Cameroun - Football - Opinion: FIÈVRE DE MONDIAL… (Par Matin Camus MIMB)

Par Martin Camus MIMB | Correspondance
YAOUNDE - 29-Sep-2022 - 21h18   3552                      
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Martin Camus Mimb Archives
"Il n’y a pas un pays qualifié, où les débats passionnés autour de la prochaine Coupe du monde n’existent pas. Ils tournent autour des listes, des joueurs qu’on estime capables de défendre les couleurs ou pas, des choix des sélectionneurs."
Il n’y a pas un pays qualifié, où les débats passionnés autour de la prochaine Coupe du monde n’existent pas. Ils tournent autour des listes, des joueurs qu’on estime capables de défendre les couleurs ou pas, des choix des sélectionneurs. Ces débats justifient la grandeur du rendez-vous. C’est normal. Il y’a même d’autres pays comme la France, où les fédérations nationales sont violemment attaquées sur des questions de mœurs ou de gestion. C’est la fièvre du mondial. Il faut juste l’accepter et la gérer. Avant la Coupe du monde 98, Aimé Jacquet était presque solitaire dans ses convictions de titre. Le journal L'EQUIPE, n’avait fait aucune économie de la violence contre ses choix, et ses orientations. À la fin, il a gagné avec son groupe. Parce qu’il avait des convictions, parce que les critiques les plus acerbes et les plus violentes, aussi vilaines fussent-elles, lui ont permis de se réajuster, de blesser son orgueil et de décupler son envie de victoire. C’est la fièvre du mondial. Et tout cela est utile pour nous améliorer, pour nous réajuster, même nous qui avons le beau rôle de l’observation et des critiques. Parceque si la base de nos actions combinées aussi opposées qu’elles peuvent être est la réussite du Cameroun, on se retrouvera au même point de convergence qui est le succès.
 
Nous avons pris tous la mauvaise habitudes au Cameroun, surtout lorsque ça concerne les Lions Indomptables, de croire que nos émotions sont la raison. Nous les aimons probablement au même niveau, mais nous n’avons ni les mêmes rôles, ni les mêmes responsabilités. Chacun doit juste jouer sa partition. Lorsque le President de la fédération fixe comme cap la victoire finale, il est dans son droit le plus absolu. Son message est destiné au monde, c’est à dire nos adversaires, et à ceux qui doivent bosser pour atteindre cet objectif, c’est à dire les joueurs et leurs encadreurs. Sa déclaration ne doit pas être pour eux un parapluie pour se cacher de la pluie des critiques. Elle doit être la condition de leur propre réajustement. Et c’est leur devoir. Parce que quand le patron fixe les objectifs, donne les moyens aux employés, ils n’ont plus d’excuses.
 
Ce qui veut dire que nous qui sommes au courant de l’objectif fixé, devont juger de l’extérieur, sans aucune concession, le travail produit au jour le jour. Si on doit bitumer 1000 km de route en 1 mois, et que au quinzième jour on n’a pas atteint 500 km, on doit se poser la question sur la capacité des employés à atteindre l’objectif fixé, à tenir les délais. Entendons nous que le patron ne viendra pas faire une conférence pour proclamer l’incapacité de ses employés. Il opère en interne des réajustements pour tenir les délais. N’attendons donc pas du Président qu’il vienne nous annoncer que ses employés ne peuvent pas atteindre les objectifs. Il doit continuer à pousser et à y croire. C’est pourquoi il faut rappeler à nos joueurs que la sévérité avec laquelle ils doivent être jugés, équivaut à l’ambition qui les attend. Nos joueurs doivent individuellement élever leur niveau de jeu, et en un mois, produire les éclairs dans nos yeux. L’argent des grands joueurs qui préparent les grandes compétitions, ne sert juste pas à offrir des sacs de marque et des voitures de luxe aux proches. C’est de s’entourer des spécialistes qui peuvent vous aider à améliorer votre niveau de jeu en dehors de ce que vous faites en club. La pression est donc de votre côté et non de nous qui voulons rêver. En 86 , l’Argentine n’était pas un favori pour le titre. Sa propre presse l’avait massacrée. Diego Maradona tout grand qu’il était en club, avait décidé de se payer un préparateur physique personnel qui le suivait en marge de son équipe et le préparait pour le Mondial.
 
Concentrez vous les gars. Vous avez peut-être pris du retard. Mais il vous reste deux mois pour vous transformer et surprendre. Votre préparation personnelle, ne dépend ni du Président, ni du coach qui a la bonne foi de vous convoquer. C’est une volonté personnelle de vous surpasser. Visiblement, vous n’avez plus d’autre choix que vous surpasser. La fièvre du mondial est là. Courage.
 
Que Dieu vous bénisse !
 
Martin Camus MIMB

 





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