Cameroun - Covidgate/Adamou Koupit (Député UDC): «On ne peut pas interdire aux Camerounais de faire des commentaires pour dénoncer»

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Jun-2021 - 11h51   2535                      
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Adamou Koupit, sur Canal 2 International le 29 Novembre 2020 capture d'écran
L’élu du Noun-Centre ne partage pas l’avis du président de l'Assemblée Nationale, Cavaye yeguié Djibril, qui pense que l’opinion doit s’abstenir de faire des commentaires sur le rapport de la Chambre des Comptes alors que la justice n’a pas encore établi la culpabilité des personnes incriminées.

Le mardi 8 juin 2021, lors de l’ouverture des travaux de la session de juin à l’Assemblée Nationale, le président de l’Auguste chambre, Cavaye Yeguié Djibril, a réagi au sujet du rapport d’audit de la Chambre des Comptes, à propos de la gestion du Fonds de solidarité nationale pour la lutte contre le Coronavirus.

L’élu de Tokombéré dans la région de l’Extrême-Nord a commenté la prise de position hâtive d’une partie de l’opinion sur cette actualité, laquelle a tôt fait de condamner les personnes incriminées, alors même que la justice n’a pas encore établi leur culpabilité. «Je voudrais prier les compatriotes de bien vouloir attendre les conclusions des investigations. N’allons pas vite en besogne», a lancé le PAN.

Un avis que ne partage pas forcément les autres élus, en l’occurrence ceux de l’opposition. Le député Adamou Koupit de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) pense que le principe de la liberté d’expression étant consacré par la législation camerounaise, il faut laisser libre cours aux commentaires.

«Lorsqu’une mission d’audit portée par une institution aussi importante que la chambre des comptes conclut à des fortes présomptions de détournement, et que les enquêtes sont ouvertes, on ne peut pas interdire aux Camerounais de faire des commentaires pour dénoncer afin que les uns et les autres comprennent que le bien public est sacré. Quand il s’agit des biens consacrés à la préservation de la santé de la nation, ça doit être davantage sacré. Nous ne pensons pas que ce soit intéressant de dire aux Camerounais de ne pas faire des commentaires en attendant que la procédure judiciaire aille à son terme. C’est une sorte de pression à l’endroit des compatriotes du TCS (Tribunal Criminel Spécial) en charge du dossier de ne point faire dans la complaisance parce que l’attention de toute la nation est focalisée sur ce dossier», a réagi l’élu du Noun-centre dans les colonnes du quotidien Le Jour de ce mercredi 9 juin 2021.

Il va sans dire que cette actualité, bien qu’elle ne figure pas dans l’ordre du jour des travaux de cette session, va alimenter les débats à l’Hémicycle, notamment au cours des questions orales aux membres du gouvernement.

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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