Cameroun - Climat sociopolitique/Engelbert Lebon Datchoua (MRC): «Ce régime n’apprend pas de ses erreurs. Ce qui se vit actuellement est exactement pareil qu’au début de la crise anglophone en 2016»

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Nov-2020 - 08h23   7340                      
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Engelbert Lebon Datchoua capture d'écran
L’homme politique dénonce ce qu’il considère comme une forme d’ensauvagement de l’Etat dans notre pays.

Au Cameroun, les crises s’amoncèlent depuis 2016. Au conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, s’est mêlée une crise sociopolitique consécutive à l’élection présidentielle de 2018. Depuis, des leaders politiques, acteurs de société civile, journalistes et même avocats sont régulièrement arrêtés et écroués dans les prisons au terme de procédures presque toujours contestées.

Ainsi, depuis le 21 septembre 2020, l’opposant Maurice Kamto est assigné à résidence à son domicile à Yaoundé. Le leader du MRC avait appelé à une marche en vue de demander le départ du pouvoir de Paul Biya, en poste depuis 38 ans. Ses partisans dénoncent une séquestration. Dans la cadre de la même affaire, des dizaines de militants de ce parti, parmi lesquels Alain Fogue et Olivier Bibou Nissack, ont récemment été placés en détention provisoire dans différentes prisons du pays.

A côté de cela, des avocats viennent d’être jetés en prison à la suite d’un incident survenu le 10 novembre 2020 au Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo. Incident au cours duquel les hommes et femmes en Robe noire avaient été chargés par les policiers en pleine salle d’audience.

Face à la situation, le Barreau du Cameroun annonce la suspension du port de la Robe du 30 novembre au 4 décembre prochain, ainsi que la suspension, jusqu’à nouvel avis, de toute intervention devant les juridictions statuant en matière criminelle et de contentieux électoral.

Pour Engelbert Lebon Datchoua, secrétaire délégué à la jeunesse, aux affaires culturelles et sportives du MRC, cette situation rappelle le début de la crise anglophone. «Ce régime n’apprend pas de ses erreurs. Ce qui se vit actuellement est exactement pareil qu’au début de la crise anglophone en 2016. Des gens avaient voulu exprimer des choses, on les a maltraités, on a maltraité des étudiants, on a envoyé des avocats en prison, on a envoyé le vieux Ayah (Paul Abine, NDLR) en prison, haut-magistrat de son grade. Et plus tard des tueries ont commencé… Ce qui s’est passé en zone anglophone est en train de traverser le Moungo. Faisons attention», a-t-il déclaré au cours de l’émission ‘‘Droit de Réponse’’ sur Equinoxe Télévision le 22 novembre 2020.

 

Auteur:
Fred BIHINA
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