de la Can donne raison à Eto’o et précipite la chute des dirigeants de la Fécafoot, soit elle anticipe sa retraite internationale. Par ailleurs, elle peut aussi faire échec à l’humiliation qui était préparée à Eto’o Fils au cours de ce regroupement, avec en filigrane le retrait du brassard qui était envisagé, sinon reporter l’échéance afin de ne pas se voir démasquer.
Liste des joueurs retenus
1- Aboubacar Vincent (Valenciennes, France)
2- Bedimo Henri (Montpellier, France)
3- Chedjou Aurelien (Lille, France)
4- Choupo-Moting Eric (Mayence, Allemagne)
5- Emana Achille (Al-Ahly Dubai)
6- Eto’o Samuel (Anzhi Makachkala, Russie)
7- Feudjou Loïc (Coton Sport, Cameroun)
8- Kameni Carlos (Malaga, Espagne)
9- Mandjeck Georges (Auxerre, France)
10- Matip Joël (Schalke 04, Allemagne)
11- Mbia Stéphane (Marseille, France)
12- Moukandjo Benjamin (Nancy, France)
13- Ndjeng Yannick (Esperance de Tunis, Tunisie)
14- Ndy Assembe Guy (Nancy, France)
15- Nguémo Landry (Bordeaux, France)
16- Nkoulou Nicolas (Marseille, France)
17- Nounkeu Dany (Galatasaray, Turquie)
18- Nyom Allan (Grenade, Espagne)
19- Oumarou Aboubakar (Vojvodina)
20- Overtoom Williams (Héracles, Pays Bas)
21- Oyongo Ambroise (Coton Sport, Cameroun)
22- Song Alexandre (Barcelone, Espagne)
23- Zoua Jacques (Fc Bâle, Suisse)
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