Tchad - Tensions: Après une première journée marquée par la mort d'au moins cinq personnes, l’opposition et la société civile appellent de nouveau à descendre dans les rues ce mercredi

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 28-Apr-2021 - 06h56   2236                      
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Heurts à Ndjamena Alwihda
Les initiateurs de l’appel exigent le départ des militaires et la transmission du pouvoir aux civils.

Le Tchad s’apprête à vivre une nouvelle journée de tensions. Mardi soir (27 avril 2021), l’opposition et la société civile ont renouvelé leur appel aux manifestations populaires en vue du départ de la junte militaire au pouvoir.

La coalition WAKIT TAMA, qui regroupe des partis d’opposition, organisations de la société civile et syndicats, a appelé à de nouvelles manifestations ce mercredi à N'djamena et dans d’autres villes du pays. Un appel lancé par Max Loangar, coordonnateur de ladite coalition.

Journée ensanglantée

Répondant à un premier appel au soulèvement, plusieurs centaines de tchadiens sont descendus dans les rues hier à N'djamena la capitale, mais aussi dans d’autres villes du pays, notamment à Moundou au Sud du pays.

Ils protestent contre la mise en place du Conseil Militaire de Transition (CMT), dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils du Président Idriss Déby Itno, tué la semaine dernière au combat. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une succession dynastique avec, disent-ils, la complicité de la France.

La presse internationale renseigne que les rassemblements ont été violemment dispersés par les forces de l’ordre. Les heurts ont fait cinq morts, selon les autorités tchadiennes.

Pour sa part, la Convention Tchadienne des Droits de l’Homme parle de neuf morts, des dizaines de blessés et plusieurs arrestations. Dans un communiqué, elle se dit «profondément indignée par la répression sauvage barbare et criminelle des manifestations pacifiques».

Le pouvoir aux civils

Dans une allocution télévisée, le chef de la junte, Mahamat Idriss Déby, a appelé au clame, promettant l’instauration d’un dialogue nationale inclusif et la mise en place d’un gouvernement de large consensus.

Depuis Paris, Emmanuel Macron qui recevait le Président de la RDC, Félix Tshisekedi, a condamné «avec la plus grande fermeté, la répression des manifestations» avant de préciser: «Nous appelons au respect des engagements qui ont été pris par le Conseil Militaire de Transition, celui d'une transition pacifique, inclusive sur le plan politique et je veux être ici très clair, j'ai apporté mon soutien à l'intégrité et la stabilité du Tchad, très clairement à N'djamena, je suis pour une transition pacifique, démocratique, inclusive, je ne suis pas pour un plan de succession, et la France ne sera jamais aux côtés de celles et ceux qui forment ce projet».

De son côté, M. Félix Tshisekedi, président en exercice de l’Union Africaine, a réitéré son appel rapide à «l’ordre démocratique».

Auteur:
Fred BIHINA
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