Cameroun - Affaire du TPI de Bonanjo: Deux avocats supplémentaires déférés à la prison centrale de Douala

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 21-Nov-2020 - 07h00   10082                      
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La police charge les avocats au TPI de Bonanjo capture d'écran
Ils sont accusés d’outrage à magistrat, destruction, troubles d’un service public relatifs aux rixes entre policiers et avocats dans la salle d’audience du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo le 10 novembre 2020.

Maîtres Richard Tamfu et Armel Tcheumegne sont en détention provisoire à la prison centrale de Douala. Ils y séjournent depuis le 20 novembre 2020, selon des sources policières. Les deux avocats ont été interpellés le 18 novembre 2020 et auditionné à la Division régionale de la police judiciaire du Littoral (Drpjl) à Bonanjo, Douala. Ils sont accusés d’outrage à magistrat, destruction, troubles d’un service public relatifs aux affrontements entre policiers et avocats le 10 novembre dernier au TPI de Douala-Bonanjo.

Des violences condamnées par l’Ordre des avocats du Cameroun qui a exigé l’ouverture d’une enquête suivie des sanctions contre les auteurs de ces actes contre ses membres. Lors de sa déclaration à la presse le 19 novembre 2020 à Yaoundé, le bâtonnier par intérim, Me Claire Atangana Bikouna, a indiqué que ses deux confrères sont tombés dans un guet-apens tendu par les policiers. Elle a par ailleurs déclaré qu’une trentaine de ses confrères sont traqués par la police depuis les évènements malheureux au TPI de Bonanjo.

Rappelons que le 10 novembre dernier, des policiers s’étaient introduits dans la salle d’audience du TPI de Bonanjo et avaient tabassé des avocats qui protestaient contre la décision du juge ordonnant le retour en garde en vue de deux de leurs confrères à la prison centrale de Douala. Une centaine d’avocats s’étaient mobilisés pour solliciter la mise en liberté provisoire de leurs deux confrères après que le juge a mis le dossier en délibéré le 25 novembre 2020. 

Les deux avocats étaient les conseils d’un client qui risquait une peine d’emprisonnement de 18 ans. Ce dernier leur aurait remis 3 millions de FCFA pour négocier avec la juge pour son élargissement. Mais il est finalement condamné à 18 mois de prison ferme. Courroucés, les proches du prévenu réclament alors le remboursement de leur sous à leurs conseils qui accusent la juge de l’avoir perçu. Une accusation rejetée par cette dernière qui saisit la police judiciaire. Après enquête, les deux avocats sont placés en détention provisoire à la prison centrale de Douala pour outrage à magistrat, tentative de corruption et escroquerie.

Auteur:
Frédéric NONOS
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