Cameroun/Crise Anglophone: Un responsable d'ELECAM tué par des séparatistes

Par AA / Yaoundé / Peter Kum | AA
YAOUNDE - 20-Jan-2023 - 16h07   5294                      
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Siège d'Elections Cameroon Archives
Gilbert Yufola a été abattu mercredi 18 janvier, devant sa résidence à Bamenda dans la région anglophone du Nord-Ouest, a indiqué, vendredi, à Anadolu le gouverneur de la région

Le chef d’antenne de l’arrondissement de Jakiri d'Elections Cameroon (Elecam), l'organe en charge d’organisation des élections au Cameroun, « a été abattu par des terroristes séparatistes, mercredi », a indiqué, vendredi, à Anadolu, Adolphe Lélé Lafrique, gouverneur de la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun.

« Gilbert Yufola a reçu plusieurs balles alors qu’il était devant le portail de sa résidence à Bamenda », chef-lieu de la région du Nord-Ouest, a précisé cette autorité.

Cette nouvelle attaque intervient au lendemain de l’annonce des élections sénatoriales prévues le 12 mars prochain au Cameroun.

Il faut rappeler à l’annonce des élections sénatoriales en début d’année par le président camerounais Paul Biya, plusieurs leaders séparatistes anglophones ont annoncé à travers les réseaux sociaux qu’aucune élection ne se tiendra dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest anglophone du pays. Les séparatistes ont par ailleurs menacé les leaders politiques ainsi les organisateurs des élections.

« Les élections convoquées par le Cameroun le 12 mars sont interdites en Ambazonie (zone anglophone », a annoncé dans un tweet, mardi, Ayaba Cho Lucas, chef du mouvement armée séparatiste (Ambazonia défence force).

Après une période de trêve, les groupes armés séparatistes ont repris les hostilités dans les zones anglophones.

Selon les autorités sécuritaires camerounaises, au moins quatre éléments des forces de défense et de sécurité ont trouvé la mort la semaine dernière en zone anglophone.

Pour rappel, c’est depuis 2016 que les régions du Cameroun anglophone sont le théâtre d’un conflit oublié entre séparatistes et forces gouvernementales.

D’après des études de terrain et des recherches effectuées dans la documentation librement publié en décembre dernier par l’ONG Human Rights Watch, « au moins 4 000 civils ont été tués aussi bien par les forces gouvernementales que par les combattants séparatistes armés » depuis la fin 2016 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les séparatistes réclamant l’indépendance des régions anglophones minoritaires du pays.

 

AA / Yaoundé / Peter Kum





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