Cameroun - Blackout à Yaoundé: La vie des Yaoundéens sans électricité

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 20-Aug-2019 - 21h08   4172                      
5
Yaoundé dans la nuit archives
La distribution de l’énergie électrique est fortement perturbée dans la capitale camerounaise depuis deux semaines. Une situation qui n’est pas sans conséquences pour les Yaoundéens.

Il n’est que 10 heures du matin ce 20 août 2019 au quartier Melen dans le 6ème arrondissement de Yaoundé. Mais déjà, Colette F, ferme son atelier de couture. «On vient de couper le courant et j’ai appris qu’il y en a à Oyamabang, donc je suis en train de m’y rendre», lance-t-elle.

Afin de respecter ses engagements vis-à-vis de ses clients et éviter des pertes sèches, la jeune femme est obligée, tous les jours depuis deux semaines, de faire la navette entre son lieu de travail et un quartier environnant.

Un incendie survenu sur les installations techniques du poste électrique de l’ancienne Brigade de Renseignements Géologiques et Miniers (BRGM) de Yaoundé, prive 28% des ménages de la capitale camerounaise de l’énergie électrique depuis le 7 août dernier.

Face à cette situation, le gouvernement, en collaboration avec les sociétés ENEO et SONATREL, respectivement en charge de la production et du transport du courant, a décidé de mettre sur pied un programme de rationnement de l’énergie.

«Nous avons décidé de procéder de manière rotative, au retrait des lignes. C’est ce qu’on appelle le délestage. Mais en même temps, nous avons privilégié les points les plus sensibles: les hôpitaux, la CRTV, les endroits de pompage d’eau etc.», indique Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie.

Les habitants de Yaoundé sont donc obligés de s’adapter comme ils peuvent. «Quand il y a le courant, on s’arrange à faire tous les travaux qui nécessitent l’utilisation de cette énergie. Et quand le courant est parti, on travaille sur autre chose», explique Mathieu M, propriétaire d’une menuiserie au quartier Biyem-Assi.

A côte de cette parade, d’autres ont opté pour des solutions plus pratiques, mais couteuses à l’instar de l’achat d’un générateur.

Les travaux sur le poste défectueux ont déjà commencé. A ce jour, ils sont à près de 50%, affirment les autorités, qui annoncent les premiers tests à la fin de cette semaine.

En attendant, les Yaoundéens continuent de broyer du noir.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
 @t_b_d
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique