Cameroun - Déclaration/Célestin Bedzigui: «A l’heure actuelle, il y a un véritable front, une espèce de guerre civile froide entre les Bamilékés et les Bétis»

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 19-May-2019 - 16h17   15736                      
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Célestin Bedzigui Archives
Pour le président du Parti de l’Alliance Libérale (PAL), si un diagnostic cru n’est pas fait, on ne pourra pas résoudre ce problème.

Célestin Bedzigui, le président du Parti de l’Alliance Libérale était ce 19 mai 2019, l’un des invités de l’émission hebdomadaire «Canal Presse», diffusée sur la chaîne de télévision privée, Canal 2 International.

Au cours de cette émission, consacrée à la fête de l’Unité, l’économiste de formation, a déclaré qu’au «Cameroun à l’heure actuelle, il y a un véritable front, une espèce de guerre civile froide entre les Bamilékés et les Bétis». Malgré les protestations de ses Co-panelistes, le président du PAL réitère ses propos et ajoute qu’on «peut toujours se réfugier dans le déni et ne pas reconnaitre le problème. Mais si on ne fait pas un diagnostic cru, on ne peut pas résoudre le problème».

Sur la question du vivre-ensemble, pour lui, c’est en réalité «une maladie imaginaire. Je suis né à Madagascar et j’ai vécu au milieu des jeunes de toutes les ethnies. J’ai été à l’université avec les gens de toutes les ethnies, j’ai été en entreprise il n y a jamais eu d’antagonisme au sein de l’entreprise parce que j’étais Eton et tel Bamiléké…», soutient-il.

«…En vérité, il y avait deux problèmes qu’il fallait analyser au Cameroun, au niveau de la gouvernance du pays. Il y a un problème sur l’horizontalité, c’est-à-dire des relations des camerounais par rapport à d’autres camerounais et celui n’avait pas encore atteint une situation de crise. En revanche, il y avait un autre axe, c’est l’axe de la verticalité, c’est-à-dire la relation entre ceux qui détiennent le pouvoir et les citoyens. Et c’est sur la verticalité là qu’il y a un malaise ou alors une perception qui ne satisfait plus tout le monde», soutient-il.

Selon lui, parce qu’on n’a pas voulu ou parce qu’on ne veut pas s’attaquer à ce problème qui se pose sur la verticalité, on n’a plutôt choisi d’en présenter un qui se poserait sur l’horizontalité  et qu’on appelle vivre assemble. «Le vivre ensemble, je le répète, c’est une maladie imaginaire, les Camerounais n’en souffrent pas. En revanche, ce sur quoi nous devons aujourd’hui nous attaquer, c’est sur la gouvernance et nous pensons bien que à l’occasion de  la mise en place de la décentralisation, ce problème-là sera embrassé», a-t-il martelé.

Auteur:
Béatrice KAZE
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