Cameroun - Droits de l’Homme: Les États-Unis accusent les autorités camerounaises dans un nouveau rapport

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Mar-2019 - 13h03   5281                      
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Donald Trump a Davos Getty
Dans son rapport 2018 sur la situation des Droits de l’Homme, le département d’État américain accuse les autorités camerounaises d’avoir recours aux exécutions sommaires, les disparitions forcées et autres traitements inhumains.

Yaoundé va, à coup sûr, marquer sa désapprobation ! Le 13 mars 2019, le département d’Etat américain (ministère des Affaires Etrangères) a  publié son rapport sur la situation des Droits de l’Homme au Cameroun en 2018. Cette étude annuelle, comme la précédente, pointe la responsabilité des autorités camerounaises dans de multiples violations des droits humains.

Exécutions sommaires, tortures, abus, traitements inhumains, détentions illégales, traite des personnes, disparitions forcées; tout y passe. Au sujet de la crise anglophone, les Etats-Unis soutiennent que «de graves violations des droits de l’Homme sont commises par les forces de sécurité et les combattants séparatistes».

Tout en saluant l’organisation des élections sénatoriales le 25 mars 2018, élections jugées libres et transparentes, le département d’Etat américain indique que le scrutin présidentiel du 7 octobre 2018 a été émaillé par des irrégularités importantes.

Ci-dessou un extrait dudit rapport:

 

«Les autorités civiles n’ont parfois pas de contrôle sur les forces de sécurité, notamment la police et la gendarmerie.

La crise sociopolitique qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis fin 2016, en raison de la marginalisation apparente, s'est transformée en un conflit armé entre les forces gouvernementales et des groupes séparatistes. Le conflit a entraîné de graves violations des droits de l'homme et des exactions commises par les forces gouvernementales et les séparatistes anglophones…

…des homicides arbitraires et illégaux perpétrés par les forces de sécurité et des séparatistes armés anglophones; disparitions forcées imputables aux forces de sécurité, à Boko Haram et à des séparatistes; torture par les forces de sécurité et les séparatistes anglophones; les détentions arbitraires prolongées, notamment de séparatistes anglophones présumés, par les forces de sécurité; des conditions de détention difficiles et mettant la vie en danger; atteinte arbitraire ou illégale à la vie privée; violence et harcèlement à l'encontre de journalistes par des agents du gouvernement; restrictions périodiques imposées par le gouvernement sur l'accès à Internet; lois autorisant la diffamation criminelle; atteinte substantielle au droit de réunion pacifique; le refoulement des réfugiés et des demandeurs d'asile par le gouvernement; restrictions à la participation politique; la violence à l'égard des femmes, due en partie à l'inaction du gouvernement; recrutement ou utilisation illégale d'enfants soldats par des séparatistes anglophones, des comités de vigilance appuyés par le gouvernement et Boko Haram; la violence ou les menaces de violence ciblant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) et la criminalisation des relations consensuelles entre personnes du même sexe; le travail des enfants, y compris le travail forcé des enfants; et violations des droits des travailleurs.

Bien que le gouvernement ait pris certaines mesures pour identifier, enquêter, poursuivre en justice ou punir les responsables d'atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité et les agents de l’Etat, il n'a pas souvent publié les résultats de ces procédures, et certains auteurs d'infractions, notamment des auteurs d'infractions en série, ont continué agir en toute impunité».

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
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