Effondrement de la route à Bamenda: Impératif, la maintenance !

Par MAKON ma PONDI | Cameroon Tribune
- 22-Aug-2009 - 08h30   51215                      
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On se rappelle, en effet, que la chaussée s’était effondrée le 7 août dernier près de la localité d’Akum. A l’origine de cette catastrophe qui a fait planer un temps la menace d’isoler le chef-lieu de la région du Nord-Ouest du reste du pays, de fortes précipitations. L’inconsistance des sols de la zone – essentiellement volcaniques – a fait le reste...
Grâce au génie des hommes et surtout à la détermination des pouvoirs publics, le trafic a pu reprendre sur l’axe routier Bamenda-Bafoussam. On se rappelle, en effet, que la chaussée s’était effondrée le 7 août dernier près de la localité d’Akum. A l’origine de cette catastrophe qui a fait planer un temps la menace d’isoler le chef-lieu de la région du Nord-Ouest du reste du pays, de fortes précipitations. L’inconsistance des sols de la zone – essentiellement volcaniques – a fait le reste. Pas de doute donc: on aura frôlé le pire.

Route Bamenda effondree
Photo: © CIN
. L’alerte est cependant suffisamment chaude et retentissante pour rappeler aux administrations compétentes la nécessité de mettre la communauté nationale à l’abri de déconvenues du genre « mile II ». Sur l’ensemble du réseau routier, mais aussi au travers des ouvrages d’art et des édifices publics. A cet égard, les spécialistes s’accordent pour soutenir que la construction d’infrastructures doit s’accompagner impérativement d’un minimum de maintenance. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. C’est ainsi que les usagers, régulièrement, voient apparaître le long de nos principaux axes routiers des dégradations liées au fort trafic qu’on y observe sans apparemment attirer grande attention des diverses administrations qui interviennent dans le secteur des transports. Jusqu’au jour où le mal, ayant pris les proportions d’une catastrophe, finit par imposer une perturbation du trafic. A ce stade, naturellement, le citoyen lambda ne peut que s’interroger sur le volume et la destination des ressources générées par le péage routier. Les postes se sont multipliés, tandis que le parc automobile est en constante augmentation. Paradoxalement , les recettes connaissent un tassement drastique. Ne sont-ce pas ces ressources qui devraient permettre d’assurer cette indispensable maintenance, seul moyen susceptible d’éviter des incidents fâcheux à l’instar de celui d’Akum qui a imposé un lourd tribut aux populations ? Mais le véritable problème n’est-il pas, finalement, de faire admettre aux décideurs que la maintenance ne saurait être tenue pour un luxe ? En tout cas, le délabrement de certains édifices publics qui firent longtemps la fierté de tous laisse croire que l’hypothèse est plausible. Et pourtant, la question revient de temps en temps dans les concertations à un niveau élevé de l’Etat. Sous forme de recommandations et même d’instructions qui, malheureusement sont demeurées lettre morte à ce jour. Les priorités se situant ailleurs. Au point que même l’association des ingénieurs de maintenance (ACIM) qui avait pris l’option de défendre cette cause au milieu des années 80 est devenue complètement aphone. Victime de l’indifférence généralisée. Reste cependant que pour les infrastructures routières et autres, comme dans le domaine de la santé, « prévenir vaut mieux que guérir ». Les précisions de Hans Nyetam Nyetam: «Nous espérons le retour à la normale mercredi» Propos recueillis par Laurent ABAH et Alliance NYOBIA [21/08/2009] Les précisions de Hans Nyetam Nyetam, Secrétaire d’Etat aux Travaux publics. Pouvez-vous rappeler les mesures prises par l’Etat après l’effondrement de la route ? Après l’effondrement de la route à Mile 2, à l’entrée de Bamenda, le chef du gouvernement nous a demandé de descendre sur le terrain le ministre du Développement urbain et de l’Habitat et moi-même, afin que nous voyions ce qui s’était passé, et les moyens de régler le problème. Des solutions ont été préconisées et des délais donnés. Il a d’abord été question de réaliser la voie de contournement en deux jours. Nous étions un dimanche, et pensions dès le mercredi suivant que ce travail serait achevé, afin que très rapidement on commence les travaux sur la voie normale. Les procédures en termes de choix des entreprises ont été exceptionnelles, le gouvernement souhaitant que les travaux démarrent au plus vite. Cela a été fait et dès le jeudi, la circulation a été rétablie, soit quatre jours après notre passage sur le terrain. A quand le retour à la circulation sur la voie normale ? Pour ce qui est de la route principale, les travaux sont en cours. Nous les suivons d’heure en heure. Mais je tiens à relever qu’il pleut abondamment en moment. Un délai de deux semaines avait été donné à l’équipe en charge de ce travail. Et ce délai expire en principe lundi. Mais comme je l’ai mentionné, il pleut beaucoup dans la zone. Cela dit, les deux premières buses sont en cours de pose. Les pluies perturbent ce travail de bétonnage, mais chaque fois qu’il y a une petite éclaircie le travail se fait assez rapidement. Et nous pensons que mercredi prochain au plus tard, il devrait se boucler. Sauf si la quantité d’eau continue de perturber anormalement le travail. Mais nous pensons que ça va se faire avec un ou deux jours de beau temps. L’effondrement de la route n’est-il pas dû à un problème de maintenance ? Non. C’est plutôt un problème de débit, de force de la pluie, et d’urbanisation. Vous savez, lorsque nous réalisons des ouvrages routiers, notamment des ouvrages de traversée des eaux, ils sont dimensionnés en fonction des hauteurs qui sont repérées et qui sont notées par les services techniques. A cet endroit, il y avait une buse de 1,5 mètre de diamètre. Et la quantité d’eau qui est arrivée, due à une urbanisation complémentaire, à une concentration des eaux, a fait qu’il y a eu une surchauffe au niveau de l’apport en eau, et cet ensemble a fragilisé le pourtour de la buse. L’ensemble de la structure a donc été basculé par le torrent, ce qui a entraîné la rupture. Ce sont des choses difficiles à prévoir. On réalise une route au terme de calculs savants permettant de trouver le juste équilibre entre les fonds disponibles et les contraintes techniques. Lorsque c’est dimensionné, ça marche. S’il y a un élément complémentaire qui survient, cela peut déjouer les prévisions. Nous pensons qu’aujourd’hui ce qu’il y a à faire c’est de visiter le réseau de manière permanente. Mais cela coûte beaucoup d’argent. Comment s’assurer qu’ailleurs dans le pays un autre ouvrage ne pourrait pas s’effondrer ? Il ne s’agit pas seulement des ouvrages. Le Cameroun a plusieurs zones écologiques, et il peut arriver que des pluies provoquent un glissement de terrain, des fissurations sur une montagne. Dans le cas spécifique de Bamenda, une commande a été passée, pour que le Labogénie fasse des sondages, et revisite quelque peu cette zone de falaise, pour voir le niveau de fragilité et préconiser les mesures de prévention des accidents. Des choses peuvent être faites mais il faut toujours savoir qu’il y a un équilibre qu’on établit entre les coûts et la nécessité immédiate. Engager une campagne généralisée à travers le pays mobiliserait tant de ressources qu’on ne pourrait par exemple plus faire des choses comme les pistes rurales, qui sont pourtant nécessaires aux populations.
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