Cameroun - Insécurité: Des braconniers dictent leur loi au parc national de Nki (EST)

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 17-Apr-2019 - 15h17   1989                      
0
Produits issus du braconnage Archives
Des ex-rebelles centrafricains et congolais lourdement armés sont accusés de décimer la population faunique de cette aire protégée.

«L’appétit des braconniers dans le parc est sans limite malgré les efforts que nous déployons pour les dissuader » s’inquiète Jean Siroma, le conservateur du parc national de Nki dans la région de l’Est dans les colonnes du quotidien le jour. Dans son édition du 17 avril 2019, le journal affirme que l’activité de braconnage prend des proportions très inquiétantes.

Les multiples efforts des éco gardes aboutissent très souvent à des saisies dont les ventes aux enchères embellissent les caisses du trésor public, force néanmoins est de reconnaître que les espèces fauniques du parc national de Nki sont de manière permanente menacées.

D’après les statistiques de la conservation du Parc national de Nki à Ngoyla, en une année (2017 - 2018), une enveloppe d’environ un million de recettes a été collectée au titre des ventes aux enchères des cargaisons d’espèces protégées saisies par les éco gardes.  «Parmi les espèces qu’on retrouvait le plus figuraient: les biches, le sitatunga , et le chat tigre . Ce sont des espèces dont la chasse est soumise à une autorisation de chasse, mais aussi des espèces entièrement protégées à l’instar des gorilles, le céphalophe, les éléphants etc.…», soutient  Julien Abena, un éco garde.

Les responsables du parc, accusent  des ex-rebelles centrafricains et congolais lourdement armés de  décimer  la population faunique.  Ils profitent de la porosité de la frontière entre le Cameroun, le Congo et la Centrafrique.  Des populations riveraines du parc qui pour des raisons de subsistance abattent toute espèce sur leurs chemins  sont également pointées du doigt.

«Durant la même période, nous avons pu saisir des mains des braconniers 3 Kalachnikov A4, 47 armes de calibre 12 ainsi qu’un bon stock de munitions. L’intensification du braconnage dans le parc national de Nki est motivée par l’augmentation exponentielle du prix de l’ivoire sur le marché aussi bien en Europe qu’en Asie», affirme le conservateur.

 Le parc national de Nki a une superficie de 309.365 hectares qui rasent six arrondissements situés dans deux départements notamment ceux du Haut Nyong et de la Boumba et Ngoko. Mais seuls 33 éco gardes sous-équipés se déploient au quotidien à assurer la sécurité de cet immense espace forestier. Or selon les standards de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un éco garde doit assurer la garde d’une superficie de 5000 hectares, précise le jour.

 

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique