Après une cavale de près de trois semaines, Robert Hervé L… vient de retrouver la cellule du commissariat de sécurité publique de Kribi. Depuis lors, il attend d’être présenté au procureur de la République pour répondre entre autre des accusations d’escroquerie et de faux et usage de faux. |
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Il a tout l’air d’un agneau incapable de faire du mal à une mouche. Seulement les apparences savent être trompeuses et Robert Hervé L…, la quarantaine en est d’ailleurs l’illustration parfaite. En effet, derrière son regard innocent, sa voix douce et son sourire charmeur, se cacherait plutôt un escroc patenté. L’homme reconnait lui-même avoir pris 300 000 Fcfa à plusieurs personnes en vue de leur obtenir le visa d’entrée en France son pays d’origine. Le Français rassurait ses victimes par le fait qu’il détient un bon réseau. Et que déjà ont eu à bénéficier un bon nombre de personnes dont l’identité est connue de lui seul. Pourtant c’est l’une de ses victimes qui, ne voyant pas venir le précieux sésame et devant les versions les unes plus incohérentes les unes que les autres de son «passeur», décide de déposer une plainte au Commissariat spécial de l’Océan. Commissariat où le mis en cause se présente au début de ce mois d’août pour reconnaître les faits qui lui sont reprochés.
Des aveux rapides qui font croire aux enquêteurs que l’affaire est bouclée quand il défère le suspect au parquet dans l’après-midi du 02 août 2012 avec des cachets de faux visas comme pièces à conviction. Erreur, car l’homme va bénéficier d’heureux concours de circonstance. Le premier émane de son arrivée tardive au bureau de Mme le Procureur de la République qui compte tenu de l’heure demandera à l’entendre le lendemain matin. Le deuxième viendra de l’absence d’une cellule au Commissariat spécial. C’est donc celle du commissariat de sécurité publique qui se trouve dans la même rue qui va s’ouvrir pour le présumé escroc. Là les autres gardés à vue lui réservent un accueil loin d’être chaleureux. Craignant pour sa sécurité, le patron de cette unité de police, ordonne qu’on le mette dans la salle de réunion qui se trouve à l’étage du bâtiment.
Une véritable aubaine pour cet expatrié qui va profiter de cet isolement pour se volatiliser dans la nature. Fort de sa formation militaire qu’il a faite un an durant dans sa France natale, il n’aura aucun mal à sortir de la cité balnéaire en déjouant à maintes reprises les policiers lancés à ses trousses. Bénéficiant au passage l’aide précieuse de ses compatriotes. Toutefois, le crime n’étant jamais parfait, le fugitif laissera son téléphone portable derrière lui. Portable que le Commissaire de police principal, Raymond Ma’an va exploiter pour mettre la main sur l’une des multiples copines de l’homme qui promettait les visas à ses conquêtes. Dans la foulée son démarcheur va quitter Kribi précipitamment au moment de l’interpellation de son patron de fortune pour se réfugier à Douala. Mais la fugue est de courte durée.
Tombé dans les filets des fins limiers après l’interpellation de la copine du Français, ces deux prises n’auront plus qu’à conduire les fins limiers vers Robert Hervé L…, qui se terre à Menguémé, petit village situé aux confins du département du Nyong et Soo dans la région du Centre. Un retranchement d’où il sera tiré le week-end dernier par les flics au grand dam des populations locales qui voyaient plutôt en lui «un messie». De retour à la case départ, l’intéressé souhaite tout simplement prendre ses quartiers dans une prison française dans les plus brefs délais. Un vœu qui de source policière a toutes les chances de se réaliser au regard des nombreux accords qui lient le Cameroun et la France en matière judiciaire.
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