Cameroun – Sanction: Alexis Nguepi conteste son exclusion du MRC et projette de saisir la justice afin d’y retourner

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 05-Aug-2022 - 17h06   5974                      
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Alex Nguepi capture d'écran
Sur ABK Radio ce 5 Août, l’ancien secrétaire adjoint dans la vallée du Ntem remet en cause la procédure ayant débouché sur sa mise à l’écart par le Comité National de Médiation et d’Arbitrage (CNMA).

Le Comité National de Médiation et d’Arbitrage (CNMA) du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) poursuit le nettoyage dans ses rangs. Le nom du second exclu après Emmanuel Kueka, chef de file de mécontents du parti à l'Ouest, est Alexis Nguepi. C’est l’ancien secrétaire adjoint du parti dans la Vallée du Ntem (région du Sud). Il a été « jugé » lui aussi le 2 Août suite là encore à une plainte du secrétaire général Me Christopher Ndong.  Dans son compte-rendu d’audience diffusé depuis jeudi, le CNMA, fait savoir qu’il est sanctionné pour « engagement officiel du parti sans mandat préalable (participation  aux différents débats médiatiques comme militant du MRC sans  être dans la liste des communicants du parti) et le refus manifeste de se conformer à la ligne du Parti et à la discipline du Parti ».

Réagissant ce 5 Août 2022 sur ABK Radio, le condamné a soutenu que la procédure ayant conduit à son exclusion n’a pas été respectée. Il affirme que la commission régionale du Sud n’a pas prouvé qu’elle l’a convoquée avant de le suspendre. Il déclare qu’il s’attendait à un verdict du CNMA plus favorable. « Au lieu que le Comité National de Médiation donne un non-lieu et e rétablisse dans mes droits, ils ont plutôt  créé une nouvelle affaire en disant que j’aurais dit que le MRC n’appartiendrait pas à Kamto et que j’aurais donné de manière implicite on soutien à  Me Michèle Ndoki ».

 Autre grief qu’il porte contre la « cour suprême du MRC »,  la non prise en compte (selon lui) des recours qu’l dit avoir formulés. « Je suis exclu du parti alors que j’ai deux recours dont les décisions n’ont pas été rendues. On a créé un procès Kafkaïen en dix jours, on m’a exclu, mais on a fait fi de la base du problème et de deux autres recours qui datent d’un an. La Commission Nationale de Médiation devait statuer dessus avant de se pencher sur la plainte de Me Christopher Ndong ». Alexis Nguepi croit savoir que des militants du MRC ont formulé des recours auprès de cette instance sans avoir jamais  été entendus.  

Nguepi rappelle que le président national Maurice Kamto avait expliqué à la télévision qu’il n’existe pas de statut qui prévoit l’exclusion des rangs  du MRC.  « Quand j’ai  publié cette vidéo, les gens m’ont fait savoir que c’était en 2018 avant la Convention. J le pose la question. Donc Monsieur Kamto a modifié les statuts en 2018 sans que je ne sois ai courant ? », s’interroge-t-il avant d’ajouter, sûr de lui : «il y a une disposition statutaire qui est claire. Pour être exclu du MRC, vous faites des recours, ça arrive au niveau de la commission nationale de médiation. Ils donnent leur avis, signent le document, l’envoient au directoire qui siège. Avant de statuer, il s’assure que les procédures vous ayant permis d’arriver jusqu’à lui sont respectées. Ensuite, ils étudient la question sur le plan politique question de savoir si vous pouvez être exclu sur ce plan-là. S’ils sont d’accord pour vous exclure, le président  Maurice Kamto entérine ».

Alexis Nguepi reproche à Kamto de n’avoir pas publié une note « dans laquelle il prend ses responsabilités au nom du directoire » et ne se contente pas d’écrire : « lu et approuvé ». Il déclare que le patron du MRC est « pris en otage » par des membres dudit directoire.  

Lorsque l’on lui demande s’il va ester en justice, Nguepi se dit tenté par cette option.  « Je peux saisir les instances judiciaires du Cameroun. La loi dit que lorsque les recours au niveau de l’organisation sont épuisés, comme c’est une organisation qui exerce au Cameroun, qui est en conformité avec les lois camerounaises, alors vous avez le droit, si vous le souhaitez, de saisir le juge judiciaire.  Et la justice camerounaise peut me remettre dans mes droits. Je peux décider de la saisir ou non. S’il est prouvé que mes droits ont été violés, je peux être rétabli. Pour l’instant, je réfléchis sur cette opportunité. Je pense que j’irai vers cette option-là », annonce le puni.    

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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