Cameroun - Cavale: Albert Dzongang raconte comment il a échappé à ceux qui voulaient l’arrêter après les manifestations interdites de Septembre 2020

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-May-2021 - 16h38   8771                      
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Albert Dzongang Capture d'écran
Le conseiller spécial du président national du MRC déclare que le pouvoir a renoncé à l’arrêter à cause des services qu’il lui a rendus quand il était membre de l'autre bord de l'échiquier politique camerounais.

Le dimanche 16 mai 2021, l’équipe de journalistes du programme hebdomadaire «La vérité en face» (Equinoxe Télévision) recevait Albert Dzongang, le bouillant conseiller spécial du président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) Maurice Kamto. Il a raconté sa cavale après les marches du 22 Septembre 2020 initiées par le MRC mais interdites par les autorités camerounaises. Celles-ci avaient envoyé les forces de l’ordre arrêter ceux qui avaient bravé l’interdiction ainsi que ceux qui leur avaient demandé de descendre dans la rue.

Albert Dzongang, qui avait brièvement marché à Douala, avait dû se cacher. Il a raconté à ses intervieweurs comment il avait réussi à se cacher. «Vous avez dit que j’ai été activement recherché. Mais comment pensez-vous qu’avec toute la science et les informations que le pouvoir détient il ne m’ait pas arrêté ? C’est parce qu’il se trouve des citoyens à des postes insoupçonnés qui croient au changement dans ce pays. Certains d’entre eux avaient dit: «ça ne va pas se passer comme ça». Et chaque fois qu’on découvrait par information là où je me trouvais, j’étais immédiatement informé par des gens auprès d’eux. Ils me disaient: «attention change de lieu». Jusqu’à ce qu’ils décident de me laisser tomber», raconte l’ancien député RDPC.

Albert Dzongang explique que les autorités ont renoncé à l’arrêter parce qu’elles se sentaient redevables vis-à-vis de leur ancien ami politique. «Ils se sont souvenus que quand même quand ils avaient besoin de moi, j’ai répondu présent. Ils se sont souvenus que contrairement aux autres, j’en sais beaucoup sur eux et je n’ai jamais rien dit. J’ai été au centre des décisions. Au moment de la mise en place de la structure  tribale - «la politique tribale» selon lui - ne marchait pas. Dans les années 1990, le pouvoir avait peur. Il fallait être un Dzongang pour affronter l’opposition», explique-t-il, déclarant par exemple qu’il a «porté des mallettes» à des personnes qui aujourd’hui «ont honte» de le regarder.  

  

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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