Burkina Faso: Le Parlement européen conseille aux nouvelles autorités de ne pas recourir au groupe «Wagner»

Par AA/Ouagadougou/Dramane Traoré | AA
Ouagadougou - 05-Nov-2022 - 22h55   10939                      
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Les mercenaires du groupe Wagner Archives
Le Parlement européen a déclaré dans l’une de ses résolution qu’un groupe d’entreprises militaires russes a écrit aux chefs du coup d’État au Burkina Faso pour proposer de former l’armée du pays dans sa lutte contre le terrorisme

Le Parlement européen a déconseillé aux nouvelles autorités au pouvoir au Burkina Faso depuis le 30 septembre dernier, suite à un coup d’Etat, de ne pas recourir au groupe « Wagner » pour former leur armée ou parvenir à la stabilité, a-t-on appris samedi de source officielle à Ouagadougou, qui cite une résolution de l'organe parlementaire de l'UE.

Dans sa résolution consultée par l’Agence Anadolu, le Parlement européen se dit « profondément préoccupé par les activités du groupe russe Wagner dans la région du Sahel et conseille vivement aux autorités burkinabè de ne pas recourir au groupe Wagner pour former leur armée ou parvenir à la stabilité ».

Le document rappelle également aux autorités burkinabè « que le recours à des entreprises militaires privées telles que le groupe Wagner va à l’encontre de l’objectif d’apporter la paix, la sécurité et la stabilité au Burkina Faso et au Sahel ».

Le Parlement européen a affirmé que le groupe Wagner, entité militaire russe privée, continue d’étendre ses activités dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest et qu’un groupe d’entreprises militaires russes a écrit aux nouvelles autorités au Burkina Faso pour « proposer de former l’armée du pays dans sa lutte contre les (terroristes) », alors que selon la même source « le groupe russe Wagner a commis de nombreux crimes de guerre dans la région ».

Début octobre, le Russe Evgueni Viktorovitch Prigojine, fondateur du groupe paramilitaire russe « Wagner », avait déclaré dans une publication sur les réseaux sociaux de son entreprise Concord, qu’il soutenait le capitaine Ibrahim Traoré, nouvel homme fort du Burkina, qui a renversé le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Le Parlement européen a condamné « avec la plus grande fermeté » le coup d’État militaire du 30 septembre 2022 au Burkina Faso et prié le nouveau gouvernement de transition de respecter le calendrier convenu afin de rétablir l’ordre constitutionnel et de revenir à un gouvernement démocratiquement élu sous l’égide de civils.

Revenant sur les évènements qui se sont produits lors du putsch, le Parlement européen a condamné les attaques perpétrées par la foule contre l’ambassade de France et l’Institut Français au Burkina Faso et s’est « déclaré préoccupé par le volume croissant de campagnes de désinformation russes malveillantes au Burkina Faso ».

La situation sécuritaire au Burkina Faso est marquée par des attaques terroristes depuis 2015 dans plusieurs régions du pays qui ont fait de nombreuses victimes et des milliers de déplacés internes, alors que plus de 40% du territoire échappe au contrôle de l’Etat, selon les chiffres officiels.

En outre, à la date du 7 octobre 2022, le pays enregistrait 4 609 établissements scolaires fermés en raison de l’insécurité, selon le ministère en charge de l’Education.

Le Parlement européen a demandé à l’Union européenne et à ses États membres d’accroître leur soutien financier et leur aide humanitaire à la société civile afin de répondre aux besoins urgents de la population du Burkina Faso, en particulier ceux des personnes déplacées et des réfugiés dans les pays voisins.

Le 30 octobre dernier, lors d'un entretien accordé à la télévision publique (RTB), le Premier ministre de la transition burkinabè, Apollinaire Joachim Kyelem de Tambela, a abordé la question de la coopération internationale rappelant que « toute coopération qui contribue à renforcer la souveraineté du Burkina Faso et à améliorer les conditions de vie des Burkinabè est la bienvenue, d'où qu'elle vienne ».

S’agissant plus précisément de la coopération militaire avec la Russie réclamée par des manifestants dans la foulée du coup d’Etat du 30 septembre, il avait déclaré : « Peut-être qu’avec la nouvelle donne sécuritaire nous réexaminerons nos rapports avec la Russie pour voir s’il faut la renforcer dans un secteur ou pas, s’il faut la réorienter dans l’intérêt du Burkina Faso et dans le respect de sa souveraineté ».

AA/Ouagadougou/Dramane Traoré





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