Cameroun - Prise de position/Lady Ponce (artiste musicienne): «mon souhait c'est que le prochain Président Camerounais soit anglophone et non francophone»

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Oct-2020 - 16h37   20420                      
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Lady Ponce Archives
La star du Bikutsi a publié un long texte sur sa page Facebook ce 23 octobre 2020, à travers lequel elle prend position dans le débat en cours sur l’engagement des artistes.

Le débat est né de l’actualité au Nigeria. Plusieurs artistes de ce pays voisin, parmi lesquels Flavour et Davido, ont participé il y a quelques jours, à une marche de protestation contre les violences policières.

Faisant suite à ces rassemblements, plusieurs observateurs, dont certains militants et sympathisants du MRC, le parti de Maurice Kamto, ont publiquement pointé les artistes camerounais, les accusant de ne pas s’engager suffisamment dans la dénonciation des tares de notre pays.

Réagissant à ces attaques, l’artiste Lady Ponce a publié un volumineux message ce vendredi sur sa page Facebook. La star du Bikutsi prend la défense de ses collègues en soutenant que les artistes camerounais ne sont pas assez soutenus par leur peuple.

Pourtant, dit-elle, ces artistes prennent des positions publiques pour dénoncer la marche du pays. Mais en retour, regrette Adèle Ruffine Ngono, ils reçoivent quolibets, railleries et menaces. Elle cite en exemple son cas personnel au sujet de la crise anglophone et celui de Charlotte Dipanda relativement à l’alternance au sommet de l’Etat.

Sur ce dernier point précisément, l’auteure du titre ‘‘Le ventre et le bas ventre’’ a son avis. Après Paul Biya, elle milite pour l’arrivée au pouvoir d’un Camerounais originaire de la zone anglophone.

«Je suis pour le peuple, pour un changement, mais jamais pour un parti politique, et s'il fallait donner mon avis pour l'après, je dirais sans hésiter, un seul instant mon souhait c'est que le prochain Président camerounais soit anglophone et non francophone Il est temps d'essayer avec la culture anglophone. La plupart des pays francophones ont presque tous les mêmes problèmes en Afrique. Nous avons la chance d'être bilingue, donc je suis pour un développement qui arrangera tous les Camerounais», défend Lady Ponce.

Voici l’intégralité de son texte:

Quand c'est vrai, je valide. Merci mon frère Maahlox, tu as tout dit. Il y'a beaucoup de vérités dans ton direct.

Ce que tu décris là  je l'ai vécu, j'avais parlé de ce qui se passe au NOSO dès le début pendant mon spectacle à la Cigale.

J'ai même parlé et chanté pour dénoncer le tribalisme depuis 2012 parce que beaucoup faisaient semblant de ne pas voir le tribalisme envahir nos frères qui vivent à l'occident.

Moi j'ai été témoin de beaucoup de choses. Je l'ai dénoncé parce que ce pays est l'héritage que nos aïeux nous ont légués et l'héritage que nous allons léguer à  nos enfants et petits-enfants.

Je peux le dire, j'étais parmi les premières artistes à  dénoncer ouvertement ce qui se passe chez nous au NOSO. 

Mais je n'ose pas dire le retour négatif du  peuple Camerounais. Les menaces que j'ai reçues, de certains de ceux qui, aujourd'hui, utilisent le problème du NOSO, pour leurs fins politiques.

J'ai été copieusement insultée. Aujourd'hui vous prenez l'exemple chez les artistes Nigeria ? Tant bien même qu'un artiste de chez vous, fait ce qui est bien, est-ce que vous voyez même ?

Vous vous en foutez. Combien parmi vous  m'ont  défendue ? 

Alors que  je jouais mon rôle d'ambassadrice de la paix, que je suis. 

Nous artistes, nous sommes avant tout les partisans de la paix et de l'équilibre.

Nous devons dénoncer les injustices et les abus dont nos citoyens sont victimes, oui c'est notre rôle. 

Malheureusement dans mon pays, c'est les mêmes citoyens que nous essayons de défendre qui vont d'abord s'indigner, t'insulter et t'afficher  en t'accusant parfois de vouloir choisir des camps de partis  politiques. 

C'est maintenant que vous voulez mélanger, le NOSO pour vos intérêts politiques ?

Vous m'avez insultée ici sur les réseaux sociaux en me traitant d'illettrée, de fille de joie, de celle qui pense qu'elle est arrivée ...... humm, pour ne citer que ça.

Oui, Je suis illettrée mais plus sage que certains intellectuels qui se pavanent sur Facebook pour prôner la division et le tribalisme. Il y'a la sagesse de la vie que je possède et la connaissance intellectuelle acquise à l'école.

Je préfère mille fois rester illettrée que de ressembler à ces intellectuels-là qui font la politique du ventre et des intérêts.  

Moi, personnellement je déteste la politique et tous les politiciens de ma famille le savent.

 

Pendant que je me faisais lyncher par certains médias au Cameroun et sur les réseaux sociaux, tout simplement parce que j'avais joué mon rôle de citoyenne de la paix, seuls les Camerounais d'expression anglaise dits "anglophones", m'ont défendue.

 Je compte les quelques francophones qui m'ont apportée leurs soutiens.

Et certains ont même accusé mon grand frère J. Point Rémi Ngono, de m'entraîner dans la politique alors que le pauvre ne connaissait pas que j'avais prévu le faire, ni aucun membre de  mon équipe n'était au courant.

