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Remaniement ministériel: Le coup de tête du Président !
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Yaoundé, le 30 avril 2001
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Akame Mfoumou et Kontchou remerciés. Les leçons du remaniement...
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Paul Biya a donc remanié son gouvernement comme la presse le subodorait depuis quelques semaines. Vendredi dernier, 17 heures locales, le journal de la radio nationale annonce un léger réaménagement ministériel. Léger peut être mais significatif puisqu'il voit le départ de quelques piliers de l'équipe sortante. Ainsi, le ministre d'Etat à l'Economie et aux Finances Edouard Akame Mfoumou cède son fauteuil à Michel Meva'a Meboutou dont c'est le grand retour au gouvernement. Deuxième victime de taille, Augustin Kontchou Kouomegni qui part des Relations extérieures au profit de François-Xavier Ngoubeyou. Amadou Ali, jusqu'ici ministre délégué à la présidence chargé de la Défense est remplacé par Laurent Esso qui lui même quitte la Santé. Amadou Ali devient ministre de la Justice où il remplace Robert Mbella Mbappé. Urbain Olanguena Awono revient aux affaires à travers le poste de ministre de la Santé. Joseph Tsanga Abanda cède le poste de ministre des Transports à Nsahlai Christopher, plus de dix ans après son départ. Aux Postes et aux Télécommunications, un nouveau venu, N'Koué Nkongo Maximin en remplacement de Issac Njiémoun. A la Condition féminine, Bakang Mbock Cathérine. Njiémoun Mama devient ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle de l'Etat en remplacement de Lucy Gwanmesia. Marafa Hamidou Yaya demeure secrétaire général de la présidence de la République, mais est nommé ministre d'Etat. Voilà pour le texte. Le reste, selon la formule consacrée, est sans changement.

L'opinion se repaît de ce nouveau coup de tête du président de la République. La tradition a pour ainsi dire été respectée puisque le remaniement de vendredi intervient un an seulement après le dernier, opéré le 17 mars 2000. Mais cette fois, l'on ne suppute pas vraiment sur les raisons du départ de la plupart des partants. Joseph Tsanga Abanda et Lucy Gwanmesia n'en finissaient pas d'alimenter les colonnes de la presse avec forces scandales financiers. Personne ne peut avec certitude établir les raisons de la disgrâce du tout puissant ministre de l'Economie et des Finances Akame Mfoumou. Il y a quelques années, l'homme était au centre d'une affaire de tracts circulant à Yaoundé et à Douala et le désignant comme le meilleur successeur à Paul Biya. Jamais, il n'aura pu vraiment convaincre de son innocence. En tout état de cause, l'on soutient dans les salons que l'ancien ministre avait pris trop d'envergure et commençait à faire ombrage au président Biya. Pour ce qui concerne Amadou Ali, l'on s'attendait plutôt à son limogeage après l'affaire de la poudrière et les exactions du commandement opérationnel. Son déplacement pour la Justice tendrait plutôt à conforter l'idée selon laquelle le pouvoir a besoin de cet homme en place dans la province de l'Extrême nord, la plus peuplée du pays et la plus pourvoyeuse en suffrages le moment venu. Robert Mbella Mbappe, pour sa part, est sans doute victime de ce qu'on appelle ici la communication gouvernementale. Pour s'adresser à l'opinion, toutes les deux semaines, les ministres ont le choix entre deux options à la télévision nationale. Soit, ils choisissent la formule "Cartes sur tables", et dans ce cas, ils répondent à toute la presse et même aux citoyens qui font parvenir des questions. Soit ils choisissent la formule "Questions à domicile" pour laquelle quelques journalistes se rendent chez le ministre pour lui poser des questions. C'est cette dernière formule que Mbella Mbappe a choisi, il y a quelques semaines. Mal lui en a pris. Les journalistes avaient été choisis avec un parti pris évident. Certains avaient même été refoulés. Pire, le ministre lui-même, n'a pas été à la hauteur, étalant une mauvaise connaissance des dossiers de la Justice. L'effet a été désastreux et voilà le "Petit Robert" qui a dû partir.

Mais la plus grande leçon du remaniement de l'autre jour est sans conteste, le retour d'anciens ministres: ils sont quatre dont un François-Xavier Ngoubeyou, ministre de la Jeunesse et des Sports sous Ahmadou Ahidjo, lors de la 8è Coupe d'Afrique des Nations de football. A l'époque, Ngoubeyou n'avait pas été épargné par les scandales financiers qui avaient entaché l'organisation du tournoi et provoqué la colère de l'ancien chef de l'Etat.

En dehors de ce réaménagement, le président de la République a également délivré une circulaire relative "au devoir de solidarité gouvernementale". Celle-ci dénonce d'abord "des dérives sérieuses et notables ayant été constatées ces derniers temps". Fait notable, la circulaire dit notamment que "chaque ministre doit faire siennes les décisions prises, quelles que soient ses attributions et qu'elle qu'ait été sa position dans leur préparation. Si des incompréhensions ou des difficultés d'interprétation subsistent, elles doivent être réglées en conseil de cabinet, et une fois arbitrées, ne plus faire l'objet de débats publics ou privés. Il est notamment inconcevable que des critiques se fassent jour dans la presse, à l'égard de l'action gouvernementale ou d'une décision ministérielle de la part de membres du gouvernement, au détriment évident de la cohésion de celui-ci. De tels comportements sont inadmissibles de la part des ministres appartenant à une même équipe. Ils sont de nature à fragiliser l'autorité de l'Etat. Aussi, je vous demande d'y mettre fin".

On a rarement vu le président Biya aussi ferme. Une attitude que les Camerounais apprécient tout en s'inquiétant de l'application qui sera faite de cette autre circulaire.

Stéphane TCHAKAM
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