Afrique - Libre-échange: La Camerounaise Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la CEA, exhorte les secteurs privé et public africains à coopérer pour le succès de la ZLECA

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 02-Jan-2021 - 17h20   10890                      
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Vera Songwe Archives
La Zone de libre-échange continentale africaine est opérationnelle depuis le 1er janvier 2021.

Vera Songwe est optimiste mais prudente. « Pour que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) tienne ses promesses, les secteurs privé et public du continent doivent travailler ensemble », a déclaré la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), lors du lancement virtuel du début des échanges de la ZLECA le 1er janvier 2021. Elle soutient que si cela est établi correctement, la ZLECA « sera le plan qui imposera des investissements, une innovation rapide et enfin de compte, une croissance et une prospérité pour l’Afrique ».

L’opérationnalité de la ZLECA vise notamment à augmenter le commerce intra-africain de 15% à 25 % d’ici 2040, selon la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (UNECA). Mais elle intervient dans un contexte de sévérité de Covid-19, au point où certains analystes ont émis des réserves sur la date de l’opérationnalité. Selon eux, elle devrait être repoussée pour mieux préparer le terrain.

D’autres croient par contre que la pandémie doit être un catalyseur pour booster cette intégration régionale. Les acteurs commerciaux s’impatientent de découvrir les nouvelles règles du  jeu de ce marché de libre-échange. Selon une récente étude,  les pays n’ont pas encore trouvé de consensus  sur les critères à utiliser sur le cadre de convergence macroéconomique continental ainsi que sur les étapes et le mécanisme de suivi. Le risque de voir la ZLECA buter sur des questions d’ordre politique, juridique, infrastructurel, financier et sécuritaire est très avancé par certains économistes.

La ZLECA est le plus grand accord commercial au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec le potentiel de rassembler plus de 1,2 milliard de personnes dans un bloc économique de 2500 milliards de dollars et d’inaugurer une nouvelle ère de développement. Il a le potentiel de générer de nombreux avantages en soutenant la création d’échanges, la transformation structurelle, l’emploi productif et la réduction de la pauvreté.

L’Accord est entré en vigueur le 30 mai 2019 après la ratification du traité par 22 pays - le nombre minimum requis en vertu du traité. Les échanges devaient initialement commencer le 1er juillet 2020, mais ont été reportés de six mois en raison de la pandémie de Covid-19. L’Érythrée est le seul pays à n’avoir pas encore pris d’engagement envers l’organe continental.

Auteur:
Frédéric NONOS
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