Cameroun - Ramadan 2021: Le ministre de l’Administration Territoriale désavoue la gestion du croissant lunaire par le Conseil camerounais du croissant lunaire (CCCL)

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-May-2021 - 07h00   6627                      
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Paul Atanga Nji Fred BIHINA
Paul Atanga Nji précise que cette prérogative incombe depuis plusieurs années à la Commission nationale du croissant lunaire (CNCL).

Alors que la communauté musulmane est fixée sur la célébration du Ramadan le 13 mai 2021, Paul Atanga Nji tranche le débat au sujet de l’organisation habilitée pour la gestion du croissant lunaire. Dans un message fax adressé le 11 mai au gouverneur du Littoral, le ministre de l’Administration Territoriale (MINAT) désavoue le CCCL. «…suite aux informations faisant état de la mise sur pied du CCCL, ladite organisation ne bénéficie d’aucune légitimité ni autorité pour annoncer le début ou la fin du jeûne du Ramadan. Ladite prérogative incombe depuis plusieurs années à la CNCL», écrit Paul Atanga Nji.

Il demande par conséquent au gouverneur du Littoral de prendre les dispositions nécessaires en vue d’empêcher toute communication du CCCL sur la fin du mois de Ramadan. Peine perdue, puisque dans la soirée du 11 mai, le CCCL tout comme la CNCL ont signé chacun un communiqué annonçant la célébration du Ramadan le 13 mai après n’avoir aperçu la lune nulle part sur le territoire. En effet, les deux organisations sont en désaccord au sujet de la gestion du croissant lunaire. Le CNCL désapprouve l’accord entre l’Union islamique du Cameroun (UIC) et l’Association solidaire pour la vocation islamique (ASSOVIC) visant à mettre sur pied un nouvel organe de gestion du croissant lunaire au Cameroun.

Dans un protocole d’accord conjointement signé le 3 avril 2021, Cheikh Ibrahim Moubarak Mbombo, président national de l’UIC, et Fessal Mounir, président général de l’ASSOVIC, ont mis sur pied un nouvel organe chargé de la gestion harmonieuse du croissant lunaire au Cameroun au nom du CCCL. Les deux leaders ont par la même occasion, procédé à la nomination du secrétaire permanent dudit conseil, en la personne de Mohamed Azize Mbohou. La coordination des affaires administratives et financières du CCCL étant sa principale mission.

Le CCCL «est l’aboutissement d’une démarche consensuelle, constructive, interactive et transparente engagée depuis le 6 février de l’année en cours, dont l’objectif majeur était de mobiliser et d’impliquer toutes les ressources humaines et matérielles indispensables à une gestion harmonieuse de la question du croissant lunaire dans notre pays», a précisé Mohamed Azize Mbohou.

Dans un communiqué le 4 avril 2021, «la CNCL et l’ACIC ne sont nullement concernées par cette entreprise», a désavoué Souley Mane. Le porte-parole de la CNCL estime que cette démarche, loin d’être consensuelle, crédible et transparente, relève du désordre. Aussi, appelle-t-il à plus de vigilance de la part des croyants musulmans du Cameroun. Le désaccord entre les deux organisations a été à l’origine de la confusion de la désignation de la date de célébration du Ramadan en 2019, qui avait fait rater des examens officiels à de nombreux élèves.

Auteur:
Frédéric NONOS
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