Cameroun - Prisonniers de la crise anglophone: 110 détenus libérés à Yaoundé

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 17-Dec-2018 - 18h23   2852                      
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Prison centrale de Kondengui Archives
Leur libération fait suite au décret rendu public par le président de la République, Paul Biya, ordonnant l’arrêt des poursuites judiciaires contre 289 détenus de la crise anglophone.

Les poursuites contre ces présumés membres des groupes armés auteurs des tueries, violences et destructions de biens publics et privés étaient pendantes devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Devant une foule de journalistes, membres des forces de sécurité, parents, amis et connaissances, la présidente de l’audience publique au tribunal militaire de Yaoundé, le colonel Abega Mbezoa épouse Eko Eko a rendu vendredi dernier la décision de remise en liberté des 110 détenus.

Cette sentence est survenue à la suite de la lecture par le greffier de la liste des bénéficiaires de la mesure présidentielle, relate Essingan du lundi 17 décembre 2018. Bien évidemment, le ministère public représenté par le commissaire du gouvernement, le chef d’escadron Thaddée Eric Constant Engono aura fait une brève réquisition.

C’est d’ailleurs sous son encadrement strict que la suite des opérations se fera aussi bien à la prison central de’ Yaoundé qu’au Camp Yeyap de la gendarmerie nationale de Yaoundé. C’est cependant vers minuit dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 que les 110 de Yaoundé ont effectivement pris la direction de leurs destinations respectives, apprend-on.

Les chefs d'accusation retenus contre ces derniers étaient en effet de divers degrés, cumulativement ou alternativement: défaut de carte nationale d'identité, apologie de terrorisme, acte de terrorisme, hostilité contre la patrie, port d'armes et munitions, conspiration d'acte de terrorisme etc.

L’arrêt des poursuites ordonné intervient après la création d’un Comité national de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR) qui devait œuvrer auprès des combattants sécessionnistes du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et des repentis de Boko Haram.

«Cette décision du chef de l’Etat procède de sa volonté de permettre à ceux de nos jeunes compatriotes de ces deux régions désireux de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin de pouvoir nouveau participer à la grande œuvre de construction nationale», indique Ferdinand Ngoh Noph dans un communiqué rendu public jeudi, 13 décembre 2018.

Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense précise que cette mesure concerne uniquement les personnes dont l’examen approfondi des dossiers pendants devant des juridictions militaires et les dossiers d’enquêtes en cours ont fait ressortir à leur encontre des charges d’une amplitude de gravité relative.

Elle ne concerne donc pas les criminels, assassins et autres dangereux terroristes, ainsi que les commanditaires et planificateurs de la pernicieuse crise sécuritaire en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La justice poursuit sereinement son cours pour le cas de ces derniers.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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