Cameroun - Droits de l’homme: Human Rights Watch dénonce les exactions des rebelles séparatistes sur les civils au Nord-Ouest et au Sud-Ouest

Par Mathieu TCHITCHOUA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 27-Jun-2022 - 07h21   1233                      
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Des combattants séparatistes archives
L’ONG internationale a commis un rapport ce lundi 27 juin 2022, dans lequel elle déplore une recrudescence des violences séparatistes dans les deux régions anglophones, avec à la clé des tueries de populations innocentes, des enlèvements et l’incendie des écoles.

L’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) continue de scruter attentivement le conflit armé dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, et multiplie des rapports sur l’évolution de la situation. Elle vient de commettre un nouveau rapport, rendu public ce lundi 27 juin 2022, pour dénoncer les exactions des rebelles séparatistes sur les populations civiles dans ces deux régions.

Elle indique que ces forfaits sont matérialisés par des tueries, la torture, des enlèvements d’écoliers et d’enseignants, l’incendie des écoles. Et que depuis janvier 2022, les groupes armés séparatistes ont ôté la vie à au moins 7 personnes et blessé 6 autres, ont violé une fillette, ont enlevé pas moins de 82 personnes, parmi lesquels 33 élèves et 5 enseignants. Ceci en toute impunité.

D’après la chercheuse senior de l’ONG sur l’Afrique centrale, Ilaria Allegrozzi,  « Les dirigeants des groupes séparatistes devraient immédiatement ordonner à leurs combattants de cesser leurs exactions contre les civils, et de livrer les combattants ayant commis des abus pour qu’ils soient poursuivis. »

HRW révèle que pour arriver aux conclusions contenues dans ledit rapport, elle a enquêté auprès de 38 personnes, dont 27 victimes et témoins d’abus séparatistes, trois membres des familles de victimes, quatre journalistes camerounais et quatre membres d’organisations camerounaises de défense des droits humains. Elle a également examiné des dossiers médicaux, 13 vidéos et 56 photographies partagées directement avec ses chercheurs ou publiées sur les réseaux sociaux et montrant des preuves d’abus commis par des séparatistes.

Aussi, HRW a porté ces exactions à la connaissance des leaders se revendiquant de la cause de l’Ambazonie, en l’occurrence le porte-parole et le vice-président du Ambazonia Interim Government (Sako), Christopher Anu et Dabney Yerima ; le chef de la défense des Forces de défense d’Ambazonie (Ambazonia Defense Forces, ADF), Capo Daniel ; et le président du Mouvement de libération du peuple africain (African People’s Liberation Movement), Ebenezer Derek Mbongo Akwanga. Ils sont presque tous restés indifférents, et Capo Daniel a répondu, précise l’ONG.

Dans ce rapport, elle n’épargne pas non plus les forces de défense et de sécurité républicaines, qui ont commis elles aussi des exactions dans ces deux régions, et invite le gouvernement camerounais à rendre compte et à assurer une meilleure protection des civils.

 

 

 

Auteur:
Mathieu TCHITCHOUA
 @T_B_D
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