Cameroun - Salle John évoque les royalties qu’empochaient les artistes de son époque: «Les jeunes d’aujourd’hui gagnent des millions. Mais nous aussi quand on était jeunes, on gagnait ces millions […] un titre comme "Paio Yabassi" m’a rapporté plus d’un million»

Par Claude Paul TJEG | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-Apr-2021 - 08h26   7840                      
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Salle John Abk Radio
Le vétéran de la musique camerounaise s’exprimait ainsi dans le cadre du programme «Entrevue Mag» diffusé samedi dernier sur la CRTV.

De nombreux artistes camerounais qui ont eu du succès dans les années 70, 80 ou 90 ont très souvent du mal à joindre les deux bouts, au crépuscule de leur carrière. Les cas les plus illustratifs sont ceux de Messi MartinNguea La Route, ou encore Marthe Zambo. Les premiers ont rendu l’âme parce qu’ils n’avaient pas de moyens financiers considérables, qui auraient pu leur permettre de bénéficier de soins de qualité. Quant à la troisième personnalité, on se souvient que l’année dernière, le ministère des Arts et de la Culture lui a accordé une aide substantielle afin qu’elle puisse se soigner, mais également pour payer son loyer. Cet élan de commisération du gouvernement est intervenu quelques jours après l’appel à l’aide qu’elle avait lancé à travers les médias.

Si l’on analyse la dernière sortie médiatique de l’artiste Salle John dans le cadre du programme de divertissement «Entrevue Mag», diffusé sur la CRTV, samedi dernier, ces situations humiliantes mais toutes aussi récurrentes, ne sont pas dues au fait qu’il n’y avait pas assez d’argent dans le Showbizness à l’époque comme c’est le cas aujourd’hui, mais certainement à une mauvaise gestion des royalties générées par leurs chansons. À en croire ce vétéran de la musique, les artistes musiciens camerounais se faisaient également beaucoup d’argent à son époque.

«Nous aussi quand on était jeunes, on gagnait ces millions. La SOCADA est témoin, la SACEM est témoin, un seul titre qu’on appelait «paio Yabassi», me ramenait 900 000 FCFA. À l’époque j’avais un million et quelques. J’étais comme un colibri. J’étais heureux, et j’ai su économiser ces petits moyens là. C’est vrai qu’aujourd’hui ce sont les mêmes moyens, mais à double perception. Avec le souffle que j’ai aujourd’hui et mon âge je ne peux pas me comparer aux jeunes de l’heure. Les médias, les droits d’auteur, c’est pour eux», a-t-il confié à Eric Christian Nya, présentateur de l’émission Entreveue Mag.

Auteur:
Claude Paul TJEG
 @T_B_D
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