Cameroun - Crise anglophone: Accusé de non dénonciation et de propagation de fausses nouvelles, Leo Awaghang recouvre la liberté sous caution

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Mar-2018 - 19h38   10460                      
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Detenu libere Centre Droits de l'homme
Parmi les nombreuses personnes détenues au secret par les forces de défense et de sécurité dans le cadre de la lutte contre les sécessionnistes et leurs complices, le jeune Awaghang Leo Ambeapi, malade cardiaque, a été remis en liberté après plus d’un mois de détention.

Selon des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, plusieurs personnes soupçonnées d’être des complices des sécessionnistes qui ont engagé une lutte armée depuis six mois pour l’indépendance des Régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest, sont interpellées et gardées au secret par les forces de défense et de sécurité.

C’est le cas du jeune Leo Ambeapi Awaghang. Alors qu’il se trouvait dans un magasin à Wum, ville chef-lieu du département du Menchum, Région du Nord-Ouest, il est arrêté par des éléments de la gendarmerie. Accusé de non dénonciation et de propagation de fausses nouvelles, Leo Ambeapi Awaghang est conduit de force dans les locaux de la gendarmerie où il est détenu dans des conditions inhumaines alors qu’il souffre d’une maladie cardiaque, selon ses parents.

Informé de cette situation, le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique que préside l’avocat Agbor Nkongho est entré en négociation avec les autorités pour obtenir la libération du jeune Leo Ambeapi Awaghang. Ce dernier a finalement été remis en liberté mais sous caution.

« Le 27 février 2017, nous avons dénoncé les conditions d'arrestation et de détention d'un patient cardiaque Awaghang Leo AMBEAPI. Je suis heureux d'annoncer aujourd'hui que Awaghang Leo AMBEAPI a été libéré sous caution et continuera de recevoir des soins médicaux à côté de sa famille. Il souffre d'une maladie cardiaque et a un pacemaker dans la poitrine. Il a été enlevé dans un magasin du Mile 50 à Wum par des gendarmes armés le dimanche 4 février 2018. Il était accusé de non dénonciation et de propagation de fausses nouvelles. Leo a été détenu au secret, il s'est évanoui plusieurs fois en prison, il a été menotté à un lit d'hôpital, ses parents ont tenté de fournir ses médicaments et la réponse de la Wum Gendarmerie Company a été : "Quand il s'agit de sécurité nationale, t importe". Sa libération sous caution est un pas dans la bonne direction et j'exhorte les autorités à abandonner les accusations portées contre lui » explique Maitre Agbor Nkongho qui a lui-même passé huit mois en détention à Yaoundé toujours dans le cadre de la crise dite anglophone.

Auteur:
Adeline ATANGANA
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