Cameroun - Crise anglophone: L’armée répond à Amnesty international

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Jun-2018 - 17h05   13407                      
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Colonel Didier Badjeck Archives
Au front de la guerre contre les terroristes, l’armée a souvent laissé le porte-parole du gouvernement camerounais répondre aux critiques des organisations de défense des droits de l’homme contre elle. La grande muette a décidé cette fois-ci de rompre le silence.

Le 12 juin 2018, Amnesty international a publié un nouveau rapport sur les plus flagrantes violations des droits de l’homme enregistrées dans la guerre qui oppose les terroristes sécessionnistes aux forces de défense et de sécurité dans les Régions anglophones du Cameroun.

Pour la première fois, ou presque, l’ONG spécialisée dans la défense des droits de l’homme, a vertement critiqué à la fois les exactions de l’armée régulièrement et celles des rebelles. Sur la base des témoignages et des images satellites, l’organisation de défense des droits humaines dénonce une escalade de la violence caractérisée par des homicides aveugles. Amnesty international cite les populations civiles comme les principales victimes.

Cependant, les forces de défense et de sécurité camerounaises, très souvent la cible des réprimandes d’Amnesty international, ne se contentent pas du fait que les séparatistes ont été aussi épinglés cette fois ci par Amnesty international. L’armée régulière qui est accusée explicitement dans le dernier rapport d’avoir torturé et assassiné des présumés innocents, trouve à redire sur les conclusions de l’enquête de l’organisation de défense des droits humains.

«Le rapport d' Amnesty International persiste dans la diabolisation de l'Armée camerounaise que cette ONG met au même niveau que de simples terroristes. L'Etat a le monopole de la violence légitime. Malheureusement dans ce rapport, il existe encore une fois, beaucoup d'incohérences qui vont être détricotées, et qui étayent un acharnement injustifié glissant vers une rhétorique. Deuxième point: suite à une opération menée par les Forces de Défense et la DGRE à Teke (Kumba) visant à maintenir la sécurité dans cette zone, les Forces régulières ont été accrochées par un groupe terroriste. Au cours des échanges, 6 assaillants ont été neutralisés et d'importantes quantités d'armes et munitions ont été saisies, ainsi que des moyens de transmission. Dans le cas d'espèce, fallait-il demander une autorisation pour se défendre, où demander aux terroristes de lever les mains et nous suivre au poste de Gendarmerie » se défend Colonel Didier Badjeck, chef de la Division communication au ministère de la Défense.

La passe d’armes entre la célèbre ONG dont le siège est à Londres au Royaume-Uni et les autorités camerounaises va se poursuivre dans la sortie annoncée d’Issa Tchiroma, ministre de la communication, porte-parole du gouvernement.

Auteur:
Adeline ATANGANA
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