Cameroun - Patrimoine: Un Allemand veille sur la mémoire de la musique camerounaise

Par | Cameroon-Info.Net
- 15-Jan-2015 - 05h05   54931                      
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Joachim Oelsner travaille sur l’archivage de toute la  musique camerounaise depuis 17 ans par le biais de son association Arc Musica (Archives de la Musique Camerounaise). Découverte d’un sacerdoce solitaire.
Joachim Oelsner Adam dans sa salle de travail du quartier Nlongkak-Nylon à Yaoundé
Photo: (c) KCM

Difficile de ne pas être admiratif en voyant travailler tout seul cet intellectuel allemand arrivé en 1991 sur les collines de Ngoa Ekelle, au compte du Deutscher Akademischer Austauschdienst (Daad, Office Allemand d'Echanges Universitaires) pour enseigner la germanistique.

À partir de 1998, Joachim Oelsner Adam de Yaoundé commence son exploration destinée au départ à mieux connaître le pays. À ce jour il a rassemblé près de soixante mille fichiers d’images, plus de trente mille œuvres musicales et autant de pages de corpus textuel ayant trait à la musique du Cameroun. Les plus anciens de ces documents viennent de la fin des années 1950 et l’essentiel à partir de 1960.

Pour faire face à l’extrême délicatesse des vieilles bandes Shellacks, Vinyles 45 tours, 33 tours, ou des studios de Radio-Cameroun, pour tirer quelque chose des cassettes audio lardées de bouts de ruban adhésif, le chercheur doit déployer des trésors de patience.

«Une grande partie de la mémoire musicale du Cameroun était conservée dans les stations radios, mais là-bas les bandes ont souvent été maltraitées, négligées ou détruites. Ça nous a rendu le travail encore plus difficile», dit-il.


L’UTILITE D’UNE ŒUVRE

Mais la détermination du natif de Leipzig dans l’ex-Allemagne de l’Est est avérée. Il a fait le tour des vendeurs de disques et a souvent pris le train ou les voitures «clando» pour trouver des bandes dans les «zones reculées» comme disent les gens de la capitale.

Le résultat est plutôt frappant: l’homme, grâce à la manipulation de sons et textes divers, comprend plusieurs langues du pays. Il parle avec autorité d’innombrables artistes anciens; là où le plus crédible des chroniqueurs culturels se mettrait à bégayer.

C’est avec ce genre de détail que Joachim Oelsner Adam s’est persuadé de l’utilité de son œuvre au Cameroun, refusant jusque-là quelques généreuses propositions pour aller abattre le même travail dans d’autres pays.

Mise sur pied en 2003, son association Arc Musica (Archives de la Musique Camerounaise) a reçu le soutien de l’Institut-Goethe Kamerun en 2009 et du ministère allemand des Relations extérieures via l’ambassade d’Allemagne en 2012, pour l’obtention de matériel pour la numérisation des bandes sonores.

Mais à qui reviendront la gestion et la conservation de ce patrimoine à long terme ? Le chercheur allemand l’ignore, lui qui a déjà fait des propositions dans ce sens, sans  retour probant jusque-là…

ARTHUR BILOUNGA, Cameroon-Info.Net

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