Cameroun - Tribunaux: La grève des avocats est effective!

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 16-Sep-2019 - 18h14   4859                      
3
Avocats du Cameroun Archives
Comme annoncé, les hommes en robe ont effectivement déserté les prétoires au premier jour de leur mouvement d’humeur.

Au Tribunal de Première Instance (TPI) de Yaoundé-Ekounou, il est 10h ce lundi 16 septembre 2019 lorsque le reporter de Cameroon-Info.Net fait son entrée dans la salle d’audience.

La juge présente avec un substitut du procureur, est contrainte de renvoyer l’audience à une date ultérieure. Et pour cause, l’avocat du justiciable présent devant la barre n’a pas effectué le déplacement.

«Mon avocat m’a dit qu’il ne sera pas là pendant une semaine et qu’il n’y aurait aucun avocat dans les tribunaux», indique M. O. Gérard, dont le procès a été reporté.

Plusieurs affaires connaitront le même sort. Les hommes en noir ont donc respecté leur mot d’ordre de grève au premier jour de quatre jours.

Le conseil de l’Ordre des avocats du Cameroun, réuni le 31 août 2019 à Yaoundé, a décidé de la suspension du port de la robe et la non-fréquentation des cours et tribunaux sur toute l’étendue du territoire national pendant cinq jours, du 16 au 20 septembre 2019.

Ce conseil, présidé par le Bâtonnier, Me Charles Tchakoute Patié, dénonce de nombreuses entraves à l’exercice de la profession d’avocat au Cameroun:

  • très souvent, le libre accès des avocats à leurs clients dans les lieux de détention (Secrétariat d’Etat à la Défense, commissariats de police, brigades de gendarmerie et prison) leur est refusé;
  • Les droits de la défense consacrés par les lois et traités internationaux ratifiés par le Cameroun, sont de manière récurrente violés, tant à la phase d’enquête préliminaire qu’à celles d’instruction de jugement;
  • L’exigence des frais de justice abusifs;
  • L’accaparement des dossiers par certains chefs de juridictions, créant ainsi un engorgement artificiel à l’origine des lenteurs judiciaires inacceptables;
  • La récurrence des attaques physiques sur les avocats par les agents de la force de l’ordre etc.

Malgré les assurances du gouvernement d’une amélioration de la situation, les avocats ont décidé d’observer leur grève. C’est que le Conseil de l’ordre s’est réuni hier dimanche, pour lever le mot d’ordre de boycott. Mais l’entreprise a échoué faute de quorum atteint par l’organe.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
 @t_b_d
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique