Cameroun – Appel à la candidature de Franck Biya à la présidentielle de 2025/Me Désiré Sikati (MRC) : «Cela peut causer un trouble à l’ordre public. C’est même un appel à l’émeute »

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-Jul-2022 - 20h26   7508                      
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Me Désiré Sikati sur Radio Balafon le 12 Juillet 2022 capture d'écran
Le secrétaire national aux droits de l’homme du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pense qu’il s’agit d’un ballon d’essai actionné dans le but de préparer les esprits à accepter un dirigeant au pouvoir imposé par la volonté de leurs commanditaires.

La  banderole déployée à Yaoundé la semaine écoulée  laquelle comportait un message appelant le fils du président camerounais, Franck Biya, à briguer le poste de président de la République en 2025 continue de susciter des réactions. L’une d’elles a été enregistrée ce 12 Juillet 2022 sur Radio Balafon, une antenne émettant de Douala. L’invité de la matinale Me Désiré Sikati, l’a commentée. Le secrétaire national aux droits de l’homme au sein du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) souhaite tout d’abord qu’il n’y ait pas de succession dynastique dans le pays et appelle Paul Biya à tenir parole. « Quand on parle de cette question de succession du Palais, une succession à la limite familiale, il faut toujours se rappeler une interview de Monsieur Biya donnée, je pense, à un journaliste de France 24 où on lui avait posé la question de savoir si après lui ça ne se passera pas comme dans d’autres pays Africains où des enfants de chefs d’Etat ont pris le pouvoir à la suite de leurs pères. Paul Biya avait répondu que le Cameroun n’est pas un royaume. Donc, que le moment venu, les élections seront organisées de façon démocratique et que le peuple va choisir. Je voudrais prendre Monsieur Biya au mot », réagit-il. .

Ce n’est pas pour autant que l’opposant souhaite l’exclusion de Biya fils du jeu électoral. Il soutient que celui-ci a le droit de se présenter à la présidentielle parce que Camerounais. Cependant, il voudrait que le fils du président Paul Biya participe à un scrutin libre, équitable et transparent. « Cela n’exclut pas son fils, mais le jeu que nous ne voulons pas, c’est le jeu de la succession du palais, c’est le jeu de la transmission du pouvoir de gré à gré. C’est-à-dire un arrangement soit au sein de la famille du chef de l’Etat, soit au sein de son parti politique. Monsieur Franck Biya, c’est un Camerounais, il a le droit d’avoir des aspirations présidentielles. Mais il faudrait qu’elles se déroulent dans le cadre du respect des valeurs démocratiques. Cela veut dire que s’il veut être président, qu’il se présente comme tout le monde à la tête d’un parti politique ou bien qu’il soit investi comme le code électoral le demande, mais que les élections soient organisées de façon transparente, démocratique et que les Camerounais choisissent librement leur président. Si les élections sont transparentes et démocratiques et que monsieur Franck Biya est choisi, je pense que nous-mêmes au sein du MRC, on est des démocrates, on va accepter cela. Il ne doit pas être exclu parce qu’il est le fils du président de la République.  Nous ne sommes pas pour l’exclusion. Tous les candidats doivent être logés à la même enseigne et les institutions de la république ne doivent pas être au service de certains candidats. Parce que des banderoles en plein centre-ville de Yaoundé où on fait des appels du pied à monsieur  Franck Biya et on sait très bien que pour installer une banderole pareille il faut que les autorités administratives soient d’accord. Si les autorités administratives ne réagissent pas cela veut dire que soit ce sont elles qui sont derrière, soit …. », argumente l’homme politique pour qui la banderole aperçue à Yaoundé ces jours-ci peut être source de conflit.  

« Cela peut causer un trouble à l’ordre public. Non seulement un trouble à l’ordre public, mais c’est même un appel à l’émeute. Ça frustre les autres acteurs politiques qui peuvent être tentés de dire : « à partir du moment où vous prenez fait et cause pour quelqu’un, nous avons aussi le droit de protester pour dire que ce  n’est pas normal », craint le juriste qui assure cependant que le MRC n’a pas l’intention  de « répondre à l’illégalité par l’illégalité », mais suggère qu’il faut « savoir parler aux Camerounais pour qu’ils comprennent que ceux qui prennent ce genre de démarche-là, sont dans une démarche qui tend à préparer les consciences populaires à imposer quelqu’un au pouvoir ». Et de poursuivre : « souvent, c’est un ballon d’essai qu’on envoie comme ça pour voir comment les Camerounais vont réagir. Mais le Cameroun ne peut pas être le Gabon, le Tchad  ou les autres pays où la succession intra familiale est acceptée. Le Cameroun appartient aux Camerounais !  Les Camerounais sont issus de  plusieurs couches différentes », prévient Me Sikati. .                         

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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