Si je leur disais ce que j'avais prévu de faire je suis sûre, qu'ils m'auraient dit non, c'est  une mauvaise idée. 

Je peux le confirmer à cette époque, certains francophones s'en foutaient pas mal de ce qui se passe au NOSO. Beaucoup de francophones ne se sentaient mêmes pas concernés. 

Ils faisaient comme si  cette partie du pays, n'était pas au Cameroun.

Comme si, c'était des étrangers qui étaient de ce côté du Cameroun, alors que nous sommes tous frères. 

Je ne compte pas le nombre de mes amis que j'ai aidés, pour faire quitter leurs familles des zones de guerre au NOSO.

On cotisait pour payer leur escorte jusqu'à Douala. 

Aujourd'hui, je sais que cela arrange certains partis politiques, d'utiliser les artistes pour leurs propres intérêts. Vous voulez vraiment qu'on s'indigne des injustices et de ce qui se passe au NOSO ?

Oui beaucoup d'artistes le veulent et le font même déjà en faisant des dons.

Parce que, c'est ce que plusieurs ont préféré choisir d'apporter leurs soutiens. Tout simplement parce que nous sommes des artistes camerounais.

Je veux dire, plusieurs artistes ont peur de vous, oui, de vous le peuple.  Parce que vous nous faites plus peur que ceux qui nous gouvernent. Vos insultes effraient et font peur à la nouvelle génération.

Nous avons nos aînés artistes qui dénoncent ses injustices et ont concentré leurs carrières uniquement à la dénonciation.

Qu'en avez-vous fait ? Il a fallu que certains entrent dans les partis politiques, pour que ces partis politiques les soutiennent.

Alors que c'est le peuple qui devait leur apporter le soutien et non les partis politiques.

Certains même dans leurs albums dénoncent cela. Combien de  spectacles ont-ils eu ? Ceux qui se sont presque sacrifiés pour défendre les causes nobles pour le développement et le  changement dans notre pays, qu'avez-vous fait d'eux, quand ils se sont retrouvés dans la merde ?

Vous vous êtes réjouis en vous moquant de ce qui leur arrivait. Nous savons que malgré tout c'est votre soutien qui nous amène au top, mais le prix à payer avec vous la plupart du temps c'est les insultes, le dénigrement, les menaces d'annulation de nos spectacles....... Et rassurez-vous les insultes,  je peux vous le dire, cela peut psychologiquement laisser des séquelles, dans la vie de certaines personnes.

Parce que, croyez-moi, ce n'est pas facile de toujours supporter vos mauvaises bouches.

À chaque fois qu'un artiste croit bien faire, ce qu'il reçoit en retour...... Humm.

Nous voulons presque tous le changement, mais sans nous imposer à adhérer dans un parti politique en essayant de la  manipulation.

Parce que, vous faites de la récupération, ma collègue artiste a dit ce que beaucoup de Camerounais n'osent pas dire plus haut ici sans insulter ou encore manquer du respect au Président actuel.

Elle avait juste donné son opinion, ce qui est normal dans un pays qui se dit démocratique. Mais vous l'avez copieusement insultée, pendant presqu'une semaine.

Le problème avec vous c'est que vous voulez nous dicter notre conduite.  

Retenez ceci, nous sommes des partisans de la paix et du changement.

Nous appartenons au peuples et non aux personnes ou encore aux partis politiques. 

À la Cigale j'ai accordé quelques minutes de silence pour le NOSO, et j'ai dit: ‘‘je suis Bamenda", oui je suis également toutes les 10 régions du Cameroun.

Et même pour le Grand-Nord, je demandais souvent des minutes de silence et nous les artistes avons même fait une chanson pour ça.

Moi je suis et resterai à jamais reconnaissante à tous les Camerounais parce qu'ils ont presque tous contribué à ma réussite.

C'est la raison pour laquelle, je ne pourrais choisir un parti politique. Ou encore une ethnie.

Aujourd'hui, je vous vois parler du NOSO comme si vraiment ce qui se passe là-bas a commencé hier ?

Vous vous y intéressés vraiment, actuellement ?

Ou alors certains font juste de la récupération politique ?

Ce problème nous concerne tous.

Parce que ce pays, nous appartient à tous. Je ne m'arrêterais jamais de dénoncer ou encore de continuer mes œuvres caritatives parce que vous êtes des sans confiance et des lâches qui se cachent derrière les faux profils pour dénoncer, alors que vous n'arrivez même pas à envoyer une bouteille d'eau pour nos jeunes qui se trouvent dans ces zones-là.

Mais vous aboyez sur Facebook... Est-ce que vous êtes sûrs que si on fait une marche de la paix, vous allez nous suivre ? J'en doute. Comprenez que ce n’est pas le problème d'un parti politique.

 C'est là, le véritable problème avec vos mouvements pour le changement. 

Je suis pour le peuple, pour un changement, mais jamais pour un parti politique, et s'il fallait donner mon avis pour l'après, je dirai sans hésiter, un seul instant mon souhait c'est que le prochain Président Camerounais soit anglophone et non francophone.

Il est temps d'essayer avec la culture anglophone.

La plupart des pays francophones ont presque tous les mêmes problèmes en Afrique.

Nous avons la chance d'être bilingue, donc je suis pour un développement qui arrangera tous les Camerounais.

Oui, nous voulons tous le changement.

Un changement sans verser le sang, un changement sans division et sans tribalisme.

Auteur:
Fred BIHINA
